L'ÉGLISE PROTESTANTE UNIE DE BOISSY-SAINT-LEGER À BRIE COMTE ROBERT ET ENVIRONS

31 mars 2020

LA COMMUNAUTÉ PROTESTANTE À BRIE-COMTE-ROBERT DÉPEND DE L'EPU DE BOISSY-St-LÉGER

La communauté Protestante de Brie-Comte-Robert fait partie de l'Eglise Protestante Unie de Boissy-St-Léger.

Temple-Boissy-0123

Elle a pour pasteur depuis la fin de l'année 2018, la pasteure Céline SICK-DECOIN qui réside au presbytère de Boissy-Saint-Léger et dont le ministère s'exerce autour de Boissy et couvre aussi Brie-Comte-Robert et les communes voisines. Le téléphone du presbytère est le : 09 50 35 56 71.

L'EPU de Boissy-Saint-Léger a des liens anciens et des activités communes avec l'EPU de Villeneuve-St-Georges et l'EPU de Choisy le Roi. Ces liens contribuent à la solidarité entre paroisses notamment lors d'une vacance pastorale.

Les communes du Plateau Briard sont Brie-Comte-Robert et autour : Lésigny, Servon, Santeny, Combs la Ville, Chevry-Cossigny, Grisy-Suisnes, Evry-Gregy, Férolles-Attilly, Varennes-Jarcy, Mandres-les-Roses, Villecresnes,,...

Les cultes-partage à Brie-Comte-Robert sont bi-mensuels et se tiennent habituellement le MARDI SOIR de 20h30 à 21h45.  Prochains cultes des mardis 10 et 24 mars 2020 ont été reportés pour cause de confinement

Les cultes à Boissy-St-Léger ont lieu au Temple de BOISSY, 4 rue Mercière, le dimanche à 10h30, la Sainte-Cène est célébrée lors des fêtes, ainsi que les 2e et 4e dimanches du mois.

Voir -->  l'agenda

Les cultes à Brie-Comte-Robert sont accueillis par Dalya et Davy à la Résidence Pasteur, 6 allée de la Ferme, tél. 06 20 06 19 32 ou en un autre lieu de Brie-Comte-Robert (téléphoner pour vérifier le lieu du culte)

Les cultes ont été centrés au printemps 2019 d'abord sur le thème: vengeance, justice, pardon. puis sur le  thème de la joie: La joie face à la création, Psaume 104 ; la joie de la venue de Dieu sur terre, Luc 2. Un thème récent: "Le fruit de l'esprit" Galates 5, 22-23.

Actuellement " Je suis" voir Jean 11 v 11-27

Le groupe a suivi antérieurement le Cycle d'Abraham (livre de la Genèse), puis le Sermon sur la Montagne en commençant par les Béatitudes. D'autres thèmes ont été approfondis:  La prière, les Actes des Apôtres, Portaits de plusieurs femmes de la Bible, Les cadeaux du Saint-Esprit...

 "Rendez-vous d’amitié, d’étude de la Bible et de prière, une semaine sur deux, pour grandir ensemble dans notre foi en Christ."

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Pour le prochain culte à Brie-Comte-Robert,  6 allée de la Ferme, s'adresser à Davy et Dalya, tél. 06 20 06 19 32

Cantiques

Voir aussi --> temple de Boissy-Saint-Léger   01 45 69 60 53 . La présidente du Conseil Presbytéral est Mme Béatrice Kraemer.

L'Epuf de Boissy fait partie de l'EPUF région parisienne: cliquer

autre vues

Cultes-a-Boissy_large

L'Église protestante unie de France est la composante principale de la Fédérartion Protestante de France (FPF). Son président actuel, le pasteur François Clavairoly en est issu. Voir --> Pasteur Clavairoly .

Foi et esperance Deux anges, représentant l'un la foi et l'autre l'espérance accueillent à l'entrée du temple de Boissy. Il s'agit d'un haut relief surmontant le message "Dieu est Amour" sculpté par Auguste Bartholdi, le concepteur de La Liberté éclairant le monde à l'entrée du port de New York. Il n'est plus possible de reconnaître les visages des anges, mais Bartholdi avait pris pour modèles, d'une part sa mère et d'autre part Caroline Delessert, veuve Hottinguer qui a financé la construction du temple de Boissy après la guerre de 1870. 

flyer brie 8-12-14

 

Pour inviter des amis ou connaissances, vous pouvez utiliser ce 'flyer' composé spécialement par le pasteur KELLER qui a été à l'initiative de ce culte de maison. Il vous suffit de faire glisser la photo sur le bureau de votre ordinateur, puis de l'imprimer. Il est possible ensuite de rectifier manuellement le "06" du numéro de téléphone partiellement effacé: 06 20 06 19 32

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30 mars 2020

PROTESTANTS À LIMEIL-BRÉVANNES, HIER ET AUJOURD'HUI.

UN BRÉVANNAIS AMI DE COLBERT, LE GRAND MINISTRE DE LOUIS XIV

Jean-Baptiste_Colbert_Nanteuil_Rbt

La ville de Limeil-Brévannes découvre le rôle exceptionnel d’un de ses habitants au début du règne de Louis XIV.  C’était l’un des plus proches partenaires du célèbre ministre COLBERT qui redressa l’économie et les finances du pays après les guerres civiles de la Fronde (1648-1653) et leurs lots de destructions et de misères.

Portrait du ministre Jean-Baptiste COLBERT

Pierre FORMONT et sa famille habitèrent Brévannes et avaient créé une exploitation au bas de Limeil. Une des raisons de sa méconnaissance et de son oubli vient de ce que certains historiens qui n'ont pas vérifié leurs sources ont orthographié son nom FRÉMONT et d'autres FROMONT ou FROMENT en oubliant parfois le "T" final, créant des confusions avec d’autres familles qui portaient ces autres noms. 

Pierre FORMONT a joué un rôle considérable non seulement comme conseiller de Jean-Baptiste COLBERT, mais aussi comme réalisateur de ses projets et de sa politique de reconstruction économique de la France.

À la fois banquier et marchand, plus tard Conseiller secrétaire du roi, Pierre FORMONT fut pendant vingt-cinq ans à la tête des enterprises les plus vastes et les plus importantes. On le voit envoyer des navires en même temps sur les côtes de Guinée et dans la Baltique; il pratiquait le commerce des marbres comme celui du cuivre, du fer de Suède comme celui des chevaux de Barbarie (Maroc). Il fut l’auxiliaire le plus actif, comme le plus utile de COLBERT dans sa charge d’Intendant des bâtiments du roi; ce fut lui qui fournit presque tous les matériaux des constructions somptueuses de Louis XIV et qui même fournit les orangers de l'Orangerie du chateau de Versailles.

Le rôle de Pierre FORMONT comme banquier fut encore plus considérable; ayant des succursales de sa maison de banque à Paris, des correspondants, des associés ou même des parents, dans les plus grands ports et villes de France et des pays d'Europe, il était l’intermédiaire naturel entre le gouvernement français et ses représentants ou ses protégés à l’étranger; c’est lui qui leur versait leurs traitements ou leurs pensions. C’est ainsi qu’il entra en rapport avec le Grand Electeur Frédéric-Guillaume et ce prince le chargea de toucher les subsides que lui avait promis Louis XIV, selon le traité secret de Saint-Germain du 25 octobre 1679.

Pierre FORMONT associa Nicolas FORMONT un de ses frères à ses affaires. Celui-ci fut en relation plus étroite encore avec Frédéric-Guillaume. À la suite d’un voyage qu’il fit à Berlin, en 1681, ce prince le nomma son correspondant à Paris. C'est par erreur qu'il a été prétendu que Nicolas était le fils de Pierre, c'était son frère. 

Diverses recherches dans plusieurs fonds d’archives ont permis d’avoir une connaissance plus complète des proches de Pierre FORMONT. Le nom de son épouse est connu, il s’agit de Judith DUPRÉ (écrit aussi Du PRÉ). De même ceux de leurs deux fils qui vivaient à Paris et à Brévannes:  Pierre et Jean-François dont nous reparlerons. Deux de ses beaux-frères Du PRÉ étaient ses correspondants à l’étranger: Pierre à Amsterdam, François à Hambourg. Un autre de ses frères Louis FORMONT, établi à Rouen,  intervint notamment pour accueillir des navires et leurs cargaisons au port de cette ville. Il s'intéressa aussi à sa succession à Brévannes et à Passy où les Formont avaient des jardins. Malheureusement les archives familiales ont été saisies par la police royale en 1686 et ont disparu, les informations les plus nombreuses figurent dans la correspondance de Colbert.

PIERRE FORMONT ARTISAN DE LA PROSPÉRITÉ DE LIMEIL ET DE BRÉVANNES AVANT LA FIN DU XVIIe siècle.

Grand-Turenne 2

 La famille protestante des FORMONT décide d'acquérir deux propriétés à l'extérieur de Paris, en m^me temps en bord de Seine et à l'orée de la Brie en achetant d'une part les terres de "La Tour de Limeil" et d'autre part le "Fort de Brevannes", avec ses terres et ses bois. Les lieux sont presques contigüs mais encore marqués par les destructions sous la Fronde des Princes lors de la minorité de Louis XIV. Limeil surtout fut ravagé par les armées de Condé et du duc de Lorraine d'une part, de Turenne d'autre part. En juin 1652 Limeil est choisi par Condé et les princes frondeurs pour être un lieu fortifié stratégique à moins de 20km de Paris : six redoutes sont construites à Limeil avec des matériaux provenant de la destruction des murs et des maisons dont les habitants ont été chassés.

Le vicomte de Turenne

Trois mois plus tard, Turenne dirigeant l'armée du jeune roi Louis XIV prendra le contrôle de ces six redoutes et les reliera entre elles par des fortifications supplémentaires. Limeil était anéanti de même que Brévannes, les paroisses autour avaient été pillées par les soldats mercenaires du duc de Lorraine, mais à la différence de Limeil les murs étaient encore debouts. 

Cassini-Limeil-Brevannes   Villeneuve St-Georges et Sucy sont les paroisses les plus peuplées, comme l'indique la concentration de maisons en rouge (carte de Cassini). Limeil est une petite localité; sur la carte apparait le clocher de son église. Brévannes n'est qu'un hameau avec son château proche des bois.  Entre Bonneuil et la Seine la terre de  "La Tour" est mentionnée sur la carte à côté de l'ancienne "Ferme de l'hopital" qui en fait partie. C'est ce  fief appelé aussi "La Tour de Limeil" ou "La Tour-Mesly" que Pierre FORMONT voua à l'horticulture, au maraîchage et aux plantes d'agréments pour ravitailler les parisiens et la région proche.. 

À l'époque où les FORMONT achètent ces terres, Limeil est une petite paroisse dépeuplée par les guerres avec une église modeste mais ancienne dédiée à Saint-Martin. Brévannes est un hameau très humide avec de nombreuses sources mal drainées et un petit fort ruiné par la guerre. Beaucoup des anciens habitants sont morts de la famine et des maladies provoquées par les ravages de la soldatesque.  Les chroniqueurs parlent en 1653 de 374 habitants de Limeil et de Villeneuve qui n'ont ni lit, ni vêtement, ni pain. Pour Limeil il est précisé: 78 malades, 38 orphelins et 63 nécessiteux.  

Pierre FORMONT achète ces deux terres.  Celle de "La Tour de Limeil" pour créer un jardin horticole modèle, bénéficiant des  terres alluviales des bords de Seine, avec des légumes, des fruits, ainsi que des plantations d'agrément. Il investit dans le maraichage et construit des serres parce que le marché de Paris est proche, et parce qu'il connait des maîtres jardiniers qui vont l'aider à créer un jardin exemplaire et à qui il peut mettre en fermage cette exploitation horticole. Cette tour fut la demeure au début du siècle de Claude, puis de Robert de BEAUVAIS et même si son état s'est dégradé, elle permet de loger un maître jardinier et des gardes. FORMONT achète aussi le fort ruiné de Brévannes et les 23 hectares qui l'entourrent. Il a l'intention d'y construire un château et de s'y établir avec sa famille quoiqu'il possède déja une maison pour ses affaires à Paris et qu'il fit aussi l'acquisition plus tard d'une autre maison avec jardins et serres en dehors des murs de la capitale au village de Passy. Les jardins de La Tour de Limeil vont donner de nombreux emplois de jardiniers aux jeunes de Limeil et de Brévannes. On accède aujourd'hui aux bâtiments du côté de Valenton par le chemin de la Ferme et le chemin de la Tour. La construction du château, les activités agricoles et forestières vont attirer de nombreux métiers.

Depuis le massacre de la Saint-Barthelemy, les protestants n'ont plus de temple à Paris et ils savent qu'ils n'y sont pas en sécurité. Au début du règne d'Henri IV, grâce à l'Edit de Nantes, le temple des parisiens d'abord à Ablon avait été transféré en 1606 un peu plus près de Paris à Charenton; on peut comprendre que les FORMONT aient voulu en rester proche. Il leur suffisait de monter dans une barque à Valenton et de suivre le cours de la Seine. Par ailleurs disposer d'un château entourré de douves larges et profondes que l'on ne franchissait que par un pont-levis pouvait donner un sentiment de sécurité pour lui et sa famille: son épouse Judith DUPRÉ - FORMONT lui avait donné deux fils: Pierre FORMONT-jeune et Jean-François FORMONT. Un château permettrait de mettre la famille en sécurité; ils pourraient y recevoir plus facilement des amis, y tenir un culte protestant avec des proches sans être dénoncés et inquiétés. Les protestants étaient habitués aux cultes privés, présidés par le chef de famille quand il n'y avait pas de pasteur.  On y lisait les évangiles, les épîtres et toute la bible traduite en français, ce qui était interdit pour les catholiques; seules les bibles en latin selon la traduction de Saint-Jérome étaient autorisées et ne pouvaient être lues que par les clercs, prêtres ou religieux. Le père d'une famille protestante conduisait aussi la prière et tous, adultes et enfants, chantaient des Psaumes, traduits en français et mis en musique par le poête Clément Marot et par Théodore de Bèze, ami proche de Jean Calvin.

LE CHATEAU FORTIFIÉ DE BRÉVANNES ET L'ARCHITECTE ET DESSINATEUR ANDRÉ LENÔTRE. 

Andre-Le-Noôtre

Jean-Baptiste COLBERT avait pris ses fonctions de ministre de Louis XIV à la mort de MAZARIN en 1661. Il venait d'une famille de banquiers et marchands, tout comme Pierre FORMONT et ils avaient le même âge; ce qui les rapprochait. Le ministre COLBERT avait aussi en charge "les comptes des bâtiments du Roi" ce qui comprenait les jardins royaux; c'est lui qui supervisait celui qu'on appelait "le jardinier du Roi et le roi des jardiniers": André LENÔTRE.

 Portrait de l'architecte-jardinier LENOTRE

COLBERT avait sollicité LENÔTRE pour créer les jardins du château de sa famille à Sceaux. Pierre FORMONT lui demanda aussi de dessiner les jardins du château de Brévannes et il l'habita jusqu'à sa mort en 1684, et sa famille après lui jusqu'à la fin de l'année 1685, année de la Révocation de l'Édit de Nantes qui interdisait le protestantisme dans le Royaume. Louis XIV avait décidé de contraindre par la persuasion ou par la force tous les protestants d'abjurer leur foi et de devenir catholiques. Le seul moyen de conserver sa liberté de conscience était de fuir le royaume de France et de trouver asile dans un pays plus accueillant comme la Hollande, la Suisse, l'Angleterre, l'Allemagne sinon c'était la prison pour les femmes, le sort des galèriens pour les hommes, les pensionnats catholiques pour les enfants arrachés à leurs parents, la mort pour les pasteurs. Certains protestants avaient choisi d'abjurer et de faire semblant de devenir catholique. Souvent dans la même famille se trouvaient les deux cas: le départ pour certains, l'abjuration pour les autres. Ainsi ceux qui avaient abjuré pouvaient envoyer des subsides aux exilés protestants de la même famille. C'est un peu ce qui se produisit comme on va le voir chez les FORMONT. 

Veüe_du_chasteau_de_Brevane_[

Dessin de 1705 représentant le chateau des FORMONT à Brévannes tel que conservé par le propriétaire qui leur a succédé. Il fait construire le château de Brévannes en le ceinturant de douves avec pour moyens d'accès un pont-levis principal et un pont-levis pour les activités agricoles. Aux quatre angles, l'architecte a prévu des échauguettes pour y placer des guetteurs. Les toits rouges couvrent les bâtiments du personnel: jardiniers, palefreniers, vachers, gardes forestier,.. de même que le matériel agricole, l'étable et les écuries. La maison de maîtres au toit d'ardoise dispose d'une vue privilégiée sur le bassin avec jet d'eau qui occupe le centre de la cour du château et de l'autre côté sur le jardin d'agrément dessiné par André LENÔTRE (partiellement visible sur la gauche de l'image). Des murs élevés font une enceinte. Cette architecture est influencée par l'insécurité qui a marqué la Fronde. Vingt à trente années plus tard, le besoin de se fortifier sera bien moindre et un autre style d'architecture prévaudra pour les châteaux .

Nous possédons, grâce au dessinateur Louis Boudan, un petit aperçu de ce jardin conçu par LENÔTRE à la demande de Pierre FORMONT vers 1675. LENÔTRE ne reviendra plus à Brévannes après la mort de Pierre FORMONT, il prit d'ailleurs sa retraite d'architecte jardinier en 1693. Le château fut saisi en janvier 1686 au départ en secret pour un pays étranger de Judith DuPRÉ-FORMONT et de ses deux fils comme le furent les biens ayant appartenu aux protestants qui n'avaient pas abjuré. L'écrivain et historien Ernest ALBY a écrit que le célèbre banquier Samuel BERTRAND fut chargé de prendre le château en Régie en attendant son adjudication. Le banquier BERTRAND était un ex-protestant qui avait abjuré, mais qui voulait préserver les droits de la famille FORMONT dont un représentant catholique vivait à Rouen.

La régie se termina en mai 1695, puis eut lieu la vente par adjudication des biens immobiliers des Formont. Louis FORMONT, frère de Pierre et résidant à Rouen fut adjudicataire de la maison de Passy, mais ne le resta pas longtemps, car elle fut finalement acquise par Antoine Nompart de CAUMONT duc de Lauzun.

Nicolas HEUDEBERT du BUISSON, Conseiller d'Etat, Inspecteur des finances, Maître des requêtes emporta les enchères pour l'acquisition du château de Brévannes et le fief de La Tour de Limeil. Les sommes résultant de ces adjudications entrèrent dans les caisses du Trésor Royal.

Blason-Brevane-1705

Nicolas HEUDEBERT du BUISSON était marié mais sans enfant. Il avait une soeur, Catherine HEUDEBERT qu'il voulait marier et lui offrit pour sa dot le château de Brévannes. C'est la raison du dessin en couleur de Louis Boudan daté de 1705 où le château de Brévannes est surmonté de deux blasons. À droite le blason de la future épouse, celui des HEUDEBERT du BUISSON; " d'azur à 3 fers de lance d'argent ": à gauche le blason du futur époux, resté vide en attendant qu'un prétendant se déclare conquis par les charmes immobiliers de Catherine. Ce fut Jean LE PILEUR, seigneur de GRANBONNE, auditeur de la chambre des comptes. Après leur mariage il prendra le nom de LE PILEUR DE BRÉVANNES. Il achétera aussi le fief de Gagny près de Valenton en 1710, mais en profitera peu car il est mort en 1718.

PIERRE FORMONT, UN PIONNIER DE LA RENAISSANCE DU TRANSPORT ET DE L'ARSENAL MARITIME DU ROYAUME

Dès son arrivée au pouvoir, COLBERT voulu envoyer des navires français dans la Baltique pour aller y chercher des matériaux de construction navale, au lieu d’acheter ceux-ci aux négociants Hollandais et de faire sortir l’argent du royaume en renseignant ainsi nos rivaux sur l’augmentation de notre marine militaire et marchande. Parmi les navires du Roi, aucun ne se trouva immédiatement disponible pour aller chercher des bois à Göteborg, du chanvre à Riga et à Stockholm canons et munitions. En l'année 1661 cinq navires français seulement passèrent le Sund (détroit entre le Danemark et la Suède au nord de Copenhague) pour se rendre dans les ports de la mer Baltique. 

hanse-Sund-2  Les premières mesures de Colbert en faveur du commerce et notamment l’édit du 5 décembre 1664 qui accordait en outre, des primes à la navigation dans le Nord d'une part et d'autre part la guerre anglo-hollandaise semblent avoir eu un effet sur notre navigation dans la baltique. En 1665 notre pavillon est enregistré vingt fois à Elseneur, à la poupe de bâtiments venus de tous les ports de France. Mais dès l’année suivante il ne l’est plus que douze fois et ce chiffre s’abaisse jusqu’en 1669.

Quelques opérations menées par Pierre FORMONT selon les archives de Colbert: 

1667 - Transport de 13 à 14 quintaux de cuivre depuis Agadir (Santa Cruz) jusqu'à Honfleur.
1668 - Chargement de fer et de chanvre expédié d'Amsterdam
1668 - Deux navires en barbarie pour le transport de chevaux
1668 - Équipement du vaisseau "l'Hermione" à La Rochelle
1668 - Départ du navire de Formont "Le dauphin de France" vers la Guinée
1669 - La flute "La Fortune" en état d'entretien pour la Compagnie du Nord.

LA CRÉATION DE LA "COMPAGNIE DU NORD" : 1669

Le ministre COLBERT demande à Pierre FORMONT de créer une compagnie maritime spécialisée pour les ports de la Baltique. Il confia à cette compagnie, la Compagnie du Nord, le soin de fournir des matériaux aux arsenaux du Roi en exportant principalement à l'aller du vin et du sel de Charente dont il fallait developer et réintroduire l’usage dans les pays du nord de l'Europe.

Pierre-Formont-signature-Paris-7mai-1669 2

La direction générale était à Paris, formée de financiers de l’entourage de Colbert; à La Rochelle se trouvait une seconde direction formée d’armateurs. La direction parisienne était composée de Jean Delagny, Nicolas F. d’Auneuil et Francesco Belinzani; Pierre Formont en était le banquier et coordonnateur. Les armateurs qui constituèrent la direction Rochelaise avec Pierre FORMONT furent Louis Pagès, Tersmisten et Raulé (tous trois protestants). 

Fin d'une lettre de Pierre Formont à Colbert, du 7 mai 1669, à propos de la Compagnie du Nord, où l'on peut voir son écriture et la sobriété de sa signature.

 Le port de La Rochelle avait été choisi à cause de sa proximité des salines et des vignobles proches de la Charente. Formont espérait ainsi combattre avec plus de succès le commerce hollandais en évitant les frais de transbordement à l’aller et parfois aussi au retour. Ce qui se serait produit si la compagnie eut été fixée à Calais ou Dunkerque, loin des marais salants et des productions vinicoles. Colbert avait même envisagé de créer une autre compagnie sur Bordeaux, mais le manque de motivation des armateurs bordelais et surtout la guerre de Hollande ruina ce projet. 

Les premiers navires de la Compagnie du Nord se nommaient:  les Armes de la Compagnie du Nord, (400 tonneaux), Le chat (260 tonneaux), et La Chevrette (150 tonneaux), auxquels elle ajoute, après 1683 , le Saint-Louis de 450 tonneaux.

Forte d’une dizaine de navires peu après sa fondation et dotée d’un chantier de construction navale, la Compagnie du Nord dû affréter des navires étrangers et même des hollandais pour executer les commandes du Roi dont le montant s’élevait chaque année à un demi-million de livres et plus.   Grâce aux constantes protestations de Colbert contre l’emploi de transporteurs de frêt néerlandais et grâce aussi à l’installation de correspondants dont la plupart étaient de la famille (ou de la belle famille) de Pierre FORMONT, notamment en Norvège et à Göteborg, Hambourg, Stockholm, Riga, Koenigsberg et Dantzig, la Compagnie du Nord développa considérablement les relations directes de la France avec les pays du Nord en affrétant des navires Hanséates, Scandinaves et Polonais.  La guerre de Hollande, décidée par Louis XIV eut pour conséquence d'arrêter le développement de la Compagnie du Nord en 1671. Cependant les pays du Nord avaient pris l'habitude de s'approvisionner en sel et vins de France.  Pierre FORMONT continua à développer les activités maritimes du royaume sur d'autres destinations en fonctions des attentes de COLBERT.

PIERRE FORMONT BANQUIER DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ET FOURNISSEUR DES BÂTIMENTS ROYAUX

Après la fermeture de la Compagnie du Nord pour cause de guerre, Pierre FORMONT va être encore plus sollicité  par COLBERT et LOUIS XIV pour son savoir faire à acquitter factures, services ou pensions dans les pays étrangers d'une part et d'autre part à trouver à meilleur compte les matériaux ou les biens qu'il va chercher hors de France et dont il va suivre la livraison. Dans ces deux activités il va être le plus performant grâce à son réseau. Les archives des lettres reçues par COLBERT montrent où se trouvent les succursales de sa banque et ses correspondants en France et à l'étranger: Calais, Dieppe, Rouen (Louis Formont), La Rochelle (L. Pagès), Bayonne, Montpellier (Veyssières), Londres, Madrid, Venise, Rome, Amsterdam (Pierre DuPré), Lahaye, Leyde, Charleville, Strasbourg, Berlin (Chr. Frantz), Hambourg (François DuPré), Dantzig (Jean et Daniel Formont), Stettin, Leipzig (Escher et Eckholtz), Vienne,.. Son rayon d'action au-delà de ces villes et ports d'Europe y compris la Suède et la Livonie s'étend aux côtes Atlantiques de l'Afrique et aux Îles d'Amérique.

Ses acquisitions les plus utiles et les plus remarquées par leurs volumes furent dans le domaine des métaux pour la construction navale et celui des marbres pour les palais et châteaux royaux.

Mais il fut sollicité aussi pour différentes sortes d'objets rares, notamment des plantes difficiles à trouver à Paris. C'est alors que se présenta pour lui l'opportunité d'acheter des jardins et une maison sur les hauteurs du village de Passy. Catherine de Fauxpoint, veuve de Nicolas de Monceaux, président au grenier à sel de Paris les lui vendit ainsi qu'à sa femme Judith DuPré en 1673. 

Comme à Brévannes les Formont aimaient les lieux où coulaient les eaux des sources. Ils disposaient d'une maison et de beaux jardins équipés de serres où poussaient toutes sortes d’essences. Le village de Passy à l’époque se trouvait à l’extérieur des enceintes de la ville de Paris et sur la route de Versailles où les relations d’affaires avec COLBERT et d’autres décideurs importants conduisaient fréquemment Pierre FORMONT.

PASSY-FORMONT-3 Les jardins colorés en vert appartiennent au couple Formont à partir de 1673.

PIERRE FORMONT NOMMÉ CONSEILLER SECRÉTAIRE DU ROI ET ANNOBLI

COLBERT ne faisait pas de différence entre ses auxilliaires protestants et catholiques. Pour lui le professionnalisme et le patriotisme primaient sur toutes autres considérations. C'est ainsi que Pierre FORMONT faisait partie de ses partenaires les plus proches, malgré la politique d'élimination du protestantisme de plus en plus sévère exigée par le "bon plaisir" de Louis XIV.

Famille-Formont

 Pour protéger son ami FORMONT, COLBERT l'appuya pour lui permettre d'obtenir une charge de Conseiller secrétaire du Roi. Cette charge permettait d'accéder à la noblesse.

Le blason de la famille FORMONT : "d'or au chef et pal de sable" (D'Hozier, Rouen, 1696)

Louis XIV accepta malgré ses réticences parce que Pierre FORMONT succédait à un autre protestant Jean CARBONNEL qui par conséquent cessait ses fonctions, mais aussi parce que FORMONT était irremplaçable à court et moyen terme. Le 15 juin 1678 la commission des nominations remet au Roi un rapport favorable à cette distinction. Il est formulé comme suit:

Information de vie et moeurs: religion prétendue réformée, fidélité, affection au service du Roy de Pierre FORMONT, poursuivant les provisions et sa réception en l’office de conseiller secrétaire du Roy, maison et couronne de France et de ses finances, dont estait ci-devant pourvu Monsieur Jean CARBONNEL, faite par nous Pierre BOCTOIS et Philippe GUESTRES de PRÉVAL, écuyer, etc... " 

Portrait-de-pasteur-protestant-du-XVIIe

La commission s'était informée auprès de personnalités susceptibles de les renseigner sur les qualités et les moeurs du Sieur FORMONT ainsi que sur sa famille et avait même consulté le pasteur Pierre ALLIX-le-jeune, qui officiait au temple de Charenton et qui se déplaçait occasionnellement à Brévannes, car il y avait d'autres protestants sur le plateau de Brie. En plus de son accès à la noblesse, Pierre FORMONT obtint des lettres de dérogeance lui permettant ainsi qu'à ses deux fils de pratiquer le métier de banquier interdit en principe aux nobles. 
Portrait de pasteur protestant
La situation se dégradait de plus en plus gravement pour les protestants et Pierre FORMONT le sentait par les nouvelles de toutes les persécutions que subissaient ses corréligionnaires. Cela se rapprochait car il y avait eu un début d'incendie au temple en aout 1671 provoqué par un groupe de catholiques très hostiles au protestantisme.
Plusieurs fois déja des groupes de catholiques fanatisés s'étaient organisés pour assaillir les comptoirs de librairie dressés dans ou devant le temple et avaient mis le feu aux livres, vecteurs selon eux de "l'hérésie protestante".

1607-1621-temple-de-charenton-Cerceau

Cette fois là le feu avait atteint le temple où les galeries intérieures et les sièges étaient en bois.
Temple de Charenton tel que l'ont connu Pierre FORMONT et sa famille.
Le temple fut détruit quelques années plus tard, le 23 octobre 1686, à la suite de la Révocation de l'Edit de Nantes; il pouvait contenir plus de 4000 personnes et avait eu le même architecte protestant que le Palais du Luxembourg, Salomon de BROSSE, architecte de la mère de Louis XIV. Trois synodes nationaux s'y étaient réunis. Quand les protestants parisiens n'eurent plus de temple à Charenton, ils continuèrent clandestinement leurs cultes de famille. Certains purent être accueillis dans des lieux de culte attachés aux ambassades étrangères de pays où se pratiquait la religion protestante. Louis XIV ne pouvait l'empecher sauf à créer un incident diplomatique. À la Révocation, le pasteur ALLIX s'éxila en Angleterre. Il reçut une délégation de la cour de France pour lui proposer de revenir à Paris avec "une pension de 4000 livres de rente annuelle et plus si nécessaire sur le Trésor royal" à condition qu'il abjure le protestantisme. Louis XIV pensait convaincre par cet exemple les protestants de Paris d'abjurer. Mais le pasteur ALLIX resta en Angleterre pour accueillir les protestants français de plus en plus nombreux en exil.
Quand avant la destruction du temple de Charenton le pasteur ALLIX passait à Brévannes, à l'occasion du culte célébré au château ou d'autres protestants des environs se joignaient, Pierre FORMONT se préoccupait auprès de lui des besoins des pauvres et des malades de la paroisse. S'il apprenait que des travaux aux dépendances du temple étaient impératives ou qu'apparaissait la nécessité d'entretenir ou de remplacer le bateau qui faisait la navette entre Paris et Charenton et retour, il savait participer financièrement et généreusement.
LE PARTAGE DE 1682 ENTRE LES DEUX FILS FORMONT
Pierre FORMONT Fils et Jean-François FORMONT étaient nobles depuis 1678, puisqu'ils étaient au bénéfice de la noblesse héréditaire acquise par leur père.  Pour avoir chacun un fief il y eut partage, l'aîné devint seigneur de Brévannes et le cadet seigneur de La Tour. Il était aussi seigneur de Vaine. fief dont l'origine est ignorée, peutêtre venait-il de la famille DuPRÉ?
Les deux fils étaient associés par leur père à ses activités professionnelles. Sur certaines lettres à COLBERT, on peut lire FORMONT et Fils, d'autres écrites par un des fils sont signées du père.
Par ailleurs l'aîné était chargé des relations avec le Grand Electeur du Brandebourg et il avait obtenu le titre officiel de Commissaire du Grand Electeur pour la France.
Nous connaissons l'âge de Jean-François, le plus jeune des fils qui avait 33 ans à l'époque du partage, car nous savons par ailleurs qu'il avait 71 ans quand il est décédé à l'étranger en 1720.
LA MORT DE JEAN-BAPTISTE COLBERT ET CELLE DE PIERRE FORMONT
La mort de COLBERT le 6 septembre 1683 allait rendre Pierre FROMONT beaucoup plus exposé, sans protecteur. Il est décédé un peu plus d'un an après COLBERT, en fin d'année 1684 ou en janvier 1685.

orangerie_de_Versailles

La date exacte est inconnue, mais sa femme était veuve en mars 1685 puisque c'est à ce titre qu'elle reçut une somme en payement de 13 orangers et de plants de jasmin provenant de leurs jardins et destinés à l'Orangeraie du château de Versailles..
Le décès de Pierre FORMONT avait mis dans le deuil son épouse Judith DuPRÉ-FORMONT, ses deux fils Pierre et Jean-François, tous les trois protestants. Notre banquier-marchand avait aussi un frère Louis FORMONT et un neveu Louis Nicolas FORMONT tous les deux à Rouen et tous les deux catholiques ainsi que deux autres frères protestants à l'étranger.: Daniel FORMONT représentant de la France à Dantzig et Jean FORMONT banquier dans la même ville. Il y avait aussi son frère Nicolas FORMONT marié à Catherine HERWARTH (fille du banquier protestant de MAZARIN) qui faisait une brillante carrière de Conseiler du Roi, Garde du Trésor Royal. Il se positionna catholique en créant une fondation au 10 et 12 rue St Roch à Paris, un établissement pour l'instruction des jeunes filles pauvres sous l'égide de la Communauté Ste-Anne. Cette création eut lieu le 4 mai 1683, mais curieusement la lettre patente l'autorisant ne fut signée par Louis XIV que le 4 mars 1686. 

Pierre FORMONT mort, sa femme et ses deux fils voulant rester protestants sont obligés de quitter le royaume de France. Le 6 février 1686 la police s'aperçoit que sa femme et ses fils sont introuvables et qu'il se dit qu'ils ont quitté le royaume. On ouvrit une procédure contre eux.

Pour pouvoir récupérer une partie de la valeur de leurs biens, avant de partir, Judith et ses fils avaient organisé une fausse saisie de leurs mobiliers par des créanciers simulés. Pour le vérifier, la police voulut contraindre les créanciers à présenter leurs créances, cela prit du temps car ceux-ci étaient établis au pied des Pyrénées. Finalement les trois biens immobiliers : Brévannes, Paris et Passy furent mis en régie. Le banquier Samuel BERTRAND, nouveau converti fut chargé de cette régie, c'est à dire qu'il les mit en locationen recueillit les loyers et les fit fructifier dans sa banque.

La maison de banque des FORMONT à Paris était située dans l'Île de la Cité. Elle avait une entrée au 15 Place Dauphine et une autre sur la Seine, Quai des Orfèvres au 54. Cette maison existe toujours aujourd'hui. Des malles furent trouvées par la police dans la cave derrière un mur fraichement construit. Elles furent saisies et mises sous scellés, puis une malle concernant des "affaires de l’Etat" fut extraite du lot et déposée au greffe en interdisant qu’il en soit fait un inventaire pour des raisons de secret d'État. Même les autres malles contenant des documents de famille furent remises au marquis de Seignelay et leur trace en fut perdue.

Dans un manuscrit de la Bibliothèque de France on trouve cette phrase:
" Quelques uns de la Religion, de Paris, ont abandonné tous leurs biens et entr’autres la veuve FORMONT et ses deux fils qui ont abandonné leurs maisons avec tous leurs meubles et pour plus de 200 000 livres d’effets. »
Un historien s'en servit d'exemple pour illustrer la psychologie de Louis XIV : "La postérité d’un homme qui avait rendu tant de services à son pays, ne put trouver grâce devant l’intolérance religieuse du Roi, dont son chef avait été le serviteur fidèle. Elle dut chercher un asile et porter son activité à l’étranger."
JUDITH DuPRÉ-FORMONT ET SES DEUX FILS PASSENT À L'ÉTRANGER
Pierre, Jean-François FORMONT et Judith DuPRÉ s'étaient préparés à ce départ hors du Royaume, ce que les protestants appelaient "Le Refuge".  Aux environs de la fin de novembre 1685. anticipant leur évasion, ils prétendaient avoir obtenu la permission de vendre leurs meubles. Le 28 novembre le marquis de Seignelay informait le procureur du Roi qu'il n'en était rien et ajoutait "Vous n'avez qu'à continuer les poursuites contre eux, suivant la rigueur des ordonnances;" Le 4 décembre  on écrivait de Paris à "La Gazette de Harlem" aux Pays-Bas que madame Formont, veuve du célèbre banquier, venait de s'enfuir et que sa maison avait été aussitôt occupée militairement. Pierre et Jean-François avaient aussi disparu; car non seulement ils n'allèrent point le 14 décembre chez le marquis de Seignelay où ils avaient été convoqués avec les principaux négociants de Paris. Mais leurs noms sont rayés sur cette liste d'où il résulte que leur fuite était connue au moins depuis le 14 décembre.
Le pasteur Orentin Douen rapporte l'épisode du passage de la frontière:
L'un des deux frères, déguisé en Officier des gardes, se présenta aux gardiens de la frontière et leur demanda s'ils ne venaient pas de laisser passer des voyageurs.
- Oui, lui répondit-on, mais munis de bons passeports!
- Ils sont faux s'écria-t-il et il faut que je ratrappe ces huguenots".
Il partit au galop et sa troupe le suivit, avant que les gardes frontières ne songent à s'y opposer.
A Paris, le ministre LOUVOIS ordonnait à Louis d'ARTAGNAN, (le fils du Mousquetaire) le 3 janvier 1686 de ne point envoyer de gens de guerre dans les terrres de Brévannes et de La Tour appartenant aux fils Formont, car elles étaient "saisies pour le Roi". Il ne fallait pas non plus troubler le maître jardinier qui avait les jardins maraîchers de La Tour en fermage. Louvois connaissait les méthodes de d'Artagnan vis-à-vis des biens des protestants: elles consistaient à envoyer des soldats pour casser et démolir jusqu'à ce qu'ils demandent à abjurer. Le roi ne souhaitait pas que les jardins soient saccagés. Après l'échappée des FORMONT pour l'étranger on note qu'en juillet suivant, il était prélevé 20 orangers supplémentaires, de belle taille, destinés à aller rejoindre les 13 premiers à l’orangerie du Château de Versailles.
Nous avons vu que la perquisition de la police à Paris eut lieu le 6 février, mais c'est seulement le 5 mars que le marquis de Seignelay écrivait au procureur du Roi à propos de la mise en régie des biens des fils: "Si sa Majesté veut que vous laissiez adjuger les biens des sieurs FORMONT à leurs parents qui se présentent, sans aucune préférence, pourvu qu'ils en donnent ce que ces biens peuvent valoir."  Il était possible en effet qu'un des frères de Pierre FORMONT, en particulier Louis ou Nicolas qui étaient catholiques soient candidats à la succession de leurs neveux.
Les deux fils ont été repérés par la suite, comme ayant été accueillis en Brandebourg dans la ville de Gramzow Ukemark. En revanche plus aucune trace de Judith leur mère. 
Le fils aîné, prénommé Pierre comme son père, avait été nommé en 1683, Commissaire de l'Électeur de Brandebourg. Ce qui fit dire au père:"En cas de retraite et de sortie du Royaume..." Ils avaient prévu leur départ et leur itinéraire.
Le second se prénommait Jean-François (parfois seulement Jean) sieur de Vaines, nom de fief qu'il avait changé en 1682, par seigneur de La Tour, voulant affirmer ainsi ses racines Brévannaises.
LE DERNIER BRÉVANNAIS DE LA FAMILLE FORMONT
Plus que pour beaucoup d'autres la parole biblique de l'épitre aux Hébreux 13,14 "Nous n'avons point ici-bas de cité permanente" s'applique tout particulièrement au dernier des FORMONT de Limeil.
HOTEL-FORMONTJean FORMONT de LaTour se retira à Zurich où il s'établit en 1690 et où il épouse Marguerite Baudoin (écrit parfois Baudouin) réfugiée de Paris. À Zurich, elle habitait avec sa mère sur les bords de la rivière qui traverse la ville: la Limmat. Ils faisaient partie de la paroisse protestante française de Zurich. Jean-François y fut élu Ancien (conseiller presbytéral) dès 1715.
La mort de Louis XIV en 1715 leur avait fait espérer la possibilité d'un retour en France. Ils s'en rapprochèrent en quittant Zurich pour Bâle en 1718. Survint la mort de Claude RICHARD - BAUDOIN, la mère de Marguerite, à 86 ans le 5 juin 1719. C'est alors qu'il décidèrent d'acheter la maison d'un Membre du Grand conseil P.-H. Furstenberger, merveilleusement bien placée au bord du Rhin, au 27 du Faubourg Saint-Jean et de la transformer. Elle était alors le plus bel hôtel particulier de Bâle et elle porte toujours le nom d'Hôtel FORMONT (Formonterhof).
Noble Jean-François FORMONT DE LA TOUR mourut subitement dans l’année où il fit l’achat de sa maison de Bâle le 19 aout 1720 à environ 71 ans. Cela fait exactement 3 siècles.
Il avait fait un legs pour les pauvres de la paroisse protestante française de 600 livres.
Sa femme lui survécut neuf ans et légua 1000 livres aux pauvres et 100 florins à chacun des deux pasteurs:  Pierre ROQUES et Jean-Rodolphe OSTERVALD. Elle est décédée le 20 juillet 1729.
Elle instituait pour héritier Jean-Frédéric MAGNET à condition qu'il rajoute à son nom celui de FORMONT.   Il était le fils du pasteur Magnet, pasteur à Orange, mais parti du royaume à cause de la Révocation de l'Édit de Nantes.
APRÈS LES FORMONT, UN SIÈCLE DE PROTESTANTISME CLANDESTIN
Les documents manquent sur une présence clandestine de protestants à Limeil-Brévannes après les FORMONT. On sait qu'en Brie certains abjurèrent pour la forme, mais ils devaient être prudents car ils étaient surveillés. Certains ont été pris, jugés et leur famille disloquée. 
Il y eut une longue période sous Louis XV et sous une grande partie du règne de Louis XVI où quelques pasteurs visitaient les familles protestantes, célébraient des cultes, des baptêmes et des mariages en se cachant et au péril de leur vie. C'est la période qualifiée des "Églises au Désert" desservie par les "pasteurs sous la croix"
Au cours du règne de Louis XVI les persécutions devinrent de moins en moins sévères. Mais ce n'est que le 29 novembre 1787 qu'un édit du roi Louis XVI accorde aux protestants un état civil. Il leur assure le droit d’exister dans le royaume sans y être troublés sous le prétexte de religion. Ils sont reconnus comme "indigènes", mais pas encore avec les mêmes droits que les catholiques.
Auteur: M. de MONDENARD.  mars-avril 2020
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PROCHAINEMENT UNE DEUXIÈME PARTIE SUR LE PROTESTANTISME À LIMEIL BRÉVANNES
Une deuxieme partie est en préparation. Elle concernera la création de la ligne de chemin de fer qui reliera Limeil-Brévannes à la Gare de la Bastille par un protestant, ce qui créra des emplois et favorisera la construction de pavillons d'habitation sur Brévannes. Elle parlera aussi des ennuis financiers du prince Achille MURAT, contrait de céder les terres et le chateau de Brévannes à un autre banquier protestant, qui revendra le chateau pour qu'il soit transformé en hôpital.
La création d'une paroisse protestante formée de trois communes: Limeil-Brévannes, Boissy-St-Léger, Sucy en Brie avec un temple à Boissy où participent des cheminots et du personnel de l'hôpital.
L'extension de la paroisse à d'autres communes de la Brie.
L'oecuménisme et l'interreligieux
LE TEMPLE DES PROTESTANTS DE LIMEIL-BRÉVANNES EST À BOISSY-SAINT-LÉGER,  
Adresse : Eglise Protestante Unie, 4 rue MERCIÈRE 94470 BOISSY-St-LÉGER
Pasteure: Céline SICK Tel.: 06 66 11 61 64 - en congé le mercredi - celine.d.sick@gmail.com
Conseil Prebytéral, présidente Béatrice Kraemer - beatrice.m.kraemer@gmail.com 
Site internet
 paroissial : protestants-boissy.org
Courriel : infos-temple@protestants-boissy.org

Contact : 01.45.69.60.53 (répondeur) ou 06 81 63 84 46

21 mars 2020

QUAND JESUS DIT: "JE SUIS ..."

Quand Jésus dit "Je suis", comment comprend-on ce que cela signifie ?

Pour un lecteur de Descartes, serait-ce un sens approchant de "Je pense, donc je suis" ? ou plus récemment Télérama n°3661 a résumé le livre de la philosophe Claire MARIN, auteure de Rupture(s) par la phrase "Je romps, donc je suis" (Ed de l'Observatoire, 2019)

Il ne semble pas que ce soit cela...

Listons les passages où Jésus s'exprime ainsi:

- Je suis le pain de vie ( Jean 6,35)

- Je suis la lumière du monde (Jean 8,12 et 9,5)

- Je suis la porte de la bergerie (Jean 10,7-9)

- Je suis le bon pasteur (Jean 10,11))

- Je suis la résurrection et la vie.(Jean 11,25)

- Je suis le chemin, la vérité, la vie (Jean 14,6)

- Je suis la vraie vigne (Jean 15,1-5)

Ces expressions rejoignent le langage imagé des autres évangiles, notamment l'enseignement en paraboles qui met souvent en lumière l'opposition qui sépare le judaïsme du christianisme. Par cette expression "Je suis", soulignée par l'évangéliste Jean, nous percevons mieux combien ces paroles de Jésus étaient difficilement acceptables pour un auditoire de culture juive..  Ce que les juifs ont l'habitude de comprendre à partir de la Bible hébraïque est dépassé par Jésus. 

JE SUIS ( egô eimi en grec) fait penser à un passage très connu du judaïsme où Dieu répond à Moïse qui lui demande son nom : "JE SUIS CELUI QUI EST" , on traduit aussi : "JE SUIS QUI JE SERAI" (Exode 3,14; Osée 1,9,...) En disant "JE SUIS" Jésus affirme être ce que YAHVEH - DIEU avait révélé de lui-même au peuple juif.

Dans l'ensemble de ces expressions "JE SUIS" Jésus se confronte avec les valeurs de vie de la Bible juive. La manne n'est pas le pain céleste, Jésus lui seul est le véritable pain céleste. Jésus est le véritable pasteur, la vraie lumière, la seule porte, etc... Ces affirmations "JE SUIS" présentent Jésus comme la valeur de vie définitive et donc comme la seule encore valable, valeur à côté de laquelle celle du judaïsme s'effondre. La formule a la même valeur que la formule de l'Ancien testament selon laquelle "YAHVEH, et LUI seul, EST " - le Dieu qui par sa présence protectrice soutient Israël.

L'évangile de Jean va plus loin que les trois autres évangiles, son attention ne s'arrête pas à la valorisation de la vie chrétienne, mais à l'unique valeur de vie, la personne de JÉSUS

Ainsi Jésus ne dis pas "Je suis Dieu", mais en disant "Je Suis", il le laisse entendre à ceux qui l'écoutent. Descartes, et Claire Marin parlent de l'homme pensant ou de l'humain qui fait face à des ruptures. 

24 février 2020

JEAN 8, 12-20 - JE SUIS LA LUMIÈRE DU MONDE

Jésus leur adressa la parole et dit:  "JE SUIS LA LUMIÈRE DU MONDE, QUI ME SUIT NE MARCHERA PAS DANS LES TENEBRES, MAIS AURA LA LUMIÈRE DE LA VIE"  Les pharisiens lui dirent: "Tu te rens témoignage à toi-même, ton témoignage ne vaut pas;" Jésus leur répondit: "OUI, JE ME RENDS TÉMOIGNAGE À MOI-MÊME ET TOUTEFOIS MON TÉMOIGNAGE VAUT, PARCE QUE JE SAIS D'OÙ JE SUIS VENU ET OÙ JE VAIS, MAIS VOUS, VOUS NE SAVEZ NI D'OÙ JE VIENS NI OÙ JE VAIS.

VOUS VOUS JUGEZ SELON LA CHAIR; MOI, JE NE JUGE PERSONNE; OU, S'IL M'ARRIVE DE JUGER, MOI, MON JUGEMENT EST VALABLE, PARCE QUE JE NE SUIS PAS SEUL, IL Y A MOI ET CELUI QUI M'A ENVOYÉ. OR, IL EST ÉCRIT DANS VOTRE LOI QUE DE DEUX PERSONNES LE TÉMOIGNAGE VAUT. JE ME RENDS TÉMOIGNAGE À MOI-MÊME, MAIS POUR MOI TÉMOIGNE AUSSI LE PÈRE QUI M'A ENVOYÉ." Ils lui dirent alors: "Où est ton Père ? " Jésus répondit: "VOUS NE CONNAISSEZ NI MOI NI MON PÈRE; SI VOUS ME CONNAISSIEZ, VOUS CONNAÎTRIEZ AUSSI MON PÈRE;" Il prononça ces paroles au Trésor, alors qu'il enseignait dans le Temple. personne ne l'arrêta, parce que son heure n'était pas encore venue. 

CES PAROLES DE JÉSUS INTERVIENNENT AU TEMPLE DE JÉRUSALEM LORS DE LA FÊTE DES TENTES

Lors de la fête des Tentes ou des cabanes, Jésus par sa parole dévoile sa personne, ce qui produit la discussion, notamment avec les pharisiens. Cette parole de Jésus fait allusion à la liturgie de cette fête. Une débauche de lumières accompagnait cette fête. Le premier soir, de grands lustres en or étaient allumés dans l'avant-cour du temple réservée aux femmes. Si l'on en croit un écrit juif, il n'y avait pas dans Jérusalem une seule cour intérieure qui ne fut illuminée par les luminaires de l'esplanade du temple. Et de plus des danses aux flambeaux, de la musique: bref, tout un spectacle d'exhubérance orientale accompagnait la fête.

Cette féerie lumineuse rappelait l'époque où Israel marchait dans le désert à la suite de la nuée lumineuse ou de la colonne de feu qui marquaient la présence de Yahweh (Ex 13, 21-22; Ps 78,14 et 105,39). Depuis lors Yahweh est sans discontinuer la lumière et le salut d'Israel, qu'il met à l'abri sous sa tente (Ps 27, 1-5). Et l'on s'attendait à ce que Yahweh , pour rétablir la puissance d'Israel aux temps messianiques, l'entoure à nouveau de l'éclat de sa puissance par la manifestation lumineuse de sa majesté.

Le prophète a dépeint le cortège grandiose des peuples païens qui affluent vers la ville de lumière qu'est Jérusalem (Malachie 4,2). Automatiquement la pensée se reporte à la fête des Tentes dans la Jérusalem céleste.  Là, toutes les tribus d'Israel sont réunies aux peuples païens pour former le nouveau peuple de Dieu (Apocalypse 7) et Dieu brillera sur eux en cette lampe qu'est l'Agneau (Apocalypse 21,23). Le prophète de l'exil préssent que le Serviteur souffrant sera la lumière des nations ( Esaïe 42,6 et 49,6); ce qui annonce Jésus, Lumière du Monde ( Luc 2,32) . Et voilà que face à ette foi en Yahweh source de vie, lumière en qui Israel peut contempler la lumière (Psaume 36,9), voilà qu'en réponse à cette attente de la lumière du salut des temps messianiques, symbolisées toutes deux par la cérémonie de la lumière de la fête des tentes, Jésus affirme qu'il est lui-même la lumière du salut et que cette lumière est destinée au monde entier. Cette affirmation garde un tour prophétique. L'affirmation "JE SUIS" (Jean 6,35) exprime le caractère définitif et exclusif de cette lumière qu'est Jésus et la présence du terme "monde" évoque le jugement de Dieu sur Israel. La Lumlière Jésus est destinée à Israel (Jean1, 4-5; Jean 3,19) mais elle s'écarte d'Israel devant le manque de foi du peuple élu (Jean 12, 46-48). La lumière est lumière de vie !Jean 1, 4-5) et celui qui est arraché par cette lumière à l'obscurité et à la proximité de la mort (1 Jean 2, 9-11) traverse la vie sain et sauf (Jean 11, 9-10; et Jean 12, 35). Repoussé par les Juifs, c'est aux peuples paiens que Jésus apparaîtra dans sa gloire (Jean 12,23) L'aveugle qui recouvre la vue sera le symbole du nouveau peuple de Dieu (Jean 9,5).

 

18 janvier 2020

SEMAINE DE PRIÈRE OECUMÉNIQUE POUR L'UNITÉ DES CHRÉTIENS 2020

LE THEME DE LA SEMAINE ÉMANE DU CHOIX DES ÉGLISES CHRÉTIENNES DE L'ÎLE DE MALTE. 

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L'évangéliste Luc rapporte dans le livre des Actes des Apôtres le naufrage du bateau au large de Malte qui transportait l'apôtre Paul afin qu'il puisse être jugé à Rome. C'est ce texte qu'ont choisi les églises de Malte de différentes confessions chrétiennes en référence aussi aux nombreux naufragés de notre époque qui quittent le Proche orient ou l'Afrique pour rejoindre l'Europe de l'Ouest.

L'affiche représente la main de l'homme rejoignant la main de Dieu peinte par Michel Ange au plafond de la chapelle sixtine. Elle reprend le verset principal: "Ils nous ont témoigné une humanité peu ordinaire"  

Actes Chapitre 271 Lorsqu’il a été décidé que nous embarquerions pour l’Italie, on a remis Paul et quelques autres prisonniers à un centurion nommé Julius, de la cohorte Auguste.
2 Montés sur un bateau d’Adramytte en partance pour les côtes de l’Asie, nous avons gagné le large ; avec nous se trouvait Aristarque, un Macédonien de Thessalonique.
3 Le jour suivant, nous avons abordé à Sidon ; Julius, qui traitait Paul avec humanité, lui a permis d’aller chez ses amis pour bénéficier de leurs soins.
4 Partis de là, nous avons longé la côte de Chypre, parce que les vents étaient contraires.
5 Après avoir traversé la mer qui baigne la Cilicie et la Pamphylie, nous avons débarqué à Myra, en Lycie.
6 Là, le centurion a trouvé un bateau d’Alexandrie à destination de l’Italie, et il nous y a fait monter.
7 Pendant bien des jours, nous avons navigué lentement. Nous avons atteint à grand–peine les parages de Cnide, et comme le vent ne nous permettait pas d’aborder, nous avons longé la Crète, en doublant Salmoné.
8 En la bordant à grand–peine, nous sommes arrivés à un lieu appelé Beaux–Ports, près de la ville de Lasée.
9 Comme beaucoup de temps s’était écoulé et que la navigation devenait dangereuse — le jeûne était déjà passé — Paul les avertissait :
10 Mes amis, je vois que la navigation ne se fera pas sans péril et sans beaucoup de dommage, non seulement pour la cargaison et pour le bateau, mais encore pour nous–mêmes.
11 Mais le centurion se fiait au timonier et au capitaine du navire plutôt qu’aux paroles de Paul.
12 Comme le port se prêtait mal à l’hivernage, la majorité décida de remettre la voile pour tâcher d’atteindre Phénix, un port de Crète tourné vers le sud–ouest et le nord–ouest, afin d’y passer l’hiver.
13 Un léger vent du sud s’était levé ; pensant être en mesure d’exécuter leur projet, ils ont levé l’ancre et se sont mis à longer de près la Crète.
14 Mais peu après, venant de l’île, un vent de tempête appelé euraquilon s’est déchaîné.
15 Le bateau a été entraîné, sans pouvoir tenir contre le vent, et nous nous sommes laissé porter à la dérive.
16 Tandis que nous passions au–dessous d’une petite île appelée Cauda, nous avons réussi, à grand–peine, à nous rendre maîtres de la chaloupe ;
17 après l’avoir hissée, ils se sont servis des moyens de secours pour ceinturer le bateau et, de crainte d’échouer sur la Syrte, ils ont descendu l’ancre flottante, continuant à la dérive.
18 Comme nous étions fortement secoués par la tempête, ils se sont débarrassés le lendemain d’une partie de la cargaison.
19 Le troisième jour, ils ont jeté de leurs propres mains les agrès du bateau.
20 Ni le soleil, ni les étoiles n’avaient paru pendant plusieurs jours, et la tempête restait si forte que nous avions finalement perdu toute espérance d’être sauvés.
21 Ils n’avaient pas mangé depuis longtemps. Alors Paul, debout au milieu d’eux, leur a dit : Mes amis, vous auriez dû m’écouter et ne pas repartir de Crète ; vous auriez évité ce péril et ce dommage.
22 Mais maintenant, je vous exhorte à prendre courage ; car aucun de vous ne périra, mais seulement le bateau.
23 En effet, un ange du Dieu auquel j’appartiens et à qui je rends un culte s’est présenté à moi cette nuit
24 et m’a dit : N’aie pas peur, Paul ; il faut que tu comparaisses devant César, et Dieu t’accorde la grâce de tous ceux qui naviguent avec toi.
25 Prenez donc courage, mes amis, car j’ai cette foi en Dieu qu’il en sera comme il m’a été dit.
26 Nous devons échouer sur une certaine île.
27 C’était la quatorzième nuit que nous étions ainsi ballottés sur l’Adriatique, quand les matelots, vers le milieu de la nuit, ont soupçonné l’approche d’une terre.
28 Ils ont jeté la sonde et trouvé vingt brasses ; après avoir couvert une courte distance, ils l’ont jetée à nouveau et trouvé quinze brasses.
29 Craignant d’échouer sur des récifs, ils ont jeté quatre ancres de la poupe, en souhaitant que le jour se lève.
30 Mais, comme les matelots cherchaient à s’enfuir du bateau et faisaient descendre la chaloupe à la mer sous prétexte d’aller, depuis la proue, fixer plus loin des ancres,
31 Paul a dit au centurion et aux soldats : Si ces hommes ne demeurent pas dans le bateau, vous ne pouvez pas être sauvés !
32 Alors les soldats ont coupé les cordes de la chaloupe et l’ont laissée tomber.
33 En attendant que le jour se lève, Paul a invité tout le monde à prendre de la nourriture, en disant : C’est aujourd’hui le quatorzième jour que vous êtes dans l’attente et que vous restez à jeun, sans rien prendre.
34 Je vous invite donc à prendre de la nourriture, car il y va de votre salut : aucun d’entre vous ne perdra un seul cheveu de sa tête !
35 Après avoir dit cela, il a pris du pain, il a rendu grâce à Dieu devant tous, puis il l’a rompu et s’est mis à manger.
36 Alors, reprenant courage, tous ont pris de la nourriture.
37 Nous étions, dans le bateau, deux cent soixante–seize personnes en tout.
38 Quand tous ont eu assez mangé, ils ont allégé le bateau en jetant le blé à la mer.
39 Lorsque le jour s’est levé, ils n’ont pas reconnu la terre, mais ils ont aperçu un golfe et ils ont décidé de pousser le bateau, si possible, jusqu’au rivage.
40 Ils ont détaché les ancres pour les laisser aller à la mer et ils ont relâché en même temps les attaches des gouvernails ; puis ils ont mis au vent la voile d’artimon et se sont dirigés vers le rivage.
41 Mais ils sont tombés sur un banc de sable entre deux courants, et ils y ont échoué le navire. La proue, bien engagée, demeurait immobile, tandis que la poupe se disloquait sous la violence des vagues.
42 Les soldats avaient décidé de tuer les prisonniers, de peur que l’un d’eux ne s’échappe à la nage.
43 Mais le centurion, qui était décidé à sauver Paul, les a empêchés de mettre leur décision à exécution. Il a donné l’ordre à ceux qui savaient nager de se jeter les premiers à l’eau pour gagner la terre.
44 Les autres les rejoindraient sur des planches ou sur des débris du bateau. Ainsi tous sont parvenus à terre sains et saufs.  

Naissance-d-Adam

Plafond de la chapelle sixtine (naissance d'Adam)

Actes Chapitre 28-1 Une fois arrivés sains et saufs, nous avons appris que l’île s’appelait Malte.
2 Les barbares nous ont témoigné une humanité extraordinaire ; ils nous ont tous accueillis près d’un grand feu, qu’ils avaient allumé à cause de la pluie qui s’était mise à tomber et du froid.
3 Paul avait ramassé une brassée de bois mort pour la mettre dans le feu, mais, par l’effet de la chaleur, une vipère en est sortie et s’est attachée à sa main.
4 Quand les barbares ont vu la bête suspendue à sa main, ils se sont dit les uns aux autres : Cet homme est sûrement un meurtrier, puisque, à peine sauvé de la mer, la Justice ne lui permet pas de vivre.
5 Mais il a secoué la bête dans le feu et n’en a éprouvé aucun mal.
6 Les gens s’attendaient à le voir enfler ou tomber mort tout à coup ; mais, après avoir attendu longtemps, voyant qu’il ne lui arrivait rien de mal, ils ont changé d’avis et se sont mis à dire que c’était un dieu.
7 Il y avait, dans les environs, une propriété appartenant au premier personnage de l’île, un nommé Publius, qui nous a accueillis et logés amicalement pendant trois jours.
8 Le père de Publius était alité, en proie à la fièvre et à la dysenterie ; Paul est entré chez lui, il a prié, il lui a imposé les mains et il l’a guéri.
9 Là–dessus, les autres malades de l’île sont venus aussi, et ils ont été guéris.
10 On nous a rendu de grands honneurs et, à notre départ, on nous a fourni ce dont nous avions besoin.

PEUTÊTRE FAUT-IL DÉGAGER LES POINTS QUI NOUS PARLENT LE PLUS AUJOURD'HUI

1- Reconciliation: jeter le fret par dessus bord. - (Actes 27, 18-19) Chrétiens de différentes Églises et traditions, nous avons accumulé au fil des siècles une lourde cargaison de défiance mutuelle. Que la cargaison de notre passé ne nous empêche pas de nous rapprocher les uns des autres

2- La Force: Rompre le pain pour le voyage (Actes 27, 35-36) Après ce repas de pain les passagers du bateau, cessent de désespérer et reprennent courage. De même, l'Eucharistie ou la Sainte cène, nous nourrit et nous fortifie en vue du chemin qui nous attend, en nous recentrant sur la vie en Dieu. Nous aspirons au jour où tous les chrétiens partageront le repas du Seigneur à la même table.

3 - Hospitalité; Témoigner une humanité peu ordinaire. (Acyes 28, 2-7) Les soins attentionnés des habitants de l'île mettent en lumière notre humanité commune. Accueillir les étrangers, c'est àla fois aimer le Christ et aimer comme Dieu aime. Nos réseaux de chrétiens solidaires.

4 - Générosité: Recevoir et donner. (Actes 28, 9-10) Ce récit est une suite de cadeaux reçus et donnés. Nous, chrétiens, sommes appelés à témoigner une humanité peu ordinaire. Mais pour pouvoir donner, nous devons apprendre d'abord à recevoir - à recevoir de Christ et à recevoir des autres. Échanger des cadeaux.

Appel à faire confiance en Dieu dans toutes nos tempêtes: jetter du fret, rompre le pain, hospitalité, générosité. 

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15 janvier 2020

BRIE-COMTE-ROBERT, VILLE MARTYRE, EN FÉVRIER 1649

LE SIÉGE DE BRIE-COMTE-ROBERT ET L'ANÉANTISSEMENT DE LA VILLE (il y a 371 ans) 

chateau-ruines-brie-comte-robert-1897

Lors des révoltes de la Fronde contre la politique du Cardinal Mazarin, soutenue par plusieurs princes, les troupes au service du Cardinal et de la Reine, veuve de Louis XIII, principalement composée de mercenaires étrangers au service du Duc Charles de Lorraine entreprirent de faire le siège de la Ville de Brie-Comte-Robert en février 1649. La ville était défendue par des soldats parisiens, car tout Paris était du côté des frondeurs et contre Mazarin. À l'aide du canon une brêche fut faite dans les murs de la ville et pour éviter l'assaut et de sanglants affrontements, Louis de Bourgogne, le commandant militaire de la ville accepta d'ouvrir les portes aux troupes Mazarinistes après avoir conclu un accord pour permettre aux 800 soldats parisiens de sortir de la ville sans être inquiétés et d'éviter les pillages par les mercenaires lorrains. Ceux-ci étaient mal payés et avaient pris l'habitude de piller les briards pour se nourrir sur leurs réserves et leur extorquer leurs économies et objets de valeur. Louis de Bourgogne obtint cet accord du Comte de Grancey commandant les troupes Mazarinistes, évaluées à 3500 soldats. Mais celui-ci faillit à sa parole. Les soldats parisiens furent dépouillés et battus avant de pouvoir partir, les personnes et les biens de la ville de Brie furent livrés aux soldats lorrains, notamment les femmes et les jeunes filles qui en subirent les viols pendant plusieurs jours. La soldatesque laissa les maisons dévastées et vides de biens meubles et bijoux, d'animaux de ferme et de récoltes entreposées dans les caves et les greniers. 
Une lettre d'un religieux de l'ordre des Camaldules près de Grosbois nous décrit le désastre.
Arrivée des troupes et des canons le 25 fevrier, Depuis le faubourg de l'Épinette percement du mur au canon le 26, ouverture d'une brêche dans le rempart le 27.  La pénétration dans l'enceinte de 400 ennemis cause la reddition de la place.
Cette lettre permet de s'interroger: Est ce qu'il y avait plusieurs églises à Brie-Comte-Robert en 1649, une église catholique et une église protestante ? Quels étaient les pasteurs mentionnés dans la lettre ? 

Lettre du Père MICHEL, religieux hermite de l'ordre de Camaldoli, près Grosbois, à Monseigneur le duc d'Angoulesme, sur les cruautés des mazarinistes en BRIE. (extraits)

"..Tous mes confrères m'ont chargé de vous écrire, puisque votre absence de Grosbois nous empêche d'aller tous en corps pour implorer la charité de Votre Altesse envers un peuple qui ne reconnaît de puissance et de grandeur que le vostre après celle du Roy.
.. Les désordres de la guerre civile que vous avez vus en France, et où vous avez acquis tant de gloire, n'ont été en rien comparables aux malheurs que vous avons vus et que nous voyons tous les jours.
.. Si l'incommodité qu'amène avec soi une vieillesse chenue ne vous excusait des fatigues et des soins assidus de la guerre, je ne vous conseillerais pas seulement, mais je vous commanderais de la part de Dieu de prendre les armes et d'exposer votre vie pour un Royaume et pour une Couronne dont vous tirez votre auguste extraction... Il faut que vous alliez trouver la Reine et que vous paraissiez devant sa Majesté, avec celle qui décore naturellement votre caducité; il faut que vous lui parliez avec l'autorité qu'une inspiration divine donne à de sages vieillards. Représentez à cette princesse abusée qu'elle est obligée d'apporter un prompt remède aux sanglants d'une prompte fureur que l'on ne peut excuser...
.. Votre Altesse doit dire à Sa Majesté qu'elle rendra compte devant Dieu de tous les malheurs d'une guerre injuste qu'elle a commandée...
-..Je croyais que Dieu nous voulait délivrer des calamités qu'il répand ordinairement sur les sujets d'un Roi enfant, tout le monde était dans ce sentiment; mais le mal vient assurément de notre confiance. L'on n'y a point apporté les ordres nécessaires, et quand Sa Majesté reçut cette charge du ministère ce devait être avec des conditions de Justice qu'elle ne pouvait refuser. Il fallait punir les crimes de l'autre règne et purger la Cour et le Conseil de ces monstres d'ambition et d'avarice qui ne respiraient que le feu et le sang. 
... C'est le Comte de Grancey, c'est ce Vulcan de malheur, c'est ce misérable boiteux qui a l'âme encore moins droite que le corps. Il a volé Lésigny et Pamfou, il a coupé jusques à des tableaux dans leur enchâssure pour les emporter et n'a pas emporté les châteaux et les maisons que parce qu'ils étaient attachés à la terre, mais il les a désolés.
C'est un homme dont les crimes ont fait connaître son nom et qui n'a fait que des ennemis dans son propre pays, où la bassesse de son extraction le rend méprisable parmi les nobles, et où le peuple déteste sa violence et son humeur tyrannique.
.. Il est venu à cette guerre contre sa patrie, avec l'espérance d'une proie infaillible; il a ruiné tous les lieux où il a passé, il a assiégé Brie-Comte-Robert, qui a esté défendu par son gouverneur (Louis de Bourgogne) avec tous les témoignages d'une valeur et d'une générosité singulière; mais comme la place n'estait pas tenable sans un puissant et pressant secours, il fallut la rendre par composition. Il l'accorda pour éviter la perte des siens et promit de laisser sortir les soldats assiégés et de conserver les biens des bourgeois et l'honneur de leurs femmes et de leurs filles; mais il faussa cette fidélité que les Turcs même ne rompent que rarement et jamais sans prétexte; les soldats parisiens furent fouillés, puis battus, puis dépouillés, puis tués pour la plupart ou retenus captifs.
"Dirais-je le reste, et si je le dis où pourrais-je prendre des couleurs assez noires. Il en fut de même de tout ce qui fut promis pour les bourgeois, mais il en fut pis que dans une ville prise de force et emportée d'assaut, où le général, pour peu qu'il soit homme, pour peu qu'il soit humain... ne donne qu'une ou deux ou trois heures de temps au plus pour le pillage; ce pillage dure encore! Et j'appréhende de dire le reste... Les nobles qui n'avaient point de maisons fortes, les laboureurs, et enfin tout ce qu'il y avait de familles éparses dans la campagne s'estait retiré dans la pauvre ville de Brie. La ville rendue, les femmes et les filles et parmi elles plusieurs damoiselles, joignirent à la sureté de la capitulation et de la parole d'un gentilhomme, l'ASILE DES ÉGLISES(*). Cet asile fut violé, comme si ce n'eut pas été assez pour ces troupes enragées d'avoir violé l'article des biens qu'ils pillèrent. Ils forcèrent LES PASTEURS ET LES PRÊTRES(*) à leur ouvrir la porte de cette bergerie sacrée; ces pillards et ces paillards partagèrent les pauvres brebis confusément, sans épargner même les agneaux de lait qu'ils ont fait mourir et expirer sous des tourments que la nature défend aux bêtes féroces et qu'elles n'ont jamais pratiqué. Des damoiselles de condition sont échues par le sort aux plus infâmes, qui leur ont ôté les moyens de se défaire et d'aller porter au ciel, dans des mains sanglantes, cette sainte virginité que la loi de Dieu et de l'honneur les obligent de garder plus chèrement que leur vie..."
C'est un homme dont les crimes ont fait connaître son nom et qui n'a fait que des ennemis dans son propre pays, où la bassesse de son extraction le rend méprisable parmi les nobles, et où le peuple déteste sa violence et son humeur tyrannique."
(*) ces passages ne sont pas en capitales dans le texte de la lettre, c'est nous qui soulignons) 

Ancien_château_de_Brie-Comte-Robert

Lors de cette prise de la ville et du château de Brie-Comte-Robert toutes les archives sont brûlées ou détruites dans l'eau des douves du château. Ce qui ne nous permet pas d'avoir des traces de la présence de protestants et de pasteurs à Brie à cette époque.
Il est fort possible que le protestantisme ait été présent à Brie, car la persécution des protestants s'est relachée depuis 1643 avec la Régence assurée par Anne d'Autriche, la reine-mère qui confie les affaires du royaume au cardinal MAZARIN. Celui-ci poursuit la politique étrangère de Richelieu contre l’empereur Ferdinand III et contre l’Espagne. Il est aux côtés des princes protestants allemands et de l’Angleterre. La raison d’État implique de ne pas mécontenter les alliés : les protestants français ne sont plus inquiétés juridiquement.

Pendant la Fronde de 1648 à 1653, les protestants restent fidèles à la couronne. La déclaration royale de 1652, signée par Louis XIV lors de sa majorité, confirme solennellement l’édit de Nantes en louant les réformés « de leur affection et fidélité » pendant les troubles.

A l'exception du Père Michel, religieux des Camaldules, nous ne connaissons ni les noms des pasteurs, ni ceux des prêtres qui desservaient Brie-Comte-Robert à l'époque du siège et de la destruction sauvage de la ville. Ce n'est qu'en octobre 1652 que grâce à Turenne l'armée royale déjouera les plans des Frondeurs. Les troupes du duc de Lorraine commenceront à quitter la région en ne laissant que des ruines autour de Brie-Comte-Robert et jusqu'à Limeil.

 

 

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23 janvier 2018

semaine de prière pour l'Unité des chrétiens

veille repas Brie 2018

Semaine de prière pour l'unité des chrétiens le mardi 23 janvier à Brie-Comte-Robert (Catholiques, orthodoxes, protestants)

Salle Sainte-Madelaine, rue de la Madelaine à proximité de l'Église Saint-Etienne

Participation de Dom Martin-Jacques, du Père Georges Bellières et du pasteur Noé Walter.

ou bien le vendredi 26 janvier, au Chêne de MAMBRÉ, Rond point de la Saussaye à MAROLLES EN BRIE. Venir avec un plat ou un dessert à partager.

Le thème de cette année choisi ensemble par les Églises chrétiennes des Caraïbes est lié à leur histoire et à l'esclavage. C'est pourquoi le verset central est celui d'Exode 15,2 "Il est mon libérateur".

Louanges, prières et chants autour d'un partage de lectures bibliques et d'un repas, nous rassemblerons dans l'unité autour de Notre Seigneur Jésus-Christ

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20 avril 2015

LE PASTEUR MATTHIEU VIREL, PRÊCHE À BRIE-COMTE-ROBERT APRÈS LE DÉPART DU MINISTRE CARACCIOLI

5-rue-des-Tanneries

Nous savons que le protestantisme commença très tôt à Brie-Comte-Robert, puisque des protestants persécutés originaires de la ville s'exilent à Genève dès les années 1540. Nous savons aussi que le premier pasteur installé à Brie-Comte-Robert dont nous avons le nom est Antoine Caraccioli, qui voulait devenir ministre protestant tout en restant évêque de Troyes, mais que Rome excommunia. Nous savons qu'un lieu de culte pour les prêches fut construit 5 rue des Tanneries à l'extérieur des remparts de la ville de Brie-Comte-Robert.

C'est à l'emplacement de cette maison et des garages pour véhicules derrière elle, que se dressait l'ancien temple protestant de Brie-Comte-Robert.

Nous savons aussi que l'excommunication d'Anthoine Caraccioli par Rome avait motivé la venue à Brie-Comte-Robert de troupes parisiennes hostiles qui voulaient se saisir de lui pour lui faire un mauvais sort. Nous savons qu'll s'échappa de la ville pour rejoindre un autre refuge près d'Orléans.

Nous connaissons aussi le nom du pasteur qui succéda à Caraccioli à Brie-Comte-Robert, Matthieu VIREL. D'où venait-il avant sa nomination à Brie-Comte-Robert ?

VIREL ou VIRELLE (en latin Virellus) né à Marchais dans le Beauvoisis (peut être parent de Jean Virel qui participa au colloque de Poissy en 1560). Il arriva à Brie ayant déjà été reconnu officiellement pasteur selon l'expression "ministre du Saint-Évangile de Dieu." C'était un pasteur expérimenté, capable de prendre la parole devant des foules et ayant été chargé de missions sensibles nécessitant de voyager et d'affronter les dangers avec confiance et prudence. Nous le suivrons à partir du début de l'année 1561.

François1-de-Guise-1563

NEMOURS :Le pasteur VIREL avait dressé l'Église protestante de Nemours (et pas Namur) le jeudi 11 janvier 1561 où s'étaient réunis entre 30 et 40 personnes chez Robert BARAT et dont les trois premiers "anciens" responsables de cette Église, furent élus le même jour. Le lundi 15 janvier à l'occasion du passage du pasteur Jean PAPILLON (au pseudonyme de Des Roches) venant de Châtillon-sur-Loire, il y eut ce jour là le premier baptême protestant à Nemours du jeune CHENEVAT. Mais des catholiques de Nemours ne tolérant pas ce baptême forcèrent la maison, pillèrentt le commerce de la famille, battirent la mère de l'enfant à coups d'épées et de halebardes et trainèrent son corps inerte dans une porcherie. Malgré les soins prodigués elle mourut et son enfant conduit à l'église fut rebaptisé selon le rite catholique. S'en suivirent beaucoup de persécutuions des protestants de Nemours à l'initiative des prêtres du lieu, conduites par le seigneur de Milly, soutenues et encouragées par le duc de Guise qui envoya des troupes.
François 1 de Guise

renee-de-france-ferrare

La duchesse de Ferrare, Renée de France, qui résidait à Montargis intervint pour en sauver quelques uns et faire libérer le pasteur Des Roches. Ce n'est qu'en mars 1563 que le pasteur Olivier MOLAN put résider à Nemours grâce au nouvel Édit d'Amboise du 19 mars promulgué par le roi. La mort du Duc de Guise était survenue le 23 février. Si l'Église de Nemours fut "dressée" en janvier 1561, en élisant trois anciens, c'est probablement que Matthieu Virel avait visité, "planté" et constitué au paravant cette communauté avec la protection de la Duchesse de Ferrare.
Renée de France
PARIS MOUFFETARD Le ministre Matthieu VIREL fut aussi l'un des pasteurs de Paris et pouvait être sollicité pour des missions spéciales à l'extérieur de la capitale. Les 1 et 2 novembre de la même année 1561 dans l'un des deux lieux de prêche les plus courrus des parisiens, celui de la Salle des Patriarches, rue Mouffetard à côté de l'Église Saint-Médard. 

portrait-charles-dumoulin-Vie

Les dates des 1 et 2 novembre étaient particulières en raison de la Toussaint et du jour des morts, l'un des thèmes de la controverse entre catholiques et protestants  directement lié au salut par la foi et à la justification par le Christ. Ces assemblées réunirent d'après les témoins 3000 personnes et le pasteur Virel prêchait alternativement avec le pasteur Malot, (ex-prêtre de la paroisse Saint-André-des-Arts devenu protestant). Ils se succédaient dans la chaire.
Un mois plus tard, Charles DU MOULIN le célèbre jurisconsulte, cousin de Jacques DU MOULIN seigneur de Servon, (à seulement une lieue de Brie-Comte-Robert)  le vendredi 20 décembre participa avec d'autres magistrats protestants en grande tenue et avec tous leurs insignes à une marche vers un autre lieu de prêche de Paris situé à la Salle Popincourt (faubourg Saint-Marcel) pour demander de garantir aux protestants la liberté de culte et de punir ceux qui les persécutaient en perturbant leurs assemblées ou en les molestant ainsi que leurs familles . Le prêche de Popincourt était desservi par deux autres pasteurs: Le Maçon et Lestang.

Patriarches-1460

 Le Maçon (pseudo Rivière) fit le premier baptème protestant à Paris.
Le jeudi 26 décembre le pasteur Malot prêchait aux Patriarches à 15 heures en présence de Théodore de BÈZE, proche du Réformateur Jean Calvin. (Le lieu appartenait à un protestant et Ange de CAULE, sympatisant de la nouvelle religion, l'avait louée pour les prêches. L'église Saint-Médard est au bas de la rue Mouffetard, la maison des Patriarches était située un peu plus au nord. Un parc automobile de ce nom occupe aujourd'hui l'espace (voir note 1). Matthieu VIREL y prêchait alternativement avec Malot. Mais les prêtres catholiques de Saint-Medard se mettaient à faire sonner les cloches de l'église à toute vollée pour couvrir la voix du pasteur pendant le prêche. Comme l'assemblée n'entendait plus le pasteur celui-ci fit chanter le Psaume 16, mais cela n'arrêta pas les cloches.

Psaume-16

Sois ô grand Dieu ma garde et mon appui, car en toi seul j'ai mis mon espérance. Et toi mon âme, à toute heure, dis-toi: Je me soumets, seigneur à ta puissance... Psaume XVI

Deux délégués protestants s'étant approchés pour demander une trève sonore se firent accueillir à coups de mousquets. L'un des deux parlementaires protestant nommé PACQUOT en tomba raide mort. Il s'en suivit une mêlée avec des dégâts et des victimes. Le chevalier du guet Gabaston alerté crut bon de mettre tous les protagonistes en prison. Il s'ensuivit la condamnation à mort du chevalier du guet et le brûlement des bancs des Patriarches sur l'ordre du duc de Montmorency, qui y gagna le sobriquet de "brûlebancs". Les protestants transférèrent leurs cultes en un autre lieu en location à côté d'une auberge à l'enseigne "Le Temple de Jérusalem".

Louis_1er-prince_de_Condé

LA MISSION À DIEPPE: L'Edit de tolérance de Saint-Germain préparé par Michel de l'Hospital et proclamé le 17 janvier 1562 permit aux protestants d'être reconnus, et pour éviter les affrontements, il fut décidé que leurs prêches ne pouvaient avoir lieu qu'en dehors des villes (dans les faubourgs) ou dans les fiefs et châteaux des seigneurs protestants. Mais le parti catholique uni aux intérêts politiques des Guise multiplia les provocations pour rendre l'Édit inapplicable. Ce fut le cas quelques semaines plus tard à Vassy (Champagne) en mars 1562 où les Guise conduisirent des hommes de guerre dans un massacre de protestants sans armes alors qu'ils écoutaient un prêche. Les protestants se sentirent partout en danger et spontanément s'organisèrent pour se protéger. Matthieu Virel ministre de Paris fut envoyé à Dieppe  par le Prince Louis de Condé (portrait ci-contre)  afin d'informer au plus vite les Églises de Normandie du massacre subit à Vassy et de la nécessité de prévoir des mesures de précaution pour permettre une meilleure sécurité des assemblées protestantes. Le Prince Louis de Condé, oncle du futur Henri IV, avait décidé d'armer les protestants, afin qu'ils puissent se défendre contre les Guise et leurs semblables.
BRIE-COMTE-ROBERT: On note à nouveau une plainte au Parlement contre les protestants qui célébraient Pâques en 1564 rue des Tanneries à Brie-Comte-Robert (plainte du 14 avril). Matthieu VIREL devint donc ministre de Brie Comte Robert. il était aussi connu en Beauce du côté d'Etampes où en 1562 le célèbre jurisconsulte Charles Du Moulin avait réussi à devenir prédicant dans une église de fief, proche de la seigneurie d'Allones qui venait de sa femme Louise de Beldon dont leur fils aîné avait hérité. Charles Du Moulin était tout sauf modeste et défendait des idées assez personnelles.  Il avait une vision très politico-juridique de ce que devait professer le protestantisme. Il enseignait la justification par la foi seule mais contestait tout ce qui pouvait questionner ou gêner la royauté française. Par exemple il ne fallait pas dire que tous les hommes étaient fils d'Adam parce que cela supposait que le moindre des manants était l'égal du roi de France face à Dieu. Pour concilier protestantisme et soutien à la monarchie gallicane il s'était intéressé à l'Église de la confession d'Augsbourg (lutherienne) et avait fait des séjours de plusieurs mois chez les princes protestants allemands. Il avait décidé de devenir le nouveau Réformateur que le Royaume de France attendait. Ses pamphlets féroces contre la Papauté font partie du même plan que ses attaques contre les ministres protestants de France trop dépendants à son gré de la "République de Genève"   et de ses penchants révolutionnaires. Il rejette Rome et Geneve car elles mettent en danger la Couronne de France. Charles du Moulin fit un procès aux ministres protestants. Cependant il retira sa plainte et l'affaire ne fut pas jugée, mais ses idées avaient laissé des traces, les rois de France se méfiaient non seulement du catholicisme ultramontain, mais aussi des protestants. Son cousin Jacques Du Moulin devenu veuf quitta Servon pour passer la fin de sa vie dans son fief de Briis près d'Étampes, Charles Du Moulin en profita pour s'installer quelques semaines à Servon.

Theodore-de-beze

La présence d'un pasteur de la carrure de Matthieu Virel à Brie-Comte-Robert est donc probablement dûe d'une part à la théologie peu affirmée d'Anthoine Caraccioli dont on sait qu'il avait été repris sur sa conception du baptême par Théodore de Bèze (portrait ci-contre) et d'autre part par les idées politico-religieuses de Charles Du Moulin plus royaliste que protestant. C'est probablement vers fin 1565 que Charles DU MOULIN s'installa chez son cousin à Servon en son absence pour créer sa nouvelle église protestante. Il était urgent de faire appel à un "ministre de l'Évangile de Dieu." tel Matthieu Virel pour éviter des dissensions à l'intérieur de la communauté protestante de Brie-Comte-Robert et surtout faire barrage à une piété qui mettait plus d'énergie à conserver la morale monarchique qu'à se laisser interroger par l'Évangile.
LE PRÊCHE DU DIMANCHE 3 FEVRIER 1566 À BRIE COMTE ROBERT:
Avec le pasteur Matthieu VIREL, la théologie de Charles Du Moulin est dénoncée; ses principales divergences exposées; la démonstration de ses erreurs détaillée. Ceux qui voudraient suivre Charles Du Moulin ne peuvent l'ignorer, ils se dirigent vers une impasse. Ils n'ont plus leur place dans la communauté de Brie-Comte-Robert s'ils continuent à prêcher les mêmes erreurs. À cette époque l'Église protestante de Brie-Comte-Robert couvrait aussi Vincennes, Charenton, Créteil, Saint-Maur , Champigny, Lésigny, Combs-le-Ville....(voir note 2)
Par la suite l'Église protestante de Brie-Comte-Robert se développa en assez bonne intelligence avec la communauté catholique. Le règne d'Henri IV avec l'Édit de Nantes permit aux protestants de vivre leur foi sans trop craindre pour leur sécurité. Ce n'est que sous Louis XIII et surtout avec La Fronde et le siège catastrophique et cruel qui anéantit la ville après la prise du château de Brie que la communauté protestante perdit beaucoup de ses membres. Par la suite les régnes de Louis XIII et de Louis XIV ne lui permirent pas de retrouver l'importance qu'elle avait eu (voir note 3).
Le pasteur Matthieu Virelle quant à lui, fut nommé en Suisse, il était pasteur à Bâle en 1577, certains pensent qu'il passa en Angleterre, il est décédé avant 1586.
Matthieu Virel a écrit des livres, citons en particulier:

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- Dialogue de la religion chrestienne, distingué en X chapitres, par Matthieu Virelle,  imprimé par Gabriel Cartier, 1582 (le lieu de l'édition n'est pas indiqué mais il s'agit de Genève)
- La religion chrestienne, déclarée par dialogue, et distinguée en trois livres, dont la substance et liaison se trouvera ès pages suivantes la préface. Ensemble un brief sommaire et conférences d'icelle advec toutes les autres religions. Composé par Matthieu Virelle Ministre du Sainct Évangile. Reveu et amplifié de plus de deux tiers par l'auteur mesme, avant sa mort. Eustache Vignon - 1586.
Note 1: La maison des Patriarches tirait son nom de Bertrand de Chanac, patriarche de Jérusalem, et de Simon de Cramault, patriarche d'Alexandrie, auxquels elle avait appartenu successivement. Contigüe au cimetière de Saint-Medard, elle avait une entrée sur la rue Mouffetard non loin du passage qui s'appelle aujourd'hui rue Jean Calvin.
Note 2: D'après les documents étudiés par l'historien de Brie, Maurice Lecomte, les prévôtés qui dépendaient de Brie-Comte-Robert étaient nombreuses: Prévôtés des Bordes, de Noiseau, de Chennevières, de Champigny-sur-Marne, de Nogent-sur-Marne, de la Baronnie de Lésigny, d'Hiverneau et Montéty, de Romaine, de Chevry, de Plessis-les-Nonains, d'Atilly, de Fourcille, de Pontault.
Prévôtés de la Grange lez Pontault, de Berchère, de Combaux, de Créteil, au fief de Pontault, de Villiers le Rigault, de Valenton, de Limeil, de Bonneuil, de Sucy au fief de Passy; du bois d'Auteuil, de Cerçay, d'Ornoy et Montenglos à Senteny, des Lions à Sentoux, de Marolles pour M. le Prieur; de Servon.
Prevôtés de Mandres, de Périgny, de Boussy-Saint-Antoine, de Varennes, de Jarcy, de Comlaville, de Nandy, de Moissy-Cramayel, de Grégy, de Cossigny, de Passy, de Montreuil sous le bois de Vincennes et de Charenton Saint Maurice. Avant l'érection du marquisat de Grosbois, on appelait aussi aux assises de Brie-Comte-Robert la prévôté de Boissy-Saint-Léger et celles de Grosbois, Villecresnes, Marolles et Santeny.
Note 3: Les protestants de Brie-Comte-Robert avec leur paseur Matthieu VIREL et la plupart des autres pasteurs du royaume prêchaient que tous les humains, nobles ou roturiers étaient également descendants d'Adam et Eve, qu'en matière d'héritage l'aîné n'avait pas plus de droits  que ses frères et soeurs. Leur lecture des Évangiles contenait les germes d'une future république à venir. Ils ne songeaient pas à renverser la royauté, qu'ils considéraient comme un don de Dieu, mais ils priaient pour que leur roi soit mieux conseillé et leur garantisse la liberté de conscience.

19 avril 2015

LES CULTES PROTESTANTS DANS LES CHÂTEAUX - FORCILLES

LE CHÄTEAU DE FORCILLE, LIEU DE CULTE PROTESTANT JUSQU'EN 1562

Chateau-Forcilles-1900 

Vers 1900 le chateau de Forcilles n'avait plus la même apparence que celle qu'il présentait au XVIe siècle.

Les idées protestantes s'étaient déjà répandues dans toute la Brie à la suite des lectures de la Bible en français et des prédications mises en place dans les paroisses du diocèse de Meaux par l'évêque Briçonnet (entre 1521 et 1525). Il écrivait avec fierté le 6 juillet 1524 à Guillaume Farel: "À présent dans notre diocèse, aux jours de fêtes et surtout le dimanche, on lit en français l'épitre et l'évangile, et  si le curé y ajoute quelques exhortation, c'est sur l'un ou sur l'autre, parfois sur tous les deux."  Certaines des personnes ouvertes à ces idées restèrent dans le catholicisme en espérant des réformes de l'Église de Rome, d'autres organisèrent des prêches et se regroupèrent autour de prédicateurs pour vivre en cohérence avec leur lecture des Évangiles et de la Bible. 

Lefévre d'Estaples, traducteur depuis l'hébreu et le grec fut le plus connu des professeurs du Cénacle de Meaux. En faisaient partie aussi Guillaume FAREL, François VATABLE, Gérard ROUSSEL, Martial MAZURIER, Michel d'ARANDE, Pierre CAROLI, Jodocus CLICHTOVE, François de BOVELLES, Jean LECOMTE DE LACROIX, Louis BERQUIN

Certains d'entre eux furent ensuite évêques, d'autres pasteurs  comme Guillaume Farel qui partit prêcher dans le Dauphiné puis à Zurich, Strasbourg, Montbéliard,.. certains périrent sur un bûcher; quelques uns se retrouvèrent à Strasbourg pour faire un petit Cénacle autour de Wolfgang CAPITON avec Guillaume Farel, Michel d'Arande, Martin Bucer et Lefevre d'Etaples qui poursuivit sa traduction du Premier Testament. 

Les élèves qui suivirent leur formation furent envoyés par l'éveque Briçonnet dans les paroisses du diocèse pour y lire les Écritures saintes en français et y prêcher.  Ceux-ci continuèrent après la fin du Cénacle en 1525, non plus dans les églises paroissiales, mais désormais dans les maisons et les châteaux. Ils prêchèrent même à l'extérieur du diocèse de Meaux. Ils furent nombreux à répandre le goût de la lecture de l'Évangile en français, nous avons seulement les noms de certains de ceux qui furent emprisonnés et suppliciés: 

  • Jean Leclerc, un cardeur de laine, est emprisonné et après un rapide procès, condamné à être frappé de verges trois jours de suite dans les rues, puis marqué au front d'un fer rouge comme hérétique et finalement brulé à Metz en 1525
  • Jacques Pavannes, un jeune étudiant, est arrêté, se rétracte, puis, libéré, reprend ses prêches. Il est condamné à être brûlé sur la place de Grève à Paris. 1526
  • L'ermite de Livry, est traîné à Paris pour être brûlé à petit feu devant la cathédrale Notre-Dame. Une foule immense assista au supplice alors que les docteurs de la Sorbonne criaient de toutes leurs forces: « Il est damné, il s'en va en enfer ! » L'ermite très calme dans les flammes ne répondit que: "Ma confiance est en Christ. Je meurs dans la foi de mon Sauveur."
  • Mathieu Saunier, prédicateur, 
  • Jacques Prévost, cordelier
  • le curé de Saint-Saintin,  Nicolas Mangin,
  • un élu de Meaux du nom de Le Sueur,
  • Louis Berquin; traducteur de Luther en français

Les premiers protestants furent persécutés car ils étaient stigmatisés comme "hérétiques" et ce qualificatif déclanchait toutes sortes de condamnations et d'agressions. Les mêmes arguments qui condamnèrent Jeanne d'Arc au bûcher moins d'un siècle plus tôt étaient toujours de mise. En raison de ces persécutions, les réunions autour de la lecture des Évangiles furent organisées dans la clandestinité. 

C'étaient des groupes qui se réunissaient dans des maisons et même plus souvent dans des châteaux. Plusieurs familles nobles ou de la bourgeoisie qui pouvaient lire la Bible en français se retrouvèrent à l'abri des fossés profonds et des hauts-murs de leurs châteaux souvent flanqués d'une tour de guet pour voir arriver le danger de loin. Le personnel qui était à leur service participait aussi à ces réunions.

Chateau-d-Attilly-1706-cavalière            Vue cavalière d'un châtrau voisin, le château d'Attilly avant sa transformation

LES PRÊCHES PROTESTANTS AU CHÂTEAU DE FORCILLE

Le château de Forcille ( entre Servon et Attilly)  fut un lieu de réunions protestantes, un lieu qui finit par être découvert, mais seulement dénoncé en aout 1562 au début des guerres de religion. Le Registre du Parlement de Paris a consigné à la date du 20 aout 1562 que des "Officiers du roi" se réunissaient pour des prêches de la religion nouvelle au château de Forcille. Il ne s'agissait pas d'officiers dans le sens de militaires, mais dans celui de titulaires d'offices royaux, comme par exemple celui d'Echanson du roi. Le Parlement décida de faire une enquête. Les lecteurs de la Bible en français avaient de quoi s'inquiéter, car le 1er mars de la même année un massacre de protestants eut lieu à Vassy dans la Champagne voisine, alors qu'ils assistaient à un prêche. Une cinquantaine d'entre eux furent tués et il y eut de très nombreux blessés. Le duc de Guise et son frère le cardinal de Lorraine étaient accompagnés de troupes armées et ordonnèrent le massacre d'hommes, de femmes et d'enfants sans défense.

L'enquête sur le prêche du château de Forcille ne semble pas avoir été poursuivie car il n'en est plus question dans le registre du Parlement de Paris. Il est probable que ce prêche s'était entre temps déplacé.  L'édit de Janvier 1562 n'interdisait aux protestants que,les cultes dans les villes et les autorisait dans les faubourgs, ainsi que dans les châteaux des seigneurs hauts-justiciers. Le temple de la rue des Tanneries à Brie-Comte-Robert  fut une alternative au château de Forcille. Probablement aussi les chatelains de Forcilles, titulaires d'offices royaux bénéficiaient de protections royales ou princières. Cependant l'accalmie obtenue par  l'Édit de janvier 1562 fut brêve, car le traité ne convenait pas au clan des Guise, surtout dans les environs des régions qu'ils contrôlaient et à Paris où ils entretenaient un parti de fanatiques dans le but d'interdire la ville à Henri de Navarre et aux Bourbons.

Longtemps avant le prêche dénoncé en aout 1562 les protestants se réunissaient en cachette probablement déja en 1536, et bien avant encore beaucoup de catholiques résidants autour de Forcille s'étaient montrés ouverts aux idées humanistes d'Érasme, puis aux idées protestantes..

LA DÉLIVRANCE À GROSBOIS DU PASTEUR GIRARD DE COURLIEU EN 1559 

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Le pasteur Girard de Courlieu arrivé à Troyes en 1558, était hébergé chez un correligionnaire, l'artiste peintre Claude Soubrien de Saint-Loup. La maison de l'artiste située à l'entrée de la rue du Paon se trouvait face au couvent des Cordeliers (Franciscains). Le pasteur fut dénoncé et surpris dans sa chambre à l'étage. D'abord jetté dans les prisons troyennes par la municipalité, c'est enchaîné qu'il fut emmené sur la route de Paris pour y être jugé et sûrement emprisonné et peut être exécuté pour hérésie. Une escorte armée, mais peu nombreuse, en raison de l'incapacité du pasteur de sortir de ses chaînes était passée non loin de Forcilles sur la grand route de Provins à Paris et la nuit commençait à tomber à l'approche du château de Grosbois. C'est alors qu'une troupe mieux armée et plus nombreuse que l'escorte, les visages masqués, délivra le pasteur qui échappa ainsi à une mort probable. Cette délivrance est significative de la présence de membres de la noblesse acquis au protestantisme, capables de se mobiliser entre Brie-Comte-Robert et Boissy-Grosbois et de prendre le risque de délivrer par les armes une personne subtilisée à la justice.

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Girard de Courlieu exerça ensuite son ministère plusieurs mois à Paris dont il était originaire, mais peu connu. Il fut cependant pris et emprisonné plus tard, mais la mort du roi François II permit sa libération. Qui étaient ces mystérieux hommes masqués qui délivrèrent le pasteur de Courlieu aux abords de Grosbois ? Aucun texte ne dévoile leur identité, mais tout porte à penser que les protestants de Servon et de Forcille n'y furent pas étrangers. Le parc et le château de Grosbois après la Révocation.

Les châteaux de Villemenon, Forcille, La Grange-Leroy, Pacy,.. aujourd'hui dans les communes de Chevry-Cossigny, Servon, Santeny, Ferroles-Arrilly qui avaient bien accueilli les idées des humanistes comme Erasme dès les premières années du siècle; et qui plus tard s'intéressèrent au Cénacle de Meaux (1521-1525), furent des abris  les années suivantes pour des assemblées protestantes.

DES BOLEYN DE SERVON À LA COURONNE D'ANGLETERRE

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L'une des familles de Servon dont l'histoire est peu banale car elle est à l'origine de la création de l'Église Anglicane par HENRI VIII TUDOR, est celle des BOLEYN. Dès 1460, le 14 octobre, par devant notaire, Perette de LA RIVIÈRE D'AULNOY, Dame de La Roche Guyon, de Servon et de La Borde-Grapin vend à Louis de BOLEN (Boleyn) dit de La Rochette, Maître d'Hotel du Roi, Seigneur de Bruyère, et Capitaine de la Bastille à Paris, les Terres et Seigneuries de Servon et de la Borde-Grapin pour 825 livres parisis.

Tout le monde ne sait pss qu'Anne BOLEYN vécut la fin de son adolescence au chàteau de Servon en alternance avec la Cour royale de France où elle servait la reine Claude de FRANCE. Puis, retenue comme demoiselle d'honneur de la reine d'Angleterre, elle devint la deuxième épouse d'HENRI VIII et la mère d'ELIZABETH PREMIÈRE qui fut reine d'Angleterre et d'Irlande de 1558 à sa mort en 1603.

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La reine Elizabeth régna 44 ans mais ne se maria pas malgré de nombreux prétendants. Parmi eux il y eut le frère du roi de France, François de Valois. Le Duc de Montmorency; maréchal de France était ambassadeur de France en Angleterre et rencontra la reine Elizabeth en 1572 pour préparer ce mariage. C'est lors de cet entretien qu'Elizabeth Première lui confia que le seigneur de Servon, Jacques du MOULIN récemment décédé (24 fevrier 1571) était son cousin par son union avec Marguerite de HERBERT. Le projet de mariage entre Elizabeth 1ère et François de Valois fut repoussé par Élizabeth en raison du massacre des protestants planifié le jour de la Saint-Barthelemy le 24 aout 1572. Elizabeth Première d'Angleterre et la grande majorité des Anglais en furent horrifiés. Elizabeth avait contribué à la mise en place de l'Église d'Angleterre (Anglicane) à la suite de son père avec une théologie proche de celle de Genève et une liturgie assez ressemblante à celle de Rome. Le projet de mariage avorta.

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Illustration de la Saint-Barthelemy à Paris: au moins 3000 protestants piégés et assassinés

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Revenons à l'époque du Cénacle de Meaux; Anne BOLEYN vivait alors à Servon dans la famille de Marguerite et Jacques du MOULIN après avoir vécu une partie de son enfance aux Pays-Bas. Elle aprenait les langues étrangères et les bonnes manières en vigueur dans les cours royales européennes. Son père Thomas de BOLEYN était ambassadeur d'Angleterre et chevalier de l'ordre de la Jarretière. Anne profitait des prêches protestants organisés par sa tante Marguerite HERBERT et son oncle Jacques du MOULIN dans l'un de leurs châteaux soit à Servon, soit à Forcille. Elle lisait déja Erasme et certaines traductions des oeuvres de Luther comme les traités qui circulaient sous le manteau: Le Credo, Le Pater Noster, Les Indulgences et la grâce, La Pénitence,... Remarquablement cultivée, Anne Boleyn avait beaucoup de charme et une allure très féminine. Quand HENRI VIII déja marié à Catherine d'Aragon tomba amoureux d'Anne et voulut en faire sa maîtresse, elle exigea de devenir sa femme et lui demanda de divorcer. HENRI VIII essaya d'obtenir l'anulation de sa première union par le Pape Clément VII, pour mariage avec une cousine trop proche, mais sans succès car il s'agissait de la nièce du puissant Charles Quint que le Pape ne voulait pas indisposer.  Anne encouragea HENRI VIII à se séparer de Rome et à créer l'Église d'Angleterre sous sa principale autorité. Les idées protestantes d'Anne Boleyn allaient contribuer à la rupture d'Henri VIII avec le Pape. Une jeune fille venant de Servon dans la coeur de la Brie changeait le cours de l'histoire de l'Angleterre et du monde. Anne de BOLEYN mit au monde Elizabeth, sa seule fille et c'est après une fausse couche qui désespéra HENRIVIII d'avoir un fils qu'elle fut accusée de trahison, jugée pour inceste à cause d'un faux témoignage de sa belle soeur. Éxécutée ainsi que son frère, elle fut remplacée par une autre conquête d'HENRI VIII. Sa fille qui deviendra ELIZABETH Première d'Angleterre avait seulement trois ans à la mort de sa mère  et fut élevée par Blanche HERBERT de TROY.

ANNE DE BOLEYN, DE SON ADOLESCENCE À SERVON   À SES DERNIERS MOTS À LONDRES

Nous savons que la Seigneurie principale de Servon, dominait celle de Forcille et celle de Villemenon. Elles dépendaient toutes non pas de Brie-Comte-Robert, mais de la châtellenie de Corbeil. En 1538 Antoine BOHIER en était devenu le seigneur par son mariage avec Anne PONCHER. Ils obtinrent aux requêtes du Palais le 17 décembre 1556 une sentence qui les maintenait comme seigneurs Haut-justiciers. 

Antoine BOHIER possédait donc les châteaux de Servon, Forcille et Villemenon où vint Anne de BOLEYN.

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 Qui vécut dans ces trois châteaux?

Antoine mettra en bail le château de Villemenon (474 livres 9 sols) qui adviendra ensuite à une branche de sa famille, les de ROSTAING. Charles de Rostaing en était le seigneur le 9 aout 1551; il le vendra à Paul PARENT le 6 juillet 1597 à la veille de l'Édit de Nantes. Paul Parent, conseiller et intendant de l'Amirauté, meurt en 1641. C'est ensuite Jacques DOLLU qui en est propriétaire. Il laissera la Seigneurie et le château à François de Verthamon qui eut à soutenir un procès suite à des plaintes contre lui; il le perdit en 1666.

La seigneurie et le château de Forcille restèrent longtemps attachés à la Seigneurie de Servon. Forcille aura ses seigneurs particuliers assez tardivement et notamment après le départ de la fille de Jacques du MOULIN. Claude de MARLE en est le propriétaire quand se déroule le procès de 1666. Mais quelques années plus tard le Seigneur du lieu est le Sieur TARTEREAU marié le 8 février 1682 à Barbe de Chantemerle.

L'officier royal dont il est question dans les registres du Parlement en aout 1562 est très probablement Jacques du MOULIN seigneur de Servon.et Échanson du roi Henri II, à l'époque veuf de Marguerite d'Herbert. Il avait probablement pris la succession de Pierre du MOULIN qui fut "sommelier d'échansonnerie de bouche du roi" (Actes de François, 1er juin 1538)

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Le château de Servon est la Seigneurie principale, celle des Hauts-justiciers de la paroisse. Le fief de La Borde Grapin lui est rattaché. Une tante d'Anne BOLEYN, Marguerite de HERBERT se marie à Jacques du MOULIN, seigneur de Briis (Briis-sous-Forges) près d'Étampes et ils deviennent les nouveaux seigneurs de Servon. Marguerite de HERBERT accueille Anne BOLEYN alors qu'elle a quinze ans et qu'elle vient de passer un peu moins de 2 ans aux Pays-Bas auprès de la très catholique Marguerite d'AUTRICHE. Elle est nommée à la Cour royale Dame de Compagnie de CLAUDE de FRANCE (portrait ci-contre). Elle s'estt intéressée en France à l'actualité de la mode mais aussi aux idées d'Erasme et à la réforme de l'Église catholique, au contact de Marguerite d'Angoulème, la soeur de François 1er. Elle retourne souvent à Servon pour retrouver sa tante et sa famille. En janvier 1522 alors que le Cénacke de Meaux a commencé depuis plusieurs mois, elle traverse la Manche pour être admise à la cour d'Angleterre. On connait la suite,: en 1525 le roi est amoureux, en 1530 Anne devient son premier conseiller, elle pousse à nommer Thomas Cranmer comme archevêque de Cantorbery, elle organise un rapprochement avec la France et en 1532 une conférence internationale à Calais. Ce fut un succès. François 1er approuve l'annulation du premier mariage d'Henri VIII. Elle est couronnée reine d'Angleterre le 1er juin 1533, elle donne naissance à Elizabeth le 7 septembre 1533. Mais n'arrivant pas à donner naissance à un garçon,  elle est arrêtée le 2 mai 1536 et exécutée le 19 à la Tour de Londres. Ses derniers mots: « Bon peuple chrétien, je suis venue ici pour mourir, parce que selon la loi et par la loi je dois mourir, alors je ne parlerai pas contre. Si j'ai été amenée à cette fin par la volonté de Dieu, je ne suis ici pour accuser personne, ou pour parler de ce dont je suis accusée et condamnée à mort, mais je prie Dieu pour sauver le roi et pour qu'Il lui accorde un long règne, car jamais il n'y eut de prince plus doux et clément, et, pour moi, il a toujours été un bon et doux souverain. Et si une personne s'intéresse à ma cause, je lui demande de juger pour le mieux. Sur ce, je prends mon congé du monde et de vous tous, et je vous demande du fond du cœur de prier pour moi. »

LA FAMILLE du MOULIN À SERVON, SANTENY  ET AILLEURS

Les du MOULIN sont une famille de la Brie. Jacques du MOULIN fut Seigneur de Servon par son mariage avec une Demoiselle de HERBERT, mais la famille du MOULIN était déja présente à Fontenay-en-Brie et à Santeny. Elle avait aussi une belle maison sur la Place du Marché à Meaux.  Les armes de cette famille sont d'or à la croix de sable chargée d'une coquille d'argent. Jacques du MOULIN se manifeste lors de la délivrance du pasteur Girard de Courlieu près de Grosbois et aussi à l"époque des prêches au chateau de Forcille. Il était également Seigneur de Briis proche d'Etampes où il se retirera sur la fin de sa vie. La persécution des protestants dispersa cette famille dans plusieurs pays d'Europe. Le dictionnaire de Moreri nous donne les noms de plusieurs membres de la famille et précise que Jacques du MOULIN fut page d'Honneur du roi HENRI IV, il  était le fils de Philippe du Moulin, seigneur de Briis. En épousant Marguerite de HERBERT, Jacques devint le Seigneur de Servon. Jacques et Marguerite furent mentionnés comme seigneurs de Servon dans un partage du 20 avril 1545.  Marguerite meurt en 1552. Jacques du MOULIN fait l'acquisition en 1557 d'une maison à Santeny à lui vendue par Marie Lefebvre veuve de Christophe Espaut, conseiller au parlement. Santeny fut un lieu où une école de filles fut créée très tôt dans ce XVIe siècle, ce qui était fort rare pour les filles à l'époque. Les Santenois peuvent en être fiers en sachant que l'influence de Jacques du MOULIN et des BOLEYN - HERBERT n'était pas étrangère à cette création. Une école de garçons fonctionnait aussi et c'est la communauté qui payait les gages de l'instiututeur en 1566. Pour l'historien de Santeny la création de cette école de fille est un Indice de développement intelectuel et d'émancipation morale de cette communauté influencée par le protestantisme. L'historien de Santeny fait aussi le rapprochement avec un incident à l'église de Santeny en 1569; un certain Pierre Marin "avait enlevé la serviette à essuyer les mains quand on a donné le baptême aux petits enfants." Ce jeune fut soufletté par un certain Guillaume Brault qui lui reprochait aussi diverses insolences. L'historien de Santeny en déduit que ce jeune Pierre Marin pour être si libre vis à vis des rites catholiques devait avoir reçu une éducation protestante chez les du MOULIN ou leurs semblables. Nous laissons la responsabilité de ce raisonnement à l'historien qui nous rapporte cette anecdote attestée par un document.

Jacques du MOULIN et Marguerite HERBERT eurent trois fils et une fille; leurs fils Etienne, Pierre et Jacques moururent avant 1552, seule leur fille Louise fut mariée. Jacques est décédé le 28 mars 1571 au château de Briis près d'Étampes.

Philippe du MOULIN (le père de Jacques)  était le fils aîné de Jean du MOULIN, seigneur de Fontenay en Brie,  Echanson du roi. Il épousa Marguerite de ROUVRO, dite de Saint-Simon dont il eut plusieurs enfants après Philippe, notamment Jacques et Pierre dont on parlera plus loin. On remarquera les prénoms évangéliques de leurs                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       fils. Par la suite et dans d'autres branches on trouvera les prénoms de Charles, Henri et de Louis. Cette pratique était fréquente chez les protestants qui voulaient montrer leur attachement aux rois de France dont ils portaient les prénoms.

A la même époque Pierre du MOULIN, bailly de Santeny en 1470, intervient pour l'entretien du château de "Maison blanche" dont les riverains doivent nettoyer les fossés. ( ce lieu se trouve aujourd'hui dans la commune de Lésigny)

Les oncles du seigneur de Servon étaient donc Jacques du MOULIN, seigneur d'Ussy et de Mignaux et Pierre du MOULIN, seigneur de VIry sur Seine.Ils eurent chacun une descendance remarquable. 

2e Jacques du MOULIN, était seigneur d'Ussy et de Mignaux. Jean du MOULIN, Seigneur de Vaudeloire, appartenait à la même branche et avait épousé une demoiselle de BOLEYN. Ils eurent deux fils Charles et Ferry. Charlesi fut un jurisconsulte célèbre et très écouté. Il avait renoncé à être avocat car il avait une expression orale difficile et s'était donc spécialisé dans l'expertise sur les questions juridiques et judiciares. Il écrivait des traités de droit qui firent autorité, mais se risquait aussi dans le droit ecclésistique ce qui lui attira beaucoup de tribulations.

Charles-Dumoulin-Hotel-de-ville-parisCharles du MOULIN né en 1500 fait son Droit à Paris, Orléans, Poitiers, (1517-1521). Il est Avocat en 1522 et épouse Louise de BELDON fille de Jean de BELDON et d'Huguette de Quincampoix, En 1552, il écrit un commentaire sur l'édit du roi Henri II (Edit des Petites dates) qui fut apprécié par Henri II mais condamné par Rome, puis par le Parlement de Paris. Il subit des persécutions, le pillage de sa maison. Il se réfugia alors en dehors des frontières: à Bâle, Tubingue, Srasbourg en se rapprochant des luthériens, Mais ce rapprochement ne dura pas car en 1556 il est arrété à Montbeliard et restera onze mois en prison. Devenu veuf, il se remarie en 1558 avec Jeanne du VIVIER. Il eut trois enfants de son premier mariage. La première guerre de religion se déclanche en 1562 après le massacre de Vassy. Les Guise prennent le contrôle de Paris et persécutent les autres partis. La vie était intenable, Charles fuit à nouveau Paris pour Orléans où se trouve une forte communauté protestante ainsi que son cousin le pasteur Joachim du MOULIN. Mais il entrera en conflit avec les pasteurs d'Orléans, il leur reproche de prêcher que tous les hommes descendent d'Adam, car cela porte atteinte à la royauté. Il est en fait plus royaliste que protestant.  Il revient à Paris en 1564 et réalise un Commentaire très négatif sur le Concile de Trente avec l'appui de certains conseillers du roi de France qui restent anonymes. Ce commentaire est critiqué évidemment par Rome, mais aussi par le Parlement. Il est incarcéré à la Conciergerie. Il sera libéré grâce à l'intervention de Jeanne d'Albret, reine de Navarre. Il attaqua et porta plainte contre les ministres protestants à la suite de son conflit avec eux à Orléans. Son oeuvre la plus remarquée concerne la Révision des coutumes de Paris, pour ce travail sa statue figure au fronton de l'Hotel de Ville (Daniel Dupuis, sculpteur 1849-1899).Charles tenta de conviancre à ses idées les protestants de Brie-Comte-Robert au début de l'année 1566, mais il vivait ses derniers mois car il est mort en juillet de la même année à Paris. il se serait converti au catholicisme sur son lit de mort, autour duquel s'invitèrent le curé de Saint-André des Arts, le recteur du collège du Plessis - Sorbonne, et même un docteur en théologie de l'Université, le sieur Claude d'Espence, vassal des Guise en Champagne qui déclarèrent en quittant la chambre du mort qu'il s'était converti au catholicisme. Cependant ses propres enfants restèrent protestants. L'un de ses fils est mort à Orléans en 1562, l'autre fut assassiné dans la nuit de la Saint-Barthelemy le 24 aout 1572. Sa fille Anne avait épousé Simon Bobbé, bailly de Coulomiers. Elle fut  massacrée avec ses jeunes enfants aussi en 1572. Son mari échappa à la mort et conserva les manuscrits de son beau-père, il les confia à un avocat qui malheureusement les égara.

A la même époque Claude du MOULIN était pasteur à Fontenay-le-Comte. Il écrivit à madame la princesse de SOUBISE une lettre de consolation à l'occasion de la mort du Prince son mari survenue en 1566.

3e Pierre du MOULIN, seigneur de Viry sur Seine, de Lorme-Grenier et de Brossay fut aussi l'oncle du seigneur de Servon. Il fut le père et l'aïeul de pasteurs protestants qui furent obligés de fuir la France, tant du côté de l'Angleterre que de la Prusse ou de la Hollande. Parmi ses descendants on trouve les minisitres protestants, Joachim, Pierre, Louis et Cyrus du MOULIN, ainsi que la théologienne Marie du MOULIN. La postérité de Louis du MOULIN s'exila en Prusse
Le premier pasteur du MOULIN fut Joachim du MOULIN, sieur de Lorme-Grenier dont nous avons déja parlé à propos de Charles, son cousin le jurisconsulte, venu à Orléans entre 1562-63; il fut ministre protestant dans cette ville à l'époque où Antoine Caraccioli, ministre de Brie-Comte-Robert avait repris contact avec ses pasteurs. Joachim s'y maria en 1564 avec demoiselle Françoise Gabet, c'est là que naquirent leurs deux premiers enfants Esther et Joachim. Devenu pasteur de l'Église de Mouy en Picardie, ils dut fuir la persécution avec sa famille. Il eurent un troisième enfant alors qu'ils étaient accueillis par le frère de Duplessis-Mornay au chateau de Buhy dans le Vexin et ils lui donnèrent le prénom de Pierre. Plus tard ils eurent un autre fils Eléazar. Il fut ensuite pasteur à Soissons en résidence à Coeuvres. Mais après la Saint-Barthelemy il tranféra sa famille à Sedan sous la protection du duc de Bouillon et resta seul à Soissons.

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Pierre du MOULIN, fils de Joachim, né en 1568 au château de Buhy fit des études à Sedan, Paris et en Angleterre du temps de sa cousine la reine Elizabeth Première. Il obtint ensuite la chaire de philosophie à l'université de Leyde en Hollande, puis il fut appelé comme premier pasteur de l'Église protestante de Paris en poste à Charenton, ce qui le rapprocha de sa Brie d'origine. Il devint ensuite le pasteur de Catherine de Bourbon soeur d'Henri le Grand. En 1615 il est appelé par le roi d'Angleterre pour réaliser un plan de réunion des Églises protestantes anglaises. Il est élu pour participer au Synode de Dordrecht en 1618, mais sa sortie de France lui est refusée par la Couronne de France. Il rédigera une communication qui fut lue devant les synodaux par Monsieur Déodat.

Dordrecht-Pierre-du-Moulin-1618

Cette communication, appelée "confession" est reproduite intégralement dans les actes du Synode. Il est élu Président du synode général d'Alès en 1620. Il habitait  rue des Marais à Paris où de nombreux protestants.résidaient. On l'a nommé "un exemplaire complet des champions de l'Évangile au XVIIe siecle, des membres de l'Église militante". Apprenant que le roi Louis XIV souhaitait le faire emprisonner en raison de sa correspondance avec la Couronne d'Angleterre, il s'exile à Sedan et assume un poste de professeur en théologie tout en exerçant comme pasteur local. Sa participation à des synodes fut souvent demandée en France, mais le pouvoir royal repoussera systématiquement ces demandes. Il reste à Sedan et y meurt en 1658 (à 90 ans).  Il laissa plusieurs oeuvres soit en latin, soit en français. Chacune de ces oeuvres explique en quoi le catholicisme s'est dévoyé du message évangélique, notamment sur le pouvoir des clefs, sur la pénitence, sur la messe, etc.. Il eut trois fils: Pierre, Louis et Cyrus. 
Pierre du MOULIN, né en 1601 (1er petit-fils de Joachim) fut aussi pasteur et docteur en théologie. Il demeura longtemps en Angleterre et en Irlande et fut un excellent prédicateur. C'est à Oxford qu'il se fit connaître et apprécier. Il devint le chapelain de Charles II d'Angleterre quand celui-ci fut rétabli sur le trône. Il fut chanoine de Cantorbery. Il est l'auteur de "La paix de l'âme et du contentement de l'esprit". qui fut traduit en plusieurs langues. Il est mort à Cantorbery en 1684.
Louis du MOULIN , (2e petit fils de Joachim), né vers 1605, fut professeur de Médecine à l'Université de Leyde aux Provinces Unies.  Puis il passa en Angleterre. Il fut nommé professeur d'Histoire et exerça à Oxford avant que son neveu ne devienne le chaplain du roi. On prétend qu'il s'attaqua à l'institution de la hierarchie dans l'Église  anglicane.  Il est mort à Westminster en 1680. De Rebecca Taylor il eut deux fils qui rejoignirent la Prusse: Théophile et Pierre-Louis
Théophile du MOULIN, écuyer, fut page d'honneur de l'Électeur Frédéric-Guillaume de Brandebourg. Il exerça comme gouverneur d'Embden en Frise orientale où il est mort ayant eu six enfants, dont deux servirent dans l'armée du Roi de Prusse et y furent tués.
Pierre-Louis du MOULIN écuyer, fut Lieutenant général des armées du roi de Prusse, colonel d'un régiment de son nom. Il contribua au gain de la bataille de Friedberg par le roi de Prusse contre les armées autrichiennes et saxones (4 juin 1745). Il fut décoré sur le champ de bataille de l'ordre de l'Aigle noir et nommé gouverneur d'une des principales villes de Silésie. Il est mort en aout 1756, laissant plusieurs enfants.
Cyrus du MOULIN , (3e petit-fils de Joachim)  fut aussi pasteur. Il a rédigé et édité un traiité De la paix de l'Église, ainsi qu'un catéchisme. Il épousa Marie de Marbais fille du Seigneur de Marbais en Brabant. Ils eurent trois enfants.
Marie du MOULIN (petite-fille de Joachim) Elle pratiquait l'hébreu, la logique, la physique et la morale; elle correspondait en hébreu biblique. Elle pratiquait la controverse avec bonheur face à des adversaires catholiques de renom comme le père Adam jésuite. 
Ainsi il apparait que la famille  du MOULIN de Servon, Santeny et autres lieux de la Brie eurent un grand rayonnement en dehors des frontières du Royaume de France, en Hollande, Angleterre, Irlande, Prusse, Silésie et qu'ils s'illustrèrent surtout dans des professions de pasteurs, de professeurs d'université et d'officiers. Ils ne purent se maintenir dans leur Brie d'origine d'où les persécutions les ont chassés.
LA FILLE DE JACQUES DU MOULIN QUITTE AUSSI LA BRIE
Louise du MOULIN, fille du Seigneur de Servon épousa Sébastien de MORTON, Chevalier de l'Ordre du Roy, Seigneur de Chabrilhan en Dauphiné lequel en 1572 est qualifié aussi de Seigneur de Servon. Le mariage fut contracté le 1er aout 1563 à Brys, elle eut en dot la terre et seigneurie d'Eaubonne, mouvante en fief de la terre de Montmorency et elle vendra la terre de Brys en 1580.
Louise du MOULIN fit un échange avec Claude MALLIER, seigneur du Houssay, secrétaire du Roy et lui céda à cette date les Terres et Seigneuries de Servon et de la Borde-Grapin, Hôtel seigneurial, moyenne et basse justice. Abel de LA ROCHETTE de la famille de Louis de BOLEYN de La Rochette est dit aussi en 1584, seigneur de Servon. Par la suite Claude MALLIER possède la Seigneurie jusqu'à sa mort en 1609. L'Édit de Nantes promulgué par Henri IV arrête les persécutions. Les du MOULIN ne sont plus à Servon, mais une branche subsiste à Cossigny.
Jean du MOULIN, Trésorier Général de France, Seigneur de Pacy (près de Cossigny) prit en 1595 à bail amphythéotique une centaine d'arpents situés à Couchy sur la paroisse de Cossigny. à l'occason d'une prise de bail. Il obtint l'autorisation de faire célébrer chez lui. 
Après la mort de Claude MAILLIER en 1609, la famille de LYONNE devint seigneur de Servon. Etaient-ils aussi protestants ? Nous ne disposons pas de documents pour le prouver, cependant Claude de LYONNE, sieur de Coelly et de Servon était Trésorier du Prince de Condé, ce qui permet de supposer qu'il avait des idées proches de ce prince..

Villemenon-estampe-FrançoisHenry de LYONNE marié à Marie BERAULT en 1632 fut aussi seigneur de Servon, mais probablement moins en Cour que son voisin le seigneur de Villemenon, un certain François de VERTHAMON frère d'un évêque influent. Henry de Lyonne fut emprisonné à Fort l'Évèque, et sous la menace conceda que Villemenon était la seigneurie dominante de Servon. Par ailleurs François de Verthamon fit disparaitre au burin sur les tombes des du MOULIN, la mention de Seigneur de Servon et commit d'autres atteintes aux tombes des anciens seigneurs de Servon pour leur substituer ceux de Villemenon. Mais plusieurs se joignrent à Henry de Lyonne pour porter plainte contre François de Verthamon. Parmi les plaignants il y avait  le prêtre de la paroisse et le seigneur de Forcille. Le Tribunal ne se laissa pas impressionner par la puissance et la richesse de la famille de Verthamon et le condamna en 1666 à rétablir et réparer toutes les dégradations et modifications qu'il avait opéré sur les tombes, rendre les terrains usurpés et payer les dépens du procès. Le 5 mai 1683 la terre de Servon comprenant celle de La Borde-Grapin est érigée en comté. Henri de Lyonne devient le premier Comte de Servon.  François de Verthamon est quant à lui Comte de Villemenon et ajoute abusivement Servon.

Servon fut à côté de Brie-Comte-Robert un lieu où le protestantisme s'est établi à ses débuts. Certes la clandestinité obligatoire et la disparition de nombreux documents ne permit pas que ces premiers lieux soient connus du plus grand nombre. Cependant Servon, Santeny, Forcille et les châteaux avoisinants ont joué un rôle exceptionnel dans la diffusion des thèmes de la Réforme protestante.
 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54939311/f867.image.r=lyonne%20servon%20calviniste.langFR

18 avril 2015

LA PRIÈRE

 

Albrecht-Durer-1508Pour le théologien Karl Barth (La Prière, 1940): “Elle est la limite extrême de la grâce de Dieu à notre égard “.  Il est caractéristique que Saint-Paul, par exemple dans Galates 4, 4-7, où il brosse en racourci l’histoire du salut, donne comme commencement à cette histoire le cri de “Abba”= Père (voir aussi Romains 8, 12-15).

La définition de la prière a été hésitante. On y a vu parfois un discours de l’homme à Dieu; c’est trop imprécis à moins de se souvenir de la valeur “opérante” de la parole dans la Bible. Plus souvent on y voit une communication, une communion de l’homme avec Dieu. Là encore ce n’est pas clair: Dieu entre en communion avec nous avant que nous priions (c’est sa parole et non la notre qui est source de cette communion). Ces définitions qui sont loin d’être fausses, ont cependant ce tort de relier de manière artificielle, la prière au salut que Dieu nous a accordé, quand elles n’en font pas une réponse naturelle.

Mains en prière de Albrecht Dürer .

Or nettement la Bible ne prête guère d’attention à ces “réponses naturelles”, sinon pour les combattre. (voir Jean 3,6; 1 Cor 1,17-2,16) et par contre affirme que Dieu veut que son peuple prie d’une certaine manière, soit formelle (le Psautier est le recueil des prières d’Israël), soit surtout profonde (Esaïe 29,13; Amos 5, 24). Yahvé n’écoute pas n’importe quelle prière, ou n’importe qui. On ne peut donc lui parler comme on parlerait à n’importe quel dieu.

Le Pasteur Alphonse Maillot définit la prière comme “le partage volontaire de Dieu avec l’homme de sa volonté, de sa puissance et de son amour (partage dont le secret est dans le Christ, et qui fait que la prière doit être spécifiquement chrétienne.)

Karl Barth: “Dans la prière Dieu nous invite à vivre avec Lui.

La prière dans la Bible nous est donnée comme ayant pouvoir sur tout ce sur quoi Dieu à lui-même pouvoir, notre sort.

Dans la prière, gracieusement l’homme devient sujet. La prière sera avant tout avancement du règne de Dieu, et par notre participation à cet avancement, anticipation du Royaume où Dieu sera tout en tous. C’est pourquoi le Notre Père gravite autour de la demande “que ton règne vienne” et la prière de l’Église est “viens bientôt” (Apo 22, 17-20; 1Cor 16,22). C’est pourquoi, il est si important et si grave de prier et de bien prier. Devenus enfants de Dieu par adoption, il nous faut apprendre à vivre et donc à parler comme des enfants de Dieu.

- La prière est le moyen que Dieu nous accorde pour l’amener à vouloir ce que nous voulons.

- Mais elle doit aussi être ce par quoi nous lui demandons de nous amener à vouloir ce qu’il veut: “Que ta volonté soit faite” (Mat 6,10)

Tous ceux qui essaient d’amener à l’unité cette ambiguité, ou de retirer l’une de ces affirmations font écrouler la prière. La seconde est oubliée par les “paroissiens”  qui souvent font de la prière une magie. La première est oubliée par bon nombre de théologiens, qui veulent éviter les anthropomorphismes; ils partent d’une définition de Dieu, de son immutabilité et ne trouvent plus d’autre place à la prière que pédagogique. Or c’est la notion biblique du Dieu Vivant  qui est à l’arrière plan de la prière, et la prière doit être étudiée comme la seconde phase de la relation du Dieu Vivant à personne vivante. Pensons toujours que l’on a prié avant de réfléchir à la prière.

A nouveau avec Alphonse Maillot: “La prière est la preuve que l’homme croyant est réellement sauvé et qu’il peut réellement vivre ce salut. Elle est et doit être sa première oeuvre, l’expression première de sa foi.” Comme dans l’épisode des dix lépreux où l’action de grâce est réclamée par Jésus comme première expression de la foi. (Luc 17,11)

Dans l’AT les étymologies se raportent à sacrifier, couper (inciser), caresser, se prosterner, sauter,..

Posté par TIMKIT à 16:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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