L'ÉGLISE PROTESTANTE UNIE À BRIE COMTE ROBERT ET ENVIRONS

03 janvier 2016

L'ÉGLISE PROTESTANTE UNIE À BRIE-COMTE-ROBERT

 

Predication

La communauté protestante unie de Brie-Comte-Robert fait partie du même ensemble que celui de Boissy-Saint-Léger et a le même pasteur, actuellement le pasteur Thomas KELLER , tél.  09 50 35 56 71 

Les communes concernées sont Brie-Comte-Robert, Lésigny, Servon, Santeny, Combs la Ville, Chevry-Cossigny, Grisy-Suisnes, Evry-Gregy, Férolles-Attilly, Varennes-Jarcy, Mandres-les-Roses, Villecresnes,,...

Les cultes à Brie-Comte-Robert sont bi-mensuels et se tiennent le mercredi soir à 20h30 pour l'année 2015-2016. Prochains cultes mercredi 11 mai 2016. Thème "La croix". . Puis en suivant le 25 mai, les 8 et 22 juin.

Exceptionnellement le mercredi 20 janvier à la place du culte nous avons participé à la rencontre oecuménique à Grisy-Suisnes, 1 rue de la Légalité: 

Les cultes à Boissy-St-Léger ont lieu le dimanche à 10h30, la Sainte-Cène est partagée lors des fêtes, ainsi que les 2e et 4e dimanches du mois.

Voir -->  l'agenda

Les cultes à Brie-Comte-Robert sont accueillis par Dalya et Davy à la Résidence Pasteur, 6 allée de la Ferme, tél. 06 20 06 19 32. 

Protestants_Brie-comte-Robert

Photo de groupe prise à l'occasion du culte du 27 octobre 2014 à Brie. A l'époque le groupe suivait le Cycle d'Abraham (livre de la Genèse. En 2015 nous avons suivi le Sermon sur la Montagne en commençant par les Béatitudes, puis la prière et les Actes des Apôtres.

 "Rendez-vous d’amitié, d’étude de la Bible et de prière, une semaine sur deux, pour grandir ensemble dans notre foi en Christ."

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Pour le prochain culte à Brie-Comte-Robert,  6 allée de la Ferme, s'adresser à Davy et Dalya.

Cantiques

Voir aussi --> temple de Boissy-Saint-Léger   01 45 69 60 53

Cultes-a-Boissy_large

L'Église protestante unie est la composante principale de la Fédérartion Protestante de France. Son président actuel, le pasteur François Clavairoly en est issu. Voir --> Pasteur Clavairoly . Aucun des articles de ce blog ne peut être recopié sans l'autorisation écrite de l'auteur.


20 avril 2015

LE PASTEUR MATTHIEU VIREL, PRÊCHE À BRIE-COMTE-ROBERT APRÈS LE DÉPART DU MINISTRE CARACCIOLI

5-rue-des-Tanneries

Nous savons que le protestantisme commença très tôt à Brie-Comte-Robert, puisque des protestants persécutés originaires de la ville s'exilent à Genève dès les années 1540. Nous savons aussi que le premier pasteur installé à Brie-Comte-Robert dont nous avons le nom est Antoine Caraccioli, qui voulait devenir ministre protestant tout en restant évêque de Troyes, mais que Rome excommunia. Nous savons qu'un lieu de culte pour les prêches fut construit 5 rue des Tanneries à l'extérieur des remparts de la ville de Brie-Comte-Robert.

C'est à l'emplacement de cette maison et des garages pour véhicules derrière elle, que se dressait l'ancien temple protestant de Brie-Comte-Robert.

Nous savons aussi que l'excommunication d''Anthoine Caraccioli par Rome avait motivé la venue à Brie-Comte-Robert de troupes parisiennes hostiles qui voulaient se saisir de lui pour lui faire un mauvais sort. Nous savons qu'll s'échappa de la ville pour rejoindre un autre refuge près d'Orléans.

Nous connaissons aussi le nom du pasteur qui succéda à Caraccioli à Brie-Comte-Robert, Matthieu VIREL. D'où venait-il avant sa nomination à Brie-Comte-Robert ?

VIREL ou VIRELLE (en latin Virellus) né à Marchais dans le Beauvoisis (peut être parent de Jean Virel qui participa au colloque de Poissy en 1560). Il arriva à Brie ayant déjà été reconnu officiellement pasteur selon l'expression "ministre du Saint-Évangile de Dieu." C'était un pasteur expérimenté, capable de prendre la parole devant des foules et ayant été chargé de missions sensibles nécessitant de voyager et d'affronter les dangers avec confiance et prudence. Nous le suivrons à partir du début de l'année 1561.

François1-de-Guise-1563

NEMOURS :Le pasteur VIREL avait dressé l'Église protestante de Nemours (et pas Namur) le jeudi 11 janvier 1561 où s'étaient réunis entre 30 et 40 personnes chez Robert BARAT et dont les trois premiers "anciens" responsables de cette Église, furent élus le même jour. Le lundi 15 janvier à l'occasion du passage du pasteur Jean PAPILLON (au pseudonyme de Des Roches) venant de Châtillon-sur-Loire, il y eut ce jour là le premier baptême protestant à Nemours du jeune CHENEVAT. Mais des catholiques de Nemours ne tolérant pas ce baptême forcèrent la maison, pillèrentt le commerce de la famille, battirent la mère de l'enfant à coups d'épées et de halebardes et trainèrent son corps inerte dans une porcherie. Malgré les soins prodigués elle mourut et son enfant conduit à l'église fut rebaptisé selon le rite catholique. S'en suivirent beaucoup de persécutuions des protestants de Nemours à l'initiative des prêtres du lieu, conduites par le seigneur de Milly, soutenues et encouragées par le duc de Guise qui envoya des troupes.
François 1 de Guise

renee-de-france-ferrare

La duchesse de Ferrare, Renée de France, qui résidait à Montargis intervint pour en sauver quelques uns et faire libérer le pasteur Des Roches. Ce n'est qu'en mars 1563 que le pasteur Olivier MOLAN put résider à Nemours grâce au nouvel Édit d'Amboise du 19 mars promulgué par le roi. La mort du Duc de Guise était survenue le 23 février. Si l'Église de Nemours fut "dressée" en janvier 1561, en élisant trois anciens, c'est probablement que Matthieu Virel avait visité, "planté" et constitué au paravant cette communauté avec la protection de la Duchesse de Ferrare.
Renée de France
PARIS MOUFFETARD Le ministre Matthieu VIREL fut aussi l'un des pasteurs de Paris et pouvait être sollicité pour des missions spéciales à l'extérieur de la capitale. Les 1 et 2 novembre de la même année 1561 dans l'un des deux lieux de prêche les plus courrus des parisiens, celui de la Salle des Patriarches, rue Mouffetard à côté de l'Église Saint-Médard. 

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Les dates des 1 et 2 novembre étaient particulières en raison de la Toussaint et du jour des morts, l'un des thèmes de la controverse entre catholiques et protestants  directement lié au salut par la foi et à la justification par le Christ. Ces assemblées réunirent d'après les témoins 3000 personnes et le pasteur Virel prêchait alternativement avec le pasteur Malot, (ex-prêtre de la paroisse Saint-André-des-Arts devenu protestant). Ils se succédaient dans la chaire.
Un mois plus tard, Charles DU MOULIN le célèbre jurisconsulte, cousin de Jacques DU MOULIN seigneur de Servon, (à seulement une lieue de Brie-Comte-Robert)  le vendredi 20 décembre participa avec d'autres magistrats protestants en grande tenue et avec tous leurs insignes à une marche vers un autre lieu de prêche de Paris situé à la Salle Popincourt (faubourg Saint-Marcel) pour demander de garantir aux protestants la liberté de culte et de punir ceux qui les persécutaient en perturbant leurs assemblées ou en les molestant ainsi que leurs familles . Le prêche de Popincourt était desservi par deux autres pasteurs: Le Maçon et Lestang.

Patriarches-1460

 Le Maçon (pseudo Rivière) fit le premier baptème protestant à Paris.
Le jeudi 26 décembre le pasteur Malot prêchait aux Patriarches à 15 heures en présence de Théodore de BÈZE, proche du Réformateur Jean Calvin. (Le lieu appartenait à un protestant et Ange de CAULE, sympatisant de la nouvelle religion, l'avait louée pour les prêches. L'église Saint-Médard est au bas de la rue Mouffetard, la maison des Patriarches était située un peu plus au nord. Un parc automobile de ce nom occupe aujourd'hui l'espace (voir note 1). Matthieu VIREL y prêchait alternativement avec Malot. Mais les prêtres catholiques de Saint-Medard se mettaient à faire sonner les cloches de l'église à toute vollée pour couvrir la voix du pasteur pendant le prêche. Comme l'assemblée n'entendait plus le pasteur celui-ci fit chanter le Psaume 16, mais cela n'arrêta pas les cloches.

Psaume-16

Sois ô grand Dieu ma garde et mon appui, car en toi seul j'ai mis mon espérance. Et toi mon âme, à toute heure, dis-toi: Je me soumets, seigneur à ta puissance... Psaume XVI

Deux délégués protestants s'étant approchés pour demander une trève sonore se firent accueillir à coups de mousquets. L'un des deux parlementaires protestant nommé PACQUOT en tomba raide mort. Il s'en suivit une mêlée avec des dégâts et des victimes. Le chevalier du guet Gabaston alerté crut bon de mettre tous les protagonistes en prison. Il s'ensuivit la condamnation à mort du chevalier du guet et le brûlement des bancs des Patriarches sur l'ordre du duc de Montmorency, qui y gagna le sobriquet de "brûlebancs". Les protestants transférèrent leurs cultes en un autre lieu en location à côté d'une auberge à l'enseigne "Le Temple de Jérusalem".

Louis_1er-prince_de_Condé

LA MISSION À DIEPPE: L'Edit de tolérance de Saint-Germain préparé par Michel de l'Hospital et proclamé le 17 janvier 1562 permit aux protestants d'être reconnus, et pour éviter les affrontements, il fut décidé que leurs prêches ne pouvaient avoir lieu qu'en dehors des villes (dans les faubourgs) ou dans les fiefs et châteaux des seigneurs protestants. Mais le parti catholique uni aux intérêts politiques des Guise multiplia les provocations pour rendre l'Édit inapplicable. Ce fut le cas quelques semaines plus tard à Vassy (Champagne) en mars 1562 où les Guise conduisirent des hommes de guerre dans un massacre de protestants sans armes alors qu'ils écoutaient un prêche. Les protestants se sentirent partout en danger et spontanément s'organisèrent pour se protéger. Matthieu Virel ministre de Paris fut envoyé à Dieppe  par le Prince Louis de Condé (portrait ci-contre)  afin d'informer au plus vite les Églises de Normandie du massacre subit à Vassy et de la nécessité de prévoir des mesures de précaution pour permettre une meilleure sécurité des assemblées protestantes. Le Prince Louis de Condé, oncle du futur Henri IV, avait décidé d'armer les protestants, afin qu'ils puissent se défendre contre les Guise et leurs semblables.
BRIE-COMTE-ROBERT: On note à nouveau une plainte au Parlement contre les protestants qui célébraient Pâques en 1564 rue des Tanneries à Brie-Comte-Robert (plainte du 14 avril). Matthieu VIREL devint donc ministre de Brie Comte Robert. il était aussi connu en Beauce du côté d'Etampes où en 1562 le célèbre jurisconsulte Charles Du Moulin avait réussi à devenir prédicant dans une église de fief, proche de la seigneurie d'Allones qui venait de sa femme Louise de Beldon dont leur fils aîné avait hérité. Charles Du Moulin était tout sauf modeste et défendait des idées assez personnelles.  Il avait une vision très politico-juridique de ce que devait professer le protestantisme. Il enseignait la justification par la foi seule mais contestait tout ce qui pouvait questionner ou gêner la royauté française. Par exemple il ne fallait pas dire que tous les hommes étaient fils d'Adam parce que cela supposait que le moindre des manants était l'égal du roi de France face à Dieu. Pour concilier protestantisme et soutien à la monarchie gallicane il s'était intéressé à l'Église de la confession d'Augsbourg (lutherienne) et avait fait des séjours de plusieurs mois chez les princes protestants allemands. Il avait décidé de devenir le nouveau Réformateur que le Royaume de France attendait. Ses pamphlets féroces contre la Papauté font partie du même plan que ses attaques contre les ministres protestants de France trop dépendants à son gré de la "République de Genève"   et de ses penchants révolutionnaires. Il rejette Rome et Geneve car elles mettent en danger la Couronne de France. Charles du Moulin fit un procès aux ministres protestants. Cependant il retira sa plainte et l'affaire ne fut pas jugée, mais ses idées avaient laissé des traces, les rois de France se méfiaient non seulement du catholicisme ultramontain, mais aussi des protestants. Son cousin Jacques Du Moulin devenu veuf quitta Servon pour passer la fin de sa vie dans son fief de Briis près d'Étampes, Charles Du Moulin en profita pour s'installer quelques semaines à Servon.

Theodore-de-beze

La présence d'un pasteur de la carrure de Matthieu Virel à Brie-Comte-Robert est donc probablement dûe d'une part à la théologie peu affirmée d'Anthoine Caraccioli dont on sait qu'il avait été repris sur sa conception du baptême par Théodore de Bèze (portrait ci-contre) et d'autre part par les idées politico-religieuses de Charles Du Moulin plus royaliste que protestant. C'est probablement vers fin 1565 que Charles DU MOULIN s'installa chez son cousin à Servon en son absence pour créer sa nouvelle église protestante. Il était urgent de faire appel à un "ministre de l'Évangile de Dieu." tel Matthieu Virel pour éviter des dissensions à l'intérieur de la communauté protestante de Brie-Comte-Robert et surtout faire barrage à une piété qui mettait plus d'énergie à conserver la morale monarchique qu'à se laisser interroger par l'Évangile.
LE PRÊCHE DU DIMANCHE 3 FEVRIER 1566 À BRIE COMTE ROBERT:
Avec le pasteur Matthieu VIREL, la théologie de Charles Du Moulin est dénoncée; ses principales divergences exposées; la démonstration de ses erreurs détaillée. Ceux qui voudraient suivre Charles Du Moulin ne peuvent l'ignorer, ils se dirigent vers une impasse. Ils n'ont plus leur place dans la communauté de Brie-Comte-Robert s'ils continuent à prêcher les mêmes erreurs. À cette époque l'Église protestante de Brie-Comte-Robert couvrait aussi Vincennes, Charenton, Créteil, Saint-Maur , Champigny, Lésigny, Combs-le-Ville....(voir note 2)
Par la suite l'Église protestante de Brie-Comte-Robert se développa en assez bonne intelligence avec la communauté catholique. Le règne d'Henri IV avec l'Édit de Nantes permit aux protestants de vivre leur foi sans trop craindre pour leur sécurité. Ce n'est que sous Louis XIII et surtout avec La Fronde et le siège catastrophique et cruel qui anéantit la ville après la prise du château de Brie que la communauté protestante perdit beaucoup de ses membres. Par la suite les régnes de Louis XIII et de Louis XIV ne lui permirent pas de retrouver l'importance qu'elle avait eu (voir note 3).
Le pasteur Matthieu Virelle quant à lui, fut nommé en Suisse, il était pasteur à Bâle en 1577, certains pensent qu'il passa en Angleterre, il est décédé avant 1586.
Matthieu Virel a écrit des livres, citons en particulier:

livre_virel_matthieu

- Dialogue de la religion chrestienne, distingué en X chapitres, par Matthieu Virelle,  imprimé par Gabriel Cartier, 1582 (le lieu de l'édition n'est pas indiqué mais il s'agit de Genève)
- La religion chrestienne, déclarée par dialogue, et distinguée en trois livres, dont la substance et liaison se trouvera ès pages suivantes la préface. Ensemble un brief sommaire et conférences d'icelle advec toutes les autres religions. Composé par Matthieu Virelle Ministre du Sainct Évangile. Reveu et amplifié de plus de deux tiers par l'auteur mesme, avant sa mort. Eustache Vignon - 1586.
Note 1: La maison des Patriarches tirait son nom de Bertrand de Chanac, patriarche de Jérusalem, et de Simon de Cramault, patriarche d'Alexandrie, auxquels elle avait appartenu successivement. Contigüe au cimetière de Saint-Medard, elle avait une entrée sur la rue Mouffetard non loin du passage qui s'appelle aujourd'hui rue Jean Calvin.
Note 2: D'après les documents étudiés par l'historien de Brie, Maurice Lecomte, les prévôtés qui dépendaient de Brie-Comte-Robert étaient nombreuses: Prévôtés des Bordes, de Noiseau, de Chennevières, de Champigny-sur-Marne, de Nogent-sur-Marne, de la Baronnie de Lésigny, d'Hiverneau et Montéty, de Romaine, de Chevry, de Plessis-les-Nonains, d'Atilly, de Fourcille, de Pontault.
Prévôtés de la Grange lez Pontault, de Berchère, de Combaux, de Créteil, au fief de Pontault, de Villiers le Rigault, de Valenton, de Limeil, de Bonneuil, de Sucy au fief de Passy; du bois d'Auteuil, de Cerçay, d'Ornoy et Montenglos à Senteny, des Lions à Sentoux, de Marolles pour M. le Prieur; de Servon.
Prevôtés de Mandres, de Périgny, de Boussy-Saint-Antoine, de Varennes, de Jarcy, de Comlaville, de Nandy, de Moissy-Cramayel, de Grégy, de Cossigny, de Passy, de Montreuil sous le bois de Vincennes et de Charenton Saint Maurice. Avant l'érection du marquisat de Grosbois, on appelait aussi aux assises de Brie-Comte-Robert la prévôté de Boissy-Saint-Léger et celles de Grosbois, Villecresnes, Marolles et Santeny.
Note 3: Les protestants de Brie-Comte-Robert avec leur paseur Matthieu VIREL et la plupart des autres pasteurs du royaume prêchaient que tous les humains, nobles ou roturiers étaient également descendants d'Adam et Eve, qu'en matière d'héritage l'aîné n'avait pas plus de droits  que ses frères et soeurs. Leur lecture des Évangiles contenait les germes d'une future république à venir. Ils ne songeaient pas à renverser la royauté, qu'ils considéraient comme un don de Dieu, mais ils priaient pour que leur roi soit mieux conseillé et leur garantisse la liberté de conscience.

19 avril 2015

LES CULTES PROTESTANTS DANS LES CHÂTEAUX

LE CHÄTEAU DE FORCILLE, LIEU DE CULTE PROTESTANT JUSQU'EN 1562

Chateau-Forcilles-1900 

Vers 1900 le chateau de Forcilles n'avait plus la même apparence que celle qu'il présentait au XVIe siècle.

Les idées protestantes s'étaient déjà répandues dans toute la Brie à la suite des lectures de la Bible en français et des prédications mises en place dans les paroisses du diocèse de Meaux par l'évêque Briçonnet (entre 1521 et 1525). Il écrivait avec fierté le 6 juillet 1524 à Guillaume Farel: "À présent dans notre diocèse, aux jours de fêtes et surtout le dimanche, on lit en français l'épitre et l'évangile, et  si le curé y ajoute quelques exhortation, c'est sur l'un ou sur l'autre, parfois sur tous les deux."  Certaines des personnes ouvertes à ces idées restèrent dans le catholicisme en espérant des réformes de l'Église de Rome, d'autres organisèrent des prêches et se regroupèrent autour de prédicateurs pour vivre en cohérence avec leur lecture des Évangiles et de la Bible. 

Lefévre d'Estaples, traducteur depuis l'hébreu et le grec fut le plus connu des professeurs du Cénacle de Meaux. En faisaient partie aussi Guillaume FAREL, François VATABLE, Gérard ROUSSEL, Martial MAZURIER, Michel d'ARANDE, Pierre CAROLI, Jodocus CLICHTOVE, François de BOVELLES, Jean LECOMTE DE LACROIX, Louis BERQUIN

Certains d'entre eux furent ensuite évêques, d'autres pasteurs  comme Guillaume Farel qui partit prêcher dans le Dauphiné puis à Zurich, Strasbourg, Montbéliard,.. certains périrent sur un bûcher; quelques uns se retrouvèrent à Strasbourg pour faire un petit Cénacle autour de Wolfgang CAPITON avec Guillaume Farel, Michel d'Arande, Martin Bucer et Lefevre d'Etaples qui poursuivit sa traduction du Premier Testament. 

Les élèves qui suivirent leur formation furent envoyés par l'éveque Briçonnet dans les paroisses du diocèse pour y lire les Écritures saintes en français et y prêcher.  Ceux-ci continuèrent après la fin du Cénacle en 1525, non plus dans les églises paroissiales, mais désormais dans les maisons et les châteaux. Ils prêchèrent même à l'extérieur du diocèse de Meaux. Ils furent nombreux à répandre le goût de la lecture de l'Évangile en français, nous avons seulement les noms de certains de ceux qui furent emprisonnés et suppliciés: 

  • Jean Leclerc, un cardeur de laine, est emprisonné et après un rapide procès, condamné à être frappé de verges trois jours de suite dans les rues, puis marqué au front d'un fer rouge comme hérétique et finalement brulé à Metz en 1525
  • Jacques Pavannes, un jeune étudiant, est arrêté, se rétracte, puis, libéré, reprend ses prêches. Il est condamné à être brûlé sur la place de Grève à Paris. 1526
  • L'ermite de Livry, est traîné à Paris pour être brûlé à petit feu devant la cathédrale Notre-Dame. Une foule immense assista au supplice alors que les docteurs de la Sorbonne criaient de toutes leurs forces: « Il est damné, il s'en va en enfer ! » L'ermite très calme dans les flammes ne répondit que: "Ma confiance est en Christ. Je meurs dans la foi de mon Sauveur."
  • Mathieu Saunier, prédicateur, 
  • Jacques Prévost, cordelier
  • le curé de Saint-Saintin,  Nicolas Mangin,
  • un élu de Meaux du nom de Le Sueur,
  • Louis Berquin; traducteur de Luther en français

Les premiers protestants furent persécutés car ils étaient stigmatisés comme "hérétiques" et ce qualificatif déclanchait toutes sortes de condamnations et d'agressions. Les mêmes arguments qui condamnèrent Jeanne d'Arc au bûcher moins d'un siècle plus tôt étaient toujours de mise. En raison de ces persécutions, les réunions autour de la lecture des Évangiles furent organisées dans la clandestinité. 

C'étaient des groupes qui se réunissaient dans des maisons et même plus souvent dans des châteaux. Plusieurs familles nobles ou de la bourgeoisie qui pouvaient lire la Bible en français se retrouvèrent à l'abri des fossés profonds et des hauts-murs de leurs châteaux souvent flanqués d'une tour de guet pour voir arriver le danger de loin. Le personnel qui était à leur service participait aussi à ces réunions.

Chateau-d-Attilly-1706-cavalière            Vue cavalière d'un châtrau voisin, le château d'Attilly avant sa transformation

LES PRÊCHES PROTESTANTS AU CHÂTEAU DE FORCILLE

Le château de Forcille ( entre Servon et Attilly)  fut un lieu de réunions protestantes, un lieu qui finit par être découvert, mais seulement dénoncé en aout 1562 au début des guerres de religion. Le Registre du Parlement de Paris a consigné à la date du 20 aout 1562 que des "Officiers du roi" se réunissaient pour des prêches de la religion nouvelle au château de Forcille. Il ne s'agissait pas d'officiers dans le sens de militaires, mais dans celui de titulaires d'offices royaux, comme par exemple celui d'Echanson du roi. Le Parlement décida de faire une enquête. Les lecteurs de la Bible en français avaient de quoi s'inquiéter, car le 1er mars de la même année un massacre de protestants eut lieu à Vassy dans la Champagne voisine, alors qu'ils assistaient à un prêche. Une cinquantaine d'entre eux furent tués et il y eut de très nombreux blessés. Le duc de Guise et son frère le cardinal de Lorraine étaient accompagnés de troupes armées et ordonnèrent le massacre d'hommes, de femmes et d'enfants sans défense.

L'enquête sur le prêche du château de Forcille ne semble pas avoir été poursuivie car il n'en est plus question dans le registre du Parlement de Paris. Il est probable que ce prêche s'était entre temps déplacé.  L'édit de Janvier 1562 n'interdisait aux protestants que,les cultes dans les villes et les autorisait dans les faubourgs, ainsi que dans les châteaux des seigneurs hauts-justiciers. Le temple de la rue des Tanneries à Brie-Comte-Robert  fut une alternative au château de Forcille. Probablement aussi les chatelains de Forcilles, titulaires d'offices royaux bénéficiaient de protections royales ou princières. Cependant l'accalmie obtenue par  l'Édit de janvier 1562 fut brêve, car le traité ne convenait pas au clan des Guise, surtout dans les environs des régions qu'ils contrôlaient et à Paris où ils entretenaient un parti de fanatiques dans le but d'interdire la ville à Henri de Navarre et aux Bourbons.

Longtemps avant le prêche dénoncé en aout 1562 les protestants se réunissaient en cachette probablement déja en 1536, et bien avant encore beaucoup de catholiques résidants autour de Forcille s'étaient montrés ouverts aux idées humanistes d'Érasme, puis aux idées protestantes..

LA DÉLIVRANCE À GROSBOIS DU PASTEUR GIRARD DE COURLIEU EN 1559 

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Le pasteur Girard de Courlieu arrivé à Troyes en 1558, était hébergé chez un correligionnaire, l'artiste peintre Claude Soubrien de Saint-Loup. La maison de l'artiste située à l'entrée de la rue du Paon se trouvait face au couvent des Cordeliers (Franciscains). Le pasteur fut dénoncé et surpris dans sa chambre à l'étage. D'abord jetté dans les prisons troyennes par la municipalité, c'est enchaîné qu'il fut emmené sur la route de Paris pour y être jugé et sûrement emprisonné et peut être exécuté pour hérésie. Une escorte armée, mais peu nombreuse, en raison de l'incapacité du pasteur de sortir de ses chaînes était passée non loin de Forcilles sur la grand route de Provins à Paris et la nuit commençait à tomber à l'approche du château de Grosbois. C'est alors qu'une troupe mieux armée et plus nombreuse que l'escorte, les visages masqués, délivra le pasteur qui échappa ainsi à une mort probable. Cette délivrance est significative de la présence de membres de la noblesse acquis au protestantisme, capables de se mobiliser entre Brie-Comte-Robert et Boissy-Grosbois et de prendre le risque de délivrer par les armes une personne subtilisée à la justice.

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Girard de Courlieu exerça ensuite son ministère plusieurs mois à Paris dont il était originaire, mais peu connu. Il fut cependant pris et emprisonné plus tard, mais la mort du roi François II permit sa libération. Qui étaient ces mystérieux hommes masqués qui délivrèrent le pasteur de Courlieu aux abords de Grosbois ? Aucun texte ne dévoile leur identité, mais tout porte à penser que les protestants de Servon et de Forcille n'y furent pas étrangers. Le parc et le château de Grosbois après la Révocation.

Les châteaux de Villemenon, Forcille, La Grange-Leroy, Pacy,.. aujourd'hui dans les communes de Chevry-Cossigny, Servon, Santeny, Ferroles-Arrilly qui avaient bien accueilli les idées des humanistes comme Erasme dès les premières années du siècle; et qui plus tard s'intéressèrent au Cénacle de Meaux (1521-1525), furent des abris  les années suivantes pour des assemblées protestantes.

DES BOLEYN DE SERVON À LA COURONNE D'ANGLETERRE

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L'une des familles de Servon dont l'histoire est peu banale car elle est à l'origine de la création de l'Église Anglicane par HENRI VIII TUDOR, est celle des BOLEYN. Dès 1460, le 14 octobre, par devant notaire, Perette de LA RIVIÈRE D'AULNOY, Dame de La Roche Guyon, de Servon et de La Borde-Grapin vend à Louis de BOLEN (Boleyn) dit de La Rochette, Maître d'Hotel du Roi, Seigneur de Bruyère, et Capitaine de la Bastille à Paris, les Terres et Seigneuries de Servon et de la Borde-Grapin pour 825 livres parisis.

Tout le monde ne sait pss qu'Anne BOLEYN vécut la fin de son adolescence au chàteau de Servon en alternance avec la Cour royale de France où elle servait la reine Claude de FRANCE. Puis, retenue comme demoiselle d'honneur de la reine d'Angleterre, elle devint la deuxième épouse d'HENRI VIII et la mère d'ELIZABETH PREMIÈRE qui fut reine d'Angleterre et d'Irlande de 1558 à sa mort en 1603.

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La reine Elizabeth régna 44 ans mais ne se maria pas malgré de nombreux prétendants. Parmi eux il y eut le frère du roi de France, François de Valois. Le Duc de Montmorency; maréchal de France était ambassadeur de France en Angleterre et rencontra la reine Elizabeth en 1572 pour préparer ce mariage. C'est lors de cet entretien qu'Elizabeth Première lui confia que le seigneur de Servon, Jacques du MOULIN récemment décédé (24 fevrier 1571) était son cousin par son union avec Marguerite de HERBERT. Le projet de mariage entre Elizabeth 1ère et François de Valois fut repoussé par Élizabeth en raison du massacre des protestants planifié le jour de la Saint-Barthelemy le 24 aout 1572. Elizabeth Première d'Angleterre et la grande majorité des Anglais en furent horrifiés. Elizabeth avait contribué à la mise en place de l'Église d'Angleterre (Anglicane) à la suite de son père avec une théologie proche de celle de Genève et une liturgie assez ressemblante à celle de Rome. Le projet de mariage avorta.

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Illustration de la Saint-Barthelemy à Paris: au moins 3000 protestants piégés et assassinés

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Revenons à l'époque du Cénacle de Meaux; Anne BOLEYN vivait alors à Servon dans la famille de Marguerite et Jacques du MOULIN après avoir vécu une partie de son enfance aux Pays-Bas. Elle aprenait les langues étrangères et les bonnes manières en vigueur dans les cours royales européennes. Son père Thomas de BOLEYN était ambassadeur d'Angleterre et chevalier de l'ordre de la Jarretière. Anne profitait des prêches protestants organisés par sa tante Marguerite HERBERT et son oncle Jacques du MOULIN dans l'un de leurs châteaux soit à Servon, soit à Forcille. Elle lisait déja Erasme et certaines traductions des oeuvres de Luther comme les traités qui circulaient sous le manteau: Le Credo, Le Pater Noster, Les Indulgences et la grâce, La Pénitence,... Remarquablement cultivée, Anne Boleyn avait beaucoup de charme et une allure très féminine. Quand HENRI VIII déja marié à Catherine d'Aragon tomba amoureux d'Anne et voulut en faire sa maîtresse, elle exigea de devenir sa femme et lui demanda de divorcer. HENRI VIII essaya d'obtenir l'anulation de sa première union par le Pape Clément VII, pour mariage avec une cousine trop proche, mais sans succès car il s'agissait de la nièce du puissant Charles Quint que le Pape ne voulait pas indisposer.  Anne encouragea HENRI VIII à se séparer de Rome et à créer l'Église d'Angleterre sous sa principale autorité. Les idées protestantes d'Anne Boleyn allaient contribuer à la rupture d'Henri VIII avec le Pape. Une jeune fille venant de Servon dans la coeur de la Brie changeait le cours de l'histoire de l'Angleterre et du monde. Anne de BOLEYN mit au monde Elizabeth, sa seule fille et c'est après une fausse couche qui désespéra HENRIVIII d'avoir un fils qu'elle fut accusée de trahison, jugée pour inceste à cause d'un faux témoignage de sa belle soeur. Éxécutée ainsi que son frère, elle fut remplacée par une autre conquête d'HENRI VIII. Sa fille qui deviendra ELIZABETH Première d'Angleterre avait seulement trois ans à la mort de sa mère  et fut élevée par Blanche HERBERT de TROY.

ANNE DE BOLEYN, DE SON ADOLESCENCE À SERVON   À SES DERNIERS MOTS À LONDRES

Nous savons que la Seigneurie principale de Servon, dominait celle de Forcille et celle de Villemenon. Elles dépendaient toutes non pas de Brie-Comte-Robert, mais de la châtellenie de Corbeil. En 1538 Antoine BOHIER en était devenu le seigneur par son mariage avec Anne PONCHER. Ils obtinrent aux requêtes du Palais le 17 décembre 1556 une sentence qui les maintenait comme seigneurs Haut-justiciers. 

Antoine BOHIER possédait donc les châteaux de Servon, Forcille et Villemenon où vint Anne de BOLEYN.

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 Qui vécut dans ces trois châteaux?

Antoine mettra en bail le château de Villemenon (474 livres 9 sols) qui adviendra ensuite à une branche de sa famille, les de ROSTAING. Charles de Rostaing en était le seigneur le 9 aout 1551; il le vendra à Paul PARENT le 6 juillet 1597 à la veille de l'Édit de Nantes. Paul Parent, conseiller et intendant de l'Amirauté, meurt en 1641. C'est ensuite Jacques DOLLU qui en est propriétaire. Il laissera la Seigneurie et le château à François de Verthamon qui eut à soutenir un procès suite à des plaintes contre lui; il le perdit en 1666.

La seigneurie et le château de Forcille restèrent longtemps attachés à la Seigneurie de Servon. Forcille aura ses seigneurs particuliers assez tardivement et notamment après le départ de la fille de Jacques du MOULIN. Claude de MARLE en est le propriétaire quand se déroule le procès de 1666. Mais quelques années plus tard le Seigneur du lieu est le Sieur TARTEREAU marié le 8 février 1682 à Barbe de Chantemerle.

L'officier royal dont il est question dans les registres du Parlement en aout 1562 est très probablement Jacques du MOULIN seigneur de Servon.et Échanson du roi Henri II, à l'époque veuf de Marguerite d'Herbert. Il avait probablement pris la succession de Pierre du MOULIN qui fut "sommelier d'échansonnerie de bouche du roi" (Actes de François, 1er juin 1538)

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Le château de Servon est la Seigneurie principale, celle des Hauts-justiciers de la paroisse. Le fief de La Borde Grapin lui est rattaché. Une tante d'Anne BOLEYN, Marguerite de HERBERT se marie à Jacques du MOULIN, seigneur de Briis (Briis-sous-Forges) près d'Étampes et ils deviennent les nouveaux seigneurs de Servon. Marguerite de HERBERT accueille Anne BOLEYN alors qu'elle a quinze ans et qu'elle vient de passer un peu moins de 2 ans aux Pays-Bas auprès de la très catholique Marguerite d'AUTRICHE. Elle est nommée à la Cour royale Dame de Compagnie de CLAUDE de FRANCE (portrait ci-contre). Elle s'estt intéressée en France à l'actualité de la mode mais aussi aux idées d'Erasme et à la réforme de l'Église catholique, au contact de Marguerite d'Angoulème, la soeur de François 1er. Elle retourne souvent à Servon pour retrouver sa tante et sa famille. En janvier 1522 alors que le Cénacke de Meaux a commencé depuis plusieurs mois, elle traverse la Manche pour être admise à la cour d'Angleterre. On connait la suite,: en 1525 le roi est amoureux, en 1530 Anne devient son premier conseiller, elle pousse à nommer Thomas Cranmer comme archevêque de Cantorbery, elle organise un rapprochement avec la France et en 1532 une conférence internationale à Calais. Ce fut un succès. François 1er approuve l'annulation du premier mariage d'Henri VIII. Elle est couronnée reine d'Angleterre le 1er juin 1533, elle donne naissance à Elizabeth le 7 septembre 1533. Mais n'arrivant pas à donner naissance à un garçon,  elle est arrêtée le 2 mai 1536 et exécutée le 19 à la Tour de Londres. Ses derniers mots: « Bon peuple chrétien, je suis venue ici pour mourir, parce que selon la loi et par la loi je dois mourir, alors je ne parlerai pas contre. Si j'ai été amenée à cette fin par la volonté de Dieu, je ne suis ici pour accuser personne, ou pour parler de ce dont je suis accusée et condamnée à mort, mais je prie Dieu pour sauver le roi et pour qu'Il lui accorde un long règne, car jamais il n'y eut de prince plus doux et clément, et, pour moi, il a toujours été un bon et doux souverain. Et si une personne s'intéresse à ma cause, je lui demande de juger pour le mieux. Sur ce, je prends mon congé du monde et de vous tous, et je vous demande du fond du cœur de prier pour moi. »

LA FAMILLE du MOULIN À SERVON, SANTENY  ET AILLEURS

Les du MOULIN sont une famille de la Brie. Jacques du MOULIN fut Seigneur de Servon par son mariage avec une Demoiselle de HERBERT, mais la famille du MOULIN était déja présente à Fontenay-en-Brie et à Santeny. Elle avait aussi une belle maison sur la Place du Marché à Meaux.  Les armes de cette famille sont d'or à la croix de sable chargée d'une coquille d'argent. Jacques du MOULIN se manifeste lors de la délivrance du pasteur Girard de Courlieu près de Grosbois et aussi à l"époque des prêches au chateau de Forcille. Il était également Seigneur de Briis proche d'Etampes où il se retirera sur la fin de sa vie. La persécution des protestants dispersa cette famille dans plusieurs pays d'Europe. Le dictionnaire de Moreri nous donne les noms de plusieurs membres de la famille et précise que Jacques du MOULIN fut page d'Honneur du roi HENRI IV, il  était le fils de Philippe du Moulin, seigneur de Briis. En épousant Marguerite de HERBERT, Jacques devint le Seigneur de Servon. Jacques et Marguerite furent mentionnés comme seigneurs de Servon dans un partage du 20 avril 1545.  Marguerite meurt en 1552. Jacques du MOULIN fait l'acquisition en 1557 d'une maison à Santeny à lui vendue par Marie Lefebvre veuve de Christophe Espaut, conseiller au parlement. Santeny fut un lieu où une école de filles fut créée très tôt dans ce XVIe siècle, ce qui était fort rare pour les filles à l'époque. Les Santenois peuvent en être fiers en sachant que l'influence de Jacques du MOULIN et des BOLEYN - HERBERT n'était pas étrangère à cette création. Une école de garçons fonctionnait aussi et c'est la communauté qui payait les gages de l'instiututeur en 1566. Pour l'historien de Santeny la création de cette école de fille est un Indice de développement intelectuel et d'émancipation morale de cette communauté influencée par le protestantisme. L'historien de Santeny fait aussi le rapprochement avec un incident à l'église de Santeny en 1569; un certain Pierre Marin "avait enlevé la serviette à essuyer les mains quand on a donné le baptême aux petits enfants." Ce jeune fut soufletté par un certain Guillaume Brault qui lui reprochait aussi diverses insolences. L'historien de Santeny en déduit que ce jeune Pierre Marin pour être si libre vis à vis des rites catholiques devait avoir reçu une éducation protestante chez les du MOULIN ou leurs semblables. Nous laissons la responsabilité de ce raisonnement à l'historien qui nous rapporte cette anecdote attestée par un document.

Jacques du MOULIN et Marguerite HERBERT eurent trois fils et une fille; leurs fils Etienne, Pierre et Jacques moururent avant 1552, seule leur fille Louise fut mariée. Jacques est décédé le 28 mars 1571 au château de Briis près d'Étampes.

Philippe du MOULIN (le père de Jacques)  était le fils aîné de Jean du MOULIN, seigneur de Fontenay en Brie,  Echanson du roi. Il épousa Marguerite de ROUVRO, dite de Saint-Simon dont il eut plusieurs enfants après Philippe, notamment Jacques et Pierre dont on parlera plus loin. On remarquera les prénoms évangéliques de leurs                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       fils. Par la suite et dans d'autres branches on trouvera les prénoms de Charles, Henri et de Louis. Cette pratique était fréquente chez les protestants qui voulaient montrer leur attachement aux rois de France dont ils portaient les prénoms.

A la même époque Pierre du MOULIN, bailly de Santeny en 1470, intervient pour l'entretien du château de "Maison blanche" dont les riverains doivent nettoyer les fossés. ( ce lieu se trouve aujourd'hui dans la commune de Lésigny)

Les oncles du seigneur de Servon étaient donc Jacques du MOULIN, seigneur d'Ussy et de Mignaux et Pierre du MOULIN, seigneur de VIry sur Seine.Ils eurent chacun une descendance remarquable. 

2e Jacques du MOULIN, était seigneur d'Ussy et de Mignaux. Jean du MOULIN, Seigneur de Vaudeloire, appartenait à la même branche et avait épousé une demoiselle de BOLEYN. Ils eurent deux fils Charles et Ferry. Charlesi fut un jurisconsulte célèbre et très écouté. Il avait renoncé à être avocat car il avait une expression orale difficile et s'était donc spécialisé dans l'expertise sur les questions juridiques et judiciares. Il écrivait des traités de droit qui firent autorité, mais se risquait aussi dans le droit ecclésistique ce qui lui attira beaucoup de tribulations.

Charles-Dumoulin-Hotel-de-ville-parisCharles du MOULIN né en 1500 fait son Droit à Paris, Orléans, Poitiers, (1517-1521). Il est Avocat en 1522 et épouse Louise de BELDON fille de Jean de BELDON et d'Huguette de Quincampoix, En 1552, il écrit un commentaire sur l'édit du roi Henri II (Edit des Petites dates) qui fut apprécié par Henri II mais condamné par Rome, puis par le Parlement de Paris. Il subit des persécutions, le pillage de sa maison. Il se réfugia alors en dehors des frontières: à Bâle, Tubingue, Srasbourg en se rapprochant des luthériens, Mais ce rapprochement ne dura pas car en 1556 il est arrété à Montbeliard et restera onze mois en prison. Devenu veuf, il se remarie en 1558 avec Jeanne du VIVIER. Il eut trois enfants de son premier mariage. La première guerre de religion se déclanche en 1562 après le massacre de Vassy. Les Guise prennent le contrôle de Paris et persécutent les autres partis. La vie était intenable, Charles fuit à nouveau Paris pour Orléans où se trouve une forte communauté protestante ainsi que son cousin le pasteur Joachim du MOULIN. Mais il entrera en conflit avec les pasteurs d'Orléans, il leur reproche de prêcher que tous les hommes descendent d'Adam, car cela porte atteinte à la royauté. Il est en fait plus royaliste que protestant.  Il revient à Paris en 1564 et réalise un Commentaire très négatif sur le Concile de Trente avec l'appui de certains conseillers du roi de France qui restent anonymes. Ce commentaire est critiqué évidemment par Rome, mais aussi par le Parlement. Il est incarcéré à la Conciergerie. Il sera libéré grâce à l'intervention de Jeanne d'Albret, reine de Navarre. Il attaqua et porta plainte contre les ministres protestants à la suite de son conflit avec eux à Orléans. Son oeuvre la plus remarquée concerne la Révision des coutumes de Paris, pour ce travail sa statue figure au fronton de l'Hotel de Ville (Daniel Dupuis, sculpteur 1849-1899).Charles tenta de conviancre à ses idées les protestants de Brie-Comte-Robert au début de l'année 1566, mais il vivait ses derniers mois car il est mort en juillet de la même année à Paris. il se serait converti au catholicisme sur son lit de mort, autour duquel s'invitèrent le curé de Saint-André des Arts, le recteur du collège du Plessis - Sorbonne, et même un docteur en théologie de l'Université, le sieur Claude d'Espence, vassal des Guise en Champagne qui déclarèrent en quittant la chambre du mort qu'il s'était converti au catholicisme. Cependant ses propres enfants restèrent protestants. L'un de ses fils est mort à Orléans en 1562, l'autre fut assassiné dans la nuit de la Saint-Barthelemy le 24 aout 1572. Sa fille Anne avait épousé Simon Bobbé, bailly de Coulomiers. Elle fut  massacrée avec ses jeunes enfants aussi en 1572. Son mari échappa à la mort et conserva les manuscrits de son beau-père, il les confia à un avocat qui malheureusement les égara.

A la même époque Claude du MOULIN était pasteur à Fontenay-le-Comte. Il écrivit à madame la princesse de SOUBISE une lettre de consolation à l'occasion de la mort du Prince son mari survenue en 1566.

3e Pierre du MOULIN, seigneur de Viry sur Seine, de Lorme-Grenier et de Brossay fut aussi l'oncle du seigneur de Servon. Il fut le père et l'aïeul de pasteurs protestants qui furent obligés de fuir la France, tant du côté de l'Angleterre que de la Prusse ou de la Hollande. Parmi ses descendants on trouve les minisitres protestants, Joachim, Pierre, Louis et Cyrus du MOULIN, ainsi que la théologienne Marie du MOULIN. La postérité de Louis du MOULIN s'exila en Prusse
Le premier pasteur du MOULIN fut Joachim du MOULIN, sieur de Lorme-Grenier dont nous avons déja parlé à propos de Charles, son cousin le jurisconsulte, venu à Orléans entre 1562-63; il fut ministre protestant dans cette ville à l'époque où Antoine Caraccioli, ministre de Brie-Comte-Robert avait repris contact avec ses pasteurs. Joachim s'y maria en 1564 avec demoiselle Françoise Gabet, c'est là que naquirent leurs deux premiers enfants Esther et Joachim. Devenu pasteur de l'Église de Mouy en Picardie, ils dut fuir la persécution avec sa famille. Il eurent un troisième enfant alors qu'ils étaient accueillis par le frère de Duplessis-Mornay au chateau de Buhy dans le Vexin et ils lui donnèrent le prénom de Pierre. Plus tard ils eurent un autre fils Eléazar. Il fut ensuite pasteur à Soissons en résidence à Coeuvres. Mais après la Saint-Barthelemy il tranféra sa famille à Sedan sous la protection du duc de Bouillon et resta seul à Soissons.

Pierre-du-Moulin-Buhy

Pierre du MOULIN, fils de Joachim, né en 1568 au château de Buhy fit des études à Sedan, Paris et en Angleterre du temps de sa cousine la reine Elizabeth Première. Il obtint ensuite la chaire de philosophie à l'université de Leyde en Hollande, puis il fut appelé comme premier pasteur de l'Église protestante de Paris en poste à Charenton, ce qui le rapprocha de sa Brie d'origine. Il devint ensuite le pasteur de Catherine de Bourbon soeur d'Henri le Grand. En 1615 il est appelé par le roi d'Angleterre pour réaliser un plan de réunion des Églises protestantes anglaises. Il est élu pour participer au Synode de Dordrecht en 1618, mais sa sortie de France lui est refusée par la Couronne de France. Il rédigera une communication qui fut lue devant les synodaux par Monsieur Déodat.

Dordrecht-Pierre-du-Moulin-1618

Cette communication, appelée "confession" est reproduite intégralement dans les actes du Synode. Il est élu Président du synode général d'Alès en 1620. Il habitait  rue des Marais à Paris où de nombreux protestants.résidaient. On l'a nommé "un exemplaire complet des champions de l'Évangile au XVIIe siecle, des membres de l'Église militante". Apprenant que le roi Louis XIV souhaitait le faire emprisonner en raison de sa correspondance avec la Couronne d'Angleterre, il s'exile à Sedan et assume un poste de professeur en théologie tout en exerçant comme pasteur local. Sa participation à des synodes fut souvent demandée en France, mais le pouvoir royal repoussera systématiquement ces demandes. Il reste à Sedan et y meurt en 1658 (à 90 ans).  Il laissa plusieurs oeuvres soit en latin, soit en français. Chacune de ces oeuvres explique en quoi le catholicisme s'est dévoyé du message évangélique, notamment sur le pouvoir des clefs, sur la pénitence, sur la messe, etc.. Il eut trois fils: Pierre, Louis et Cyrus. 
Pierre du MOULIN, né en 1601 (1er petit-fils de Joachim) fut aussi pasteur et docteur en théologie. Il demeura longtemps en Angleterre et en Irlande et fut un excellent prédicateur. C'est à Oxford qu'il se fit connaître et apprécier. Il devint le chapelain de Charles II d'Angleterre quand celui-ci fut rétabli sur le trône. Il fut chanoine de Cantorbery. Il est l'auteur de "La paix de l'âme et du contentement de l'esprit". qui fut traduit en plusieurs langues. Il est mort à Cantorbery en 1684.
Louis du MOULIN , (2e petit fils de Joachim), né vers 1605, fut professeur de Médecine à l'Université de Leyde aux Provinces Unies.  Puis il passa en Angleterre. Il fut nommé professeur d'Histoire et exerça à Oxford avant que son neveu ne devienne le chaplain du roi. On prétend qu'il s'attaqua à l'institution de la hierarchie dans l'Église  anglicane.  Il est mort à Westminster en 1680. De Rebecca Taylor il eut deux fils qui rejoignirent la Prusse: Théophile et Pierre-Louis
Théophile du MOULIN, écuyer, fut page d'honneur de l'Électeur Frédéric-Guillaume de Brandebourg. Il exerça comme gouverneur d'Embden en Frise orientale où il est mort ayant eu six enfants, dont deux servirent dans l'armée du Roi de Prusse et y furent tués.
Pierre-Louis du MOULIN écuyer, fut Lieutenant général des armées du roi de Prusse, colonel d'un régiment de son nom. Il contribua au gain de la bataille de Friedberg par le roi de Prusse contre les armées autrichiennes et saxones (4 juin 1745). Il fut décoré sur le champ de bataille de l'ordre de l'Aigle noir et nommé gouverneur d'une des principales villes de Silésie. Il est mort en aout 1756, laissant plusieurs enfants.
Cyrus du MOULIN , (3e petit-fils de Joachim)  fut aussi pasteur. Il a rédigé et édité un traiité De la paix de l'Église, ainsi qu'un catéchisme. Il épousa Marie de Marbais fille du Seigneur de Marbais en Brabant. Ils eurent trois enfants.
Marie du MOULIN (petite-fille de Joachim) Elle pratiquait l'hébreu, la logique, la physique et la morale; elle correspondait en hébreu biblique. Elle pratiquait la controverse avec bonheur face à des adversaires catholiques de renom comme le père Adam jésuite. 
Ainsi il apparait que la famille  du MOULIN de Servon, Santeny et autres lieux de la Brie eurent un grand rayonnement en dehors des frontières du Royaume de France, en Hollande, Angleterre, Irlande, Prusse, Silésie et qu'ils s'illustrèrent surtout dans des professions de pasteurs, de professeurs d'université et d'officiers. Ils ne purent se maintenir dans leur Brie d'origine d'où les persécutions les ont chassés.
LA FILLE DE JACQUES DU MOULIN QUITTE AUSSI LA BRIE
Louise du MOULIN, fille du Seigneur de Servon épousa Sébastien de MORTON, Chevalier de l'Ordre du Roy, Seigneur de Chabrilhan en Dauphiné lequel en 1572 est qualifié aussi de Seigneur de Servon. Le mariage fut contracté le 1er aout 1563 à Brys, elle eut en dot la terre et seigneurie d'Eaubonne, mouvante en fief de la terre de Montmorency et elle vendra la terre de Brys en 1580.
Louise du MOULIN fit un échange avec Claude MALLIER, seigneur du Houssay, secrétaire du Roy et lui céda à cette date les Terres et Seigneuries de Servon et de la Borde-Grapin, Hôtel seigneurial, moyenne et basse justice. Abel de LA ROCHETTE de la famille de Louis de BOLEYN de La Rochette est dit aussi en 1584, seigneur de Servon. Par la suite Claude MALLIER possède la Seigneurie jusqu'à sa mort en 1609. L'Édit de Nantes promulgué par Henri IV arrête les persécutions. Les du MOULIN ne sont plus à Servon, mais une branche subsiste à Cossigny.
Jean du MOULIN, Trésorier Général de France, Seigneur de Pacy (près de Cossigny) prit en 1595 à bail amphythéotique une centaine d'arpents situés à Couchy sur la paroisse de Cossigny. à l'occason d'une prise de bail. Il obtint l'autorisation de faire célébrer chez lui. 
Après la mort de Claude MAILLIER en 1609, la famille de LYONNE devint seigneur de Servon. Etaient-ils aussi protestants ? Nous ne disposons pas de documents pour le prouver, cependant Claude de LYONNE, sieur de Coelly et de Servon était Trésorier du Prince de Condé, ce qui permet de supposer qu'il avait des idées proches de ce prince..

Villemenon-estampe-FrançoisHenry de LYONNE marié à Marie BERAULT en 1632 fut aussi seigneur de Servon, mais probablement moins en Cour que son voisin le seigneur de Villemenon, un certain François de VERTHAMON frère d'un évêque influent. Henry de Lyonne fut emprisonné à Fort l'Évèque, et sous la menace conceda que Villemenon était la seigneurie dominante de Servon. Par ailleurs François de Verthamon fit disparaitre au burin sur les tombes des du MOULIN, la mention de Seigneur de Servon et commit d'autres atteintes aux tombes des anciens seigneurs de Servon pour leur substituer ceux de Villemenon. Mais plusieurs se joignrent à Henry de Lyonne pour porter plainte contre François de Verthamon. Parmi les plaignants il y avait  le prêtre de la paroisse et le seigneur de Forcille. Le Tribunal ne se laissa pas impressionner par la puissance et la richesse de la famille de Verthamon et le condamna en 1666 à rétablir et réparer toutes les dégradations et modifications qu'il avait opéré sur les tombes, rendre les terrains usurpés et payer les dépens du procès. Le 5 mai 1683 la terre de Servon comprenant celle de La Borde-Grapin est érigée en comté. Henri de Lyonne devient le premier Comte de Servon.  François de Verthamon est quant à lui Comte de Villemenon et ajoute abusivement Servon.

Servon fut à côté de Brie-Comte-Robert un lieu où le protestantisme s'est établi à ses débuts. Certes la clandestinité obligatoire et la disparition de nombreux documents ne permit pas que ces premiers lieux soient connus du plus grand nombre. Cependant Servon, Santeny, Forcille et les châteaux avoisinants ont joué un rôle exceptionnel dans la diffusion des thèmes de la Réforme protestante.
 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54939311/f867.image.r=lyonne%20servon%20calviniste.langFR

18 avril 2015

LA PRIÈRE

 

Albrecht-Durer-1508Pour le théologien Karl Barth (La Prière, 1940): “Elle est la limite extrême de la grâce de Dieu à notre égard “.  Il est caractéristique que Saint-Paul, par exemple dans Galates 4, 4-7, où il brosse en racourci l’histoire du salut, donne comme commencement à cette histoire le cri de “Abba”= Père (voir aussi Romains 8, 12-15).

La définition de la prière a été hésitante. On y a vu parfois un discours de l’homme à Dieu; c’est trop imprécis à moins de se souvenir de la valeur “opérante” de la parole dans la Bible. Plus souvent on y voit une communication, une communion de l’homme avec Dieu. Là encore ce n’est pas clair: Dieu entre en communion avec nous avant que nous priions (c’est sa parole et non la notre qui est source de cette communion). Ces définitions qui sont loin d’être fausses, ont cependant ce tort de relier de manière artificielle, la prière au salut que Dieu nous a accordé, quand elles n’en font pas une réponse naturelle.

Mains en prière de Albrecht Dürer .

Or nettement la Bible ne prête guère d’attention à ces “réponses naturelles”, sinon pour les combattre. (voir Jean 3,6; 1 Cor 1,17-2,16) et par contre affirme que Dieu veut que son peuple prie d’une certaine manière, soit formelle (le Psautier est le recueil des prières d’Israël), soit surtout profonde (Esaïe 29,13; Amos 5, 24). Jahvé n’écoute pas n’importe quelle prière, ou n’importe qui. On ne peut donc lui parler comme on parlerait à n’importe quel dieu.

Le Pasteur Alphonse Maillot définit la prière comme “le partage volontaire de Dieu avec l’homme de sa volonté, de sa puissance et de son amour (partage dont le secret est dans le Christ, et qui fait que la prière doit être spécifiquement chrétienne.)

Karl Barth: “Dans la prière Dieu nous invite à vivre avec Lui.

La prière dans la Bible nous est donnée comme ayant pouvoir sur tout ce sur quoi Dieu à lui-même pouvoir, notre sort.

Dans la prière, gracieusement l’homme devient sujet. La prière sera avant tout avancement du règne de Dieu, et par notre participation à cet avancement, anticipation du Royaume où Dieu sera tout en tous. C’est pourquoi le Notre Père gravite autour de la demande “que ton règne vienne” et la prière de l’Église est “viens bientôt” (Apo 22, 17-20; 1Cor 16,22). C’est pourquoi, il est si important et si grave de prier et de bien prier. Devenus enfants de Dieu par adoption, il nous faut apprendre à vivre et donc à parler comme des enfants de Dieu.

- La prière est le moyen que Dieu nous accorde pour l’amener à vouloir ce que nous voulons.

- Mais elle doit aussi être ce par quoi nous lui demandons de nous amener à vouloir ce qu’il veut: “Que ta volonté soit faite” (Mat 6,10)

Tous ceux qui essaient d’amener à l’unité cette ambiguité, ou de retirer l’une de ces affirmations font écrouler la prière. La seconde est oubliée par les “paroissiens”  qui souvent font de la prière une magie. La première est oubliée par bon nombre de théologiens, qui veulent éviter les anthropomorphismes; ils partent d’une définition de Dieu, de son immutabilité et ne trouvent plus d’autre place à la prière que pédagogique. Or c’est la notion biblique du Dieu Vivant  qui est à l’arrière plan de la prière, et la prière doit être étudiée comme la seconde phase de la relation du Dieu Vivant à personne vivante. Pensons toujours que l’on a prié avant de réfléchir à la prière.

A nouveau avec Alphonse Maillot: “La prière est la preuve que l’homme croyant est réellement sauvé et qu’il peut réellement vivre ce salut. Elle est et doit être sa première oeuvre, l’expression première de sa foi.” Comme dans l’épisode des dix lépreux où l’action de grâce est réclamée par Jésus comme première expression de la foi. (Luc 17,11)

Dans l’AT les étymologies se raportent à sacrifier, couper (inciser), caresser, se prosterner, sauter,..

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18 février 2015

LE SERMON SUR LA MONTAGNE - ÉVANGILE SELON MATTHIEU

Le sermon sur la montagne

Rosselli-sermon-sur-la-montagne             Ce tableau de Rosselli montre la foule

Matthieu V, Les Béatitudes versets 1 à 12

La première des cinq grandes instructions de l'Évangile selon Matthieur comprend les chapitres 5, 6 et 7.  Il s'agit d'une composition tardive regroupant des paroles qui dans les évangiles de Marc et de Luc se trouvent situées à différents moments de la vie de Jésus. Jésus prêche, enseigne, guérit. (// avec Luc 6, 20-23)

Bienheureux : dans le grec classique cet adjectif -- makarios - est réservé aux dieux parce qu'ils possedent l'immortalité et par extension il désiqne des bonheurs humains : bonheur de l'épouse qui a un bon mari, bonheur de parents qui ont de nombreux et beaux enfants, bonheur du Sage, ..C'est l'expression du bonheur de celui qui prend conscience de l'harmonie essentielle qui le rattache à la société et au monde.. Cette sagesse grecque avait profondément pénétré le judaïsme au temps de Jésus. On le retrouve par exemple dans certains Psaumes. Cependant le bonheur du psalmiste est bien différent de celui du sage grec, car il est fait de confiance personnelle en un Dieu dont les hautains se rient et d'attachement à ses préceptes.

Les quatre caractéristiques des "macarismes" de l'Évangile selon Matthieu:

1- Sans exception ils décrivent un bonheur ayant sa source dans la présence et l'activité de Jésus; ce sont des béatitudes christocentriques.

2 - Ce bonheur est eschatologique et non apocalyptique. A l'exclamation fanatique de la piété juive "Heureux celui qui prendra bientôt son repas dans le Royaume de Dieu !" Jésus oppose un bonheur déjà présent, encore secret mais promis à un éclatement définitif dans le Royaume à venir !

3 - Ce bonheur n'est ni une donnée sensible de l'expérience, ni une douce résignation au lot départi à chaque mortel; il est à la fois déclaré, promis et communiqué par le Christ à ceux qui l'écoutent avec foi malgré la dure réalité de leurs malheurs présents; c'est un bonheur paradoxal.

4 - Ce bonheur a un caractère cosmique, c'est ce qui se passe dans le monde, ce que les yeux voient et que les oreilles entendent, et non pas seulement ce que les coeurs et/ou les esprits ressentent, qui réjouit les disciples de Jésus. Ce n'est pas la création comme telle, mais la création restaurée par le Christ, qui fait le bonheur du croyant. 

Les deux premiers versets introductifs (5, 1 et 2)

Les rabbis de cette époque enseignaient leurs disciples aussi bien dans les synagogues qu'au calme dans la campagne à l'extérieur des villes.

La mention des foules indique que les paroles de Jésus ne sont pas destinées selement aux douze ou au petit nombre de proches qui s'ajoutaient aux disciples, mais à tous ceux qui écoutent le Christ.

Le très belle fresque de Fra Angelico ne rend pas compte de la foule, dommage ! 

Fra_Angelico_sermon_sur-la_Montagne_San_Marco 

Fresque au couvent San Marco à Florence

Heureux (ou bienheureux) est une parole d'encouragement de Jésus  et de confiance pour que ceux qui subissent les persécutions et les difficultés à cause de son nom soient assurés que leur condition ne signifie pas qu'ils sont abandonnés de Dieu dans leurs épreuves, mais qu'au contraire ils marchent vers le Royaume.

Chouraqui remplace les « Heureux » des béatitudes par "en marche"

En marche, les humiliés du souffle ! Oui le royaume des ciels est à eux !

En marche, les endeuillés ! Oui, ils seront réconfortés !

En marche, les humbles ! Oui, ils hériteront la terre !

En marche, les affamés et les assoiffés de justice ! Oui, ils seront rassasiés ! 

En marche, les cœurs purs ! Oui, ils verront Elohim ! 

En marche, les faiseurs de paix ! Oui, ils seront criés fils d’Elohim

La première béatitude

Verset 3 - Heureux les pauvres en leur esprit: le royaume des cieux est pour eux

Les pauvres sont ceux qui par une longue expérience de la détresse économique et sociale ont appris à ne plus compter que sur le salut de Dieu. Il s'agit d'une condition humaine à la fois spirituelle et matérielle.

Ces pauvres sont en même temps des doux, moins par tempéremment que par nécessité, ils n'ont rien à dire ni rien à attendre de la société. Ils ne sont pas pauvres en Saint-Esprit, ni en intelligence, ni par leur esprit d'acceptation,  ni par une conscience spirituelle de leur dignité. Pauvres dans leur esprit, c'est à dire au plus profond et au plus concret de leur condition, devant les hommes et devant Dieu (le texte de Luc omet les mots en esprit., mais le sens est le même avec un accent plus prononcé sur la détresse sociale.

Les béatitudes suivantes ne désignent pas de nouvelles catégories de personnes; il s'agit toujours du même petit peuple d'humbles croyants qui se groupe maintenant autour de Jésus. Ces affligés le sont très concrètement, ils pleurent leurs parents, leurs amis, leurs sécurités sociales, disparues ou menacées, Il ne s'agit donc ni de mélancoliques ni de personnes qui pleurent sur leurs péchés.

Ces doux le sont plus par condition et nécessité que par inclination naturelle.; ils n'ont rin à dire, aucun moyen de faire triompher leurs droits.
Hériter la terre: expression juive classique; ceux qui avaient manqué de tout, ne manqueront plus de rien. 
La faim et la soif: désignent un désir ardent, un besoin du corps et du coeur. L'hommr qui a faim et surtout soif  est aux limites de la résistance. Cette justice 
Rassasiement: , allusion au règne de Dieu définitivement établi; Dieu y répondra à tous les besoins légitimes de l'homme. 
Ces miséricordieux appartiennent toujours au même type d'hommes ou de condition humaine. ce sont ceux qui exercent la miséricorde, qui prennent pitié des affligés. Il ne s'agit pas seulement de bienfaisance, mais d'entraide fraternelle et de pardon mutuel des offenses.
Coeur pur: il n'est pas ici question de l'idéal inaccessible du coeur exempt de péché mais du coeur non-partagé, sincère, loyal, servant Dieu et les hommes "de tout son coeur" sans calculs intéressés ni feintes pieuses
Voir Dieu; dans le Royaume éternel: être admis en sa sainte présence, sans en mourir.
Les pacifiques ne sont pas ceux qui demeurent en paix, mais ceux qui font la paix et la créent.
Les deux dernières béatitudes montrent que ces humbles et ces actifs sont aussi des pourchassés. 
Toutes les béatitudes sont déclaratives, à la fois promesses et ordres adressés aux auditeurs

Le sel et la lumiere

Dans le monde antique le sel et la lumiere passaient pour les deux réalités dont personne ne peut se passer.. Le lien littéraire avec ce qui précède -Les Béatitudes- est donné par l’utilisation de la deuxieme personne du pluriel.: Vous êtes, c’est-vous-qui-êtes, dit Jésus, en tant qu’auditeurs de ma predication, les beneficiaires du Règne inauguré, persecutès à cause de moi (V 11). Chaque auditeur de la predication de Jésus est donc un être fondé sur la presence et l’activité du Christ.

La comparaison avec les texts parallèles de Marc 9,50 ou 4,21ss et de Luc 8,16, ou 11,13, ou 14, 34-35 montre que le contexte est different de celui de Mattieu et par consequent les paroles de Jésus ont un autre sens.  Dans Marc les disciples doivent avoir du sel en eux-mêmes, ici dans Matthieu, les disciples sont eux-mêmes ce sel. Matthieu souligne l’importance de l’Église,: “vous tous ensemble êtes le sel” et non “chacun de vous isolément”.

Le teste de Matthieu (v 16) souligne aussi que c’est par les oeuvres que les disciples saleront la terre et éclaireront les hommes. 

A propos du sel le judaisme ne l’a pas comparé à des personnes, au contraire de la lumière. Chez les esséniens le thème de la lumière apparait toujours en opposition avec les ténèbres , ils utilisent la lumièrebpour dénigrer ceux qui ne font pas partie de la secte. Ici c’est different: il s’agit d’une lumière pour les hommes ou pour le monde pas seulement pour les members de la secte. Il s’agit aussi  d’un avertissement adressé aux disciples eux-mêmes au cas où ils perdraient leur saveur ou auraient leur lumière cachée.

L a première introduction des discours des chapitres 5 à 7  sur le sel et la lumière est suivie par une deuxieme introduction (versets 17-20.)

Jésus et la Loi (5, 17 - 20) seul le verset 18 a un // probable chez Luc 16, 17, aucun chez Marc.

Après avoir exhorté ses disciples, le Christ leur rappelle que la norme de leurs oeuvres est l'Écriture et particulièrement la Loi et plus concrètement encore ses préceptes ou commandements. Les quatre versets 17 à 20 ne sont pas entièrement cohérents entre eux, mais plutôt  juxtapposés.

 

  


17 février 2015

LA RÉVOCATION À BRIE COMTE ROBERT ET ENVIRONS

Trois histoires de familles protestantes de la région de Brie-Comte-Robert à l'époque de la Révocation de l'Édit de Nantes (1685) et de l'organisation systématique des persécutions contre les protestants - 

L'histoire de la famille de Frédéric-Armand et de son fils Maynard fameux chefs de guerre qui rendirent d'éminents services à la France et à ses armées en les conduisant à la victoire viendra en premier; puis suivra la famille de Samuel un riche financier, ce qui permettra de remonter à son père Samuel 1 et à son grand-père Noël artistes peintres parisiens et de parler de ses fils Gabriel et surtout Jacques-Samuel, financier lui aussi devenu chatelain à Coubert (5 kms de Brie).  La famille de Jean et Henry, laboureurs dans le territoire d'Ozoüer le Voulgis, hameau des Etards (9 kms de Brie) aura aussi son histoire.

À Brie-Comte-Robert il reste quelques rares protestants après 1685 et l'Édit de Fontainebleau ( Révocation de l'Édit de Nantes); tous n'ont pas émigré à l'étranger en abandonnant la totalité de leurs biens. À Coubert le château appartient à un ancien membre de l’Église protestante de Paris-Charenton. Au hameau des Étards, près de Coubert, un laboureur du nom de Jean Brottier et sa famille organisent des "prêches" clandestins dans leur maison malgré l'interdiction. Ailleurs dans certains coins de la Brie il semble qu'il n'y ait plus aucun protestant. Dans l'élection de Rosoy, on ne comptait plus en 1685 que 8 familles protestantes: 4 dans la paroisse de Lumigny et autant dans celle de Morcerf ; toutes s'expatrièrent. 

Dragonnades

Les persécutions contre les protestants avaient été terribles dans la province de Brie, et il était toujours possible de se faire prendre, juger, condamner à de lourdes peines (la prison, les galères, la mort) si on était dénoncé. La persécution et en particulier les dragonnades (soldats logeant et vivant dans les maisons des protestants et les harcelant jusqu'à ce qu'ils abjurent) furent utilisées jusqu'au milieu du 18e siècle. La signature de la Révocation par Louis XIV le 19 octobre 1685 venait après plusieurs années de dislocation progressive des familles protestantes par le biais de lois scélérates et indignes. Les dragons de Louvois (dits les Missionnaires bottés) avaient été envoyés dès 1681, quatre ans avant l'Édit de Révocation signé à Fontainebleau.

Les prescriptions de l'Édit  de 1685 furent rigoureusement appliquées :  

demolition-charenton-1685

Les temples des protestants seront démolis, (ci-contre destruction du temple de Charenton en octobre 1685) et tout exercice de leur culte devra cesser tant dans les maisons particulières que dans les châteaux des seigneurs, à peine de confiscation de corps et de biens. Les ministres (pasteurs) qui refuseront de se convertir sont sommés de quitter le royaume dans un délai de quinze jours, à peine de galères. Les écoles des protestants seront fermées ; les enfants qui naîtront après la publication de l'édit seront baptisés par les curés des paroisses et élevés dans la religion romaine. (Ci-dessous les galériens ramant pour le roi)

galeriens-sous-louis14

Un terme de quatre mois est accordé aux réfugiés pour rentrer en France et abjurer ; ce terme passé, leurs biens seront confisqués. Défense formelle est faite aux protestants de sortir du royaume et de porter leur fortune à l'étranger, à peine de galères pour les hommes et de confiscation de corps (prison) et de biens (patrimoine) pour les femmes. Toutes les dispo­sitions de la loi contre les relaps sont confirmées. Les réformés qui n'auront pas changé de religion pourront demeurer dans le pays, en attendant qu'il plaise à Dieu de les éclairer... ( cette dernière phrase est d'une hypocrsie indigne car presque toutes les professions étaient fermées aux protestants et ils n'avaient plus d'état civil pour transmettre à leurs héritiers le peu qui leur restait)

La famille des ducs de Schomberg

Le chateau de Coubert près de Brie-Comte-Robert était la possession en 1675 de Jean-François, fils du Maréchal de Vitry (Nicolas de l'Hospital). C'était un cousin de Michel de l'Hospital, qui fut Chancellier de France du temps de la Régente Catherine de Médicis. Ce chancelier de France avait tenté de faire cohabiter catholiques et protestants sans succés car le colloque de Poissy (1561) fut un échec. Jean-François de Vitry de l'Hospital vendit le chateau de Coubert cette année là au vainqueur de Maëstricht fraichement nommé Maréchal de France après une nouvelle campagne victorieuse en Catalogne.

Frederik-Armand-de-Schönberg

Frédéric-Armand de Schomberg décora la terrasse du château de Coubert de quatre canons qu'il avait pris à l'ennemi au siège de Maëstricht. Il dirigea successivement les armées de six pays : Suède (1634), France (1635), Portugal, Prusse, Hollande et Angleterre, sans jamais renier sa foi protestante.  Il ne profita de son château de Coubert que dix années, car à la Révocation de l'Édit de Nantes en 1685, malgré tous les services qu'il avait rendu à la France, il ne put y rester. Louis XIV et Louvois le chassèrent des honneurs et des fonctions car il refusait de se convertir au catholicisme de Rome. Il fut contraint d'émigrer, d'abord au Portugal puis en Brandebourg où il devint généralissime des armées de Prusse et son château de Coubert fut confisqué.

Son fils Maynard de SCHONBERG émigra de son côté en Hongrie à la Révocation et combatit contre les Turcs(1688), il fut fait duc aprés la victoire de La Boyne en Irlande (1690). Il ira ensuite défendre les protestants des Alpes à Château-Queyras près de Guillestre en 1692. Le château de Coubert lui fut restitué en 1711. Il meurt au début de 1719 dans sa maison de Hillingdon en Angleterre, et ses deux filles, ses héritières, vendirent les terres et le chateau de Coubert le 29 décembre de la même année.  Les Schomberg trouvèrent un acquéreur qui était protestant avant la Révocation, un « nouveau converti » au catholicisme, le financier Samuel BERNARD lequel avait abjuré en 1686 à Paris avec 68 autres nobles protestants qui n'avaient pas émigré. Il’acheta le château de Coubert  ainsi que des terres à Soignolles. Il transforma merveilleusment le chateau des Vitry et des Schomberg et garda sa résidence à Coubert sur la fin de sa vie jusqu’à sa mort en janvier 1739.

La famille de Samuel Bernard

chateau-coubert-samuel-bernard

Le château de Coubert reconstruit par Samuel Bernard entre 1724 et 1727

Samuel-Bernard-Nicolas-Mignard

Certains l'ont cru juif à cause de son prénom et de son métier de banquier, en fait son père s'appelait aussi Samuel et son grand-père Noël. Tous furent protestants jusqu'à la Révocation. Ensuite ils se plièrent aux rites catholiques contraints et forcés, car ils renoncèrent à émigrer pour garder leur fortune..

Temple-de-charenton-interieur-1623

Samuel Bernard qui acheta et embellit Coubert naquit le 28 novembre 1651 à Paris et fut présenté au baptême le 3 décembre au temple de Charenton. (certains ont écrit qu'il était né à Sancerre, c'est une erreur, il est bien né à Paris). Son grand père Noël Bernard, maître peintre (début 17e) au faubourg Saint-Germain à Paris était protestant, de même que sa grand mère Madelaine Sevin qui donna la vie à 10 enfants entre 1614 et 1629. Noël était peintre à l"huile et à la gouache et savait aussi graver pour réaliser des estampes. (ci contre l'intérieur du temple de Charenton où Samuel et ses frères et soeurs furent baptisés. Ce temple où allaient les parisiens avait 4000 places assises, il eut pour architecte le protestant Samuel de Brosse, architecte aussi du Palais du Luxembourg, aujourd'hui le Sénat). On remaequera les tables de la loi (dix commandements),sous le plafond, elles étaient en lettres d'or sur fond bleu.

Bernard-Fuite-en_Egypte

Noël transmit à son fils Samuel 1 quelques secrets de son métier et le plaça chez des confrères comme apprenti. Samuel Bernard fut aussi miniaturiste et graveur, élève d'abord du peintre Vouet, puis du peintre protestant Louis du Guernier. Il se maria au temple de Charenton en 1645 avec Madeleine Lequeux. Elle était la fille d'Abraham Lequeux et de Barbe Cotty. Leurs neufs enfants nés entre 1646 et 1667 furent baptisés au temple de Charenton. Samuel 1 avait été choisi en 1655 pour être l'un des 12 professeurs de peinture de l'Académie. On a de lui des estampes gravées, par exemple L'Atlas d'après Raphaël et La Fuite en Egypte d'après Guido. Il habitait avec sa famille rue de l'Université. Il mourut moins de 2 ans après son abjuration forcée. il la fit à l'église Saint-Sulpice le 20 octobre 1685 et mourut le 24 juin 1687 selon le rite catholique en l'absence de son fils. La persécution des protestants avait commencé avant la Révocation. Déja deux de ses collègues de l'Académie avaient été exclus: Jean Michelin en octobre 1681 et Jacob d'Agar en janvier 1682 parce qu'ils étaient protestants..

Rigaud-samuel-bernard-de-coubert

Samuel Bernard qui acheta Coubert n'adopta pas le métier d'artiste peintre comme son père et son grand père. Il se lança dans les affaires avec beaucoup de réussite. Il commençe comme marchand de draps de luxe, mais évolua assez vite  en rachetant les prises des corsaires pour les écouler en réalisant de grosses marges financières. Il était comme on disait à l'époque "traitant". Voltaire disait de lui:

"Et ce Bernard qu'on vante est heureux, en effet

Non par le bien qu'il a, mais par le bien qu'il fait"

A la Révocation, il décida de rester en France pour ses affaires et de devenir catholique. Il fonda la Compagnie de Guinée qui pratiquait le commerce triangulaire et fut annobli vers 1699-1700.

Sa fortune lui valut d'être "courtisé" par Louis XIV en personne en 1706. Le contrôleur des finances Desmarets  savait que Samuel Bernard avait amassé une fortune de 60 millions de livres. Il le sollicita pour venir au secours de l'Etat; Samuel demanda que ce soit Louis XIV en personne qui le sollicite: 'Quand on a besoin des gens, c'est bien le moins qu'on le leur demande soi-même", avait-il déclaré à Desmarets. 

Une rencontre fut préparée dans le cabinet de Desmarets au magnifique château de Marly. Le roi y entra comme par hasard, pendant que Samuel Bernard causait avec le contrôleur général. Louis XIV fut aimable et attentionné comme savent l'être les grands avec les gens dont ils attendent un service: "Vous êtes bien homme à n'avoir jamais vu Marly, lui dit-il, venez le voir à ma promenade. Je vous rendrai ensuite à Desmarets.." 
Samuel Bernard revint de la promenade du roi enchanté selon Saint Simon. Il déclara qu'il aimait mieux risquer sa ruine que de laisser dans l'embarras un prince qui venait de le combler et dont il se mit à faire éloges avec enthousiasme. Cela se sut, et Samuel Bernard vit affluer les clients. Outre son habileté incontestable, Samuel Bernard avait toujours eu un bonheur remarquable dans toutes ses entreprises. Pour se rendre à son château de Coubert il passait par Boissy-Saint-Léger, Grosbois et Brie-Comte-Robert.. Il achèta le château et les terres de Grosbois en 1719 pour son fils aîné Samuel-Jacques et il y fit réaliser les boiseries du Salon régence.

buste-de-samuel-bernard-boissy-saint-leger

Le roi transforma la terre de Coubert en Comté et c'est le fils aîné de Samuel qui prit le titre de Comte de Coubert;, Samuel se contentant pour sa part de signer: "Le Chevalier Bernard".
Samuel-Jacques, son fils aîné ne garda pas Grobois au delà de 1731. 
Samuel est mort à 87 ans, il fut inhumé le 18 janvier 1739 dans la cave de la chapelle de la Vierge de l'église Saint-Eustache, Son buste est exposé à Grosbois.
 
Le comte de Coubert conserva le comptoir paternel, place des Victoires, mais fit faillite en 1753.

Le second fils Gabriel Bernard; plus connu sous le nom de Gabriel Bernard de Rieux, comte de Réaux habitait à Paris, rue ND des Victoires. Il se maria dans l'église de Boissy-Saint-Léger en 1719 avec Mademoiselle de Boulainvilliers, fille du comte de Boulainvilliers, la noce se tint au château de Grosbois.

La domesticité des chatelains protestants était souvent protestante aussi, cependant les dispositions de la Révocation de l'Edit de Nantes avaient précisé qu'on ne pouvait employer que des valets, chambrières ou personnels catholiques. Pour garder un domestique il fallait exiger de lui qu'il abjure. 

Une famille de laboureurs, les Brottier

Les "nouveaux convertis" qui n'avaient pu s'échapper du Royaume de France étaient surveillés,  et souvent dénoncés s'ils s'écartaient des usages et rites catholiques. Les  pères de familles étaient exécutés ou envoyés aux galères, les enfants étaient dispersés, les filles mises dans des couvents ou on leur répétait que leur infortune venait de leurs parents qui avaient préféré les abandonner et persister dans l'hérésie.

La famille BROTTIER, une famille de laboureurs, abjura le protestantisme assez tardivement, le 6 février 1686. Par cette abjuration chacun de ses membres eut le statut de "nouveau converti" c'est à dire de nouveau catholique à surveiller. Dix ans plus tard on constate que pour cette famille protestante des environs proches de Brie-Comte-Robert, il s'agissait d'une abjuration de façade. Elle était soupçonnée soit d'accueillir des prédicateurs dans sa maison soit de lire la Bible en famille et avec d'autres, l'accusation parle d'activités quotidiennes, de conférences et d'assemblées générales. La famille BROTTIER était probablement une famille de laboureurs comme indiqué dans l'accusation, cependant cela n'est pas certain. En effet beaucoup de familles protestantes de la noblesse et de la bourgeaoisie, pour ne pas attirer l'attention se déclaraient "laboureurs". Des Brottier ou Brothier ont d'ailleurs appartenu à la noblesse.

LES ETARDS_2015

"Plainte dressée le 22 juillet 1695, aux ÉTARDS, contre Jean BROTTIER et toute sa famille, criminels de lèse-majesté pour le fait de religion;"

" À Messire le baillif de Melun, juge criminel, ou Messire son lieutenant.

"Supplie humblement Jacques de BONÉTAT, prêtre, docteur en théologie, soustenant dans le droit les intérêts de Dieu, de la foy orthodoxe et de Sa Majesté en France, disant que Jean BROTTIER, laboureur et habitant des Etarts, paroisse d'Ozoüer-le-Voulgis, diocèse de Sens, bien loing de faire les fonctions de chrestien suivant l'abjuration qu'il a faite de la religion calviniste, aurait contrevenu aux ordres de sa Majesté, ayant fait ensevelir sa fille dans son jardin, sous les cerisiers, sans préjudice de son frère Henry et de sa femme, C'est pourquoy attendu que le dit BROTTIER s'en est pris, comme il s'en prend, contre l'autorité légitime de Sa Majesté au mépris formel de ses édits et de la religion catholique, apostolique et romaine, prétendent Sa Majesté qu'il n'y ait autre religion en France, et que le dit BROTTIER tient journellement des conférences et assemblées générales dans sa maison, touchant la religion calviniste. Le suppliant requiert d'y être pourveu, et ce considéré, qu'il vous plaise, veu la matière dont il s'agit, ordonner que les parties seront appelées extraordinairement jeudy pour, les conclusions du sieur procureur du roy données estre fait droit ainsy que de raison. Déclarant le suppliant qu'il se rend partie en chef contre ledit BROTTIER et autres, et offre d'administrer tesmoings dans le droit. A quoy il déclare plaider sa cause luy-mesme, requiert condamnation aux dépens, et ferez justice.

"De BONÉTAT, prêtre missionnaire royal." 

Vicaire de Soignolles

On voit bien les deux accusations principales:

Cerisier_Brottier-1686

- Avoir enterré sa fille sous un cerisier était absolument interdit puisque la fille était réputée catholique depuis l'abjuration de ses parents. La famille aurait du signaler sa mort à un prêtre qui lui aurait administré les derniers sacrements. Puis il y aurait eu une messe à l'église, un enterrement au cimetière, plus tard  d'autres messes, autant de rites insupportables aux protestants. L'enterrement tel qu'ils le concevaient, consistait à remettre leur enfant à Dieu dans la prière, remercier le Christ de son amour. Cela leur était interdit.. Les prêtres servaient d'agents des renseignements généraux, ils transmettaient les informations de nature politique à l'administration royale. Des enquêtes systématiques par paroisse étaient réalisées, les archives départementales conservent de nombreux dossiers d'enquêtes réalisées par des prêtres où chaque famille, de chaque hameau reçoit une appréciation sur sa pratique. Les pratiques "déviantes" étaient dénoncées.

- L'autre infraction coupable était de se réunir et de lire la bible autour du chef de famille, d'en recevoir les enseignements pour leur vie quotidienne, de prier et de chanter des psaumes.  Affreux crime en effet que pratiquer ce qu'aujourd'hui on appelle un "partage d'évangile".
On remarquera la fonction du prêtre, spécialisé dans les aspects juridiques et judiciaires pour pourchasser et faire condamner les déviants du catholicisme, appelés hérétiques. On notera que tous les frais du procés et la rétribution du prêtre, de l'Église et du Roy étaient à la charge des condamnés, ce qui signifie que ceux de la famille qui échappaient à la mort après cette condamnation ne possédaient plus rien sinon des dettes. 

Cette dénonciation par un prêtre signifiait la dislocation de la famille. On ne retrouvera plus trace de la famille Brottier dans le hameau des Etards ni même dans la région. La famille aura été brisée, les hommes auront été envoyés aux galères et les femmes emprisonnées, les filles retenues dans des couvents.

Elements de bibliographie:

http://huguenots-france.org/france/galeres/galeres.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Huguenot

Trois familles, trois choix devant la Révocation: les uns optèrent pour l'émigration, les autres l'abjuration conformiste, et certains l'abjuration avec résistance, trois exemples de ce que les protestants ont vécu pendant ces sombres années. Le roi a profité de ce que les protestants le respectaient, comme la lecture de la Bible leur ordonnait de le faire. Ils pensaient que le roi les appréciait mais qu'il était mal conseillé. Ils espéraient que Colbert qui savait la richesse qu'ils procuraient au pays l'emporterait sur Louvois qui avait des intérêts opposés; mais le vieux Colbert est mort trop tôt (1683) et Vauban est intervenu trop tard. Le Royaume de France trop dépendant de Rome n'avait pas su enfanter la laïcité, la République le fera. 

19 janvier 2015

CATHOLIQUES, ORTHODOXES ET PROTESTANTS CÉLÈBRENT L'UNITÉ EN L'ÉGLISE SAINT-ETIENNE

L'ÉGLISE SAINT-ETIENNE DE BRIE-COMTE-ROBERT MAGNIFIQUEMENT RESTAURÉE DANS SA PARTIE CENTRALE ACCUEILLE LA CÉLÉBRATION OECUMÉNIQUE DE JANVIER 2015

ASSEMBLÉE-OECUMÉNIQUE-BRIE Les hymnes et cantiques chantés d'un même coeur.sous la conduite de Béatrice et Barney

Le Père REGIS, curé du Pôle Brie-Sénart, accueillait dans l'église dont les 850 ans de la dédicace sous le vocable du Diacre Étienne venait dêtre fêtée en 2014, il lut l'Évangile dans la TOB (traduction oecuménique de la Bible.. Le Père GEORGES prêtre orthodoxe présidait cette année la célébration et délivra l'homélie sur Jésus et la Samaritaine. Le pasteur Thomas KELLER intervint dans la prière d'intercession.

Après l'homélie les chrétiens des trois confessions, guidés par Pierre et Michel, se donnèrent mutuellement à boire et se dirent des paroles de paix en s'appelant chacun par le nom de leur baptême. La collecte fut affectée à trois congrégations de femmes du Sud-est de la France représentant les trois confessions: le monastère orthodoxe de Solan, les soeurs protestantes de Pomeyrol, les moniales catholiques de Taulignan.

Père_Regis-Père_Georges-Pasteur_Keller

Les trois officiants bénirent l'assemblée oecuménique avant un moment d'échanges fraternels à la sortie de l'église..

 

15 décembre 2014

L"ÉGLISE PROTESTANTE DE BOISSY AU TEMPS DE SOEUR MARTHE JUNCKER

Les registres de la paroisse permettent de retrouver les dates de certains cultes à l'occasion d'événements particuliers : baptêmes, confirmations, mariages, ou services funèbres. En les reclassant de manière chronologique certains enseignements sur l'histoire de cette Église particulière apparaissent.

Souvenirs du temple de Boissy en 1945

Le dimanche 13 mai six catechumènes sont reçus dans l’Église : Françoise Dabezies (15 ans) née à Bordeaux, Nénia Panayotou (15 ans) née à Villeneuve-St-Georges,  Jeannine Salagnac (15,5 ans) née à Paris, Michel Thomas (15 ans) né à Paris, Serge Vallet (15 ans) né à Boissy-St-Léger, Raymonde Druon, (19 ans) née à Ysles-les-Villenois (Seine et Marne)

Une semaine plus tard le 20 mai, dimanche de Pentecôte, ils ont tous pris part à la Sainte-Cène pour la première fois au temple de Boissy..Les soeurs diaconesses et le futur pasteur Henri Rambaux  conduisirent ces cultes.

La famille Thomas était déjà à Brévannes en 1935, Mr et Mme Vallet et leurs trois fils résident à Boissy en 1937 de même que les Salagnac en 1942. Les Dabezies, Panayotou et Druon étaient dans la paroisse de manière plus récente car ils ne figurent pas dans les familles connues. Il est possible aussi qu'il s'agisse de pensionnaires logeant à l'ancienne École normale.

Quelques semaines plus tard Soeur Rosa Lefebvre succombait à sa maladie, laissant soeur Marthe Juncker dans un deuil profond.

Souvenirs du temple de Boissy 1946

Le dimanche 2 juin six catéchumènes préparés par Soeur Marthe Juncker sont reçus dans l’Église. Liliane Heine, (16 ans), née à Paris et ses soeurs Suzanne Heine (15 ans) née à Calais et Marcelle Heine (14 ans) née aussi à Calais; Christiane Salagnac (15 ans) née à Boissy-St-Léger, Guy Boucher (16,5 ans) né à Boissy-St-Léger, fils du régisseur du Château du Piple, Raymond Kuntz (14 ans) né à Paris.

Le dimanche suivant jour de Pentecôte les six catéchumènes prirent part pour la première fois à la sainte cène au temple de Boissy. Soeur Marthe Juncker conduisit seule ces deux cultes.

La famille Salagnac habitait déjà à Boissy-St-Léger en 1942. Les Boucher aussi domiciliés à Boissy habitaient rue Lacarrière déjà en 1935. Les Kuntz habitaient rue du Chateau à Sucy en Brie depuis 1940. Les Heine étaient domiciliés dans la paroisse de manière plus récente.

Cette année-là eut lieu un mariage, le premier qui figure sur le nouveau registre ouvert par Soeur Marthe Juncker.  C’était le 16 septembre, curieusement un lundi., Soeur Marthe Juncker bénit le mariage du parisien Roland Terrioux (23 ans) et de la Sucycienne Lucienne Bieder (23 ans) dont les parents originaires de Suisse habitaient rue de la Somme déjà en 1935 du temps du pasteur Paul Schmidt.

Les Éclaireurs unionistes apparaissent à Boissy-St-Léger sous l'impuksion de Soeur Marthe Juncker. En octobre se crée un Comité local  dans lequel figurent M. Küntz de Sucy en Brie, Monsieur Buntz d'Ormesson, Soeur Juncker de Boissy et Mlle Hetzel.  Mlle Hetzel est nommée présidente de ce comité. Une petite unité commence donc à Boissy en cette rentrée d'automne 1946

Souvenirs du temple de Boissy en 1947

Soeur Marthe Juncker exerce comme Pasteur à Boissy, elle prépare les mariages et les bénit. C’est le cas le samedi 1er mars pour Henri Lebeau  (29 ans) et Roberte Vallet (25 ans) tous les deux de Boissy qui élisent domicile chez la famille de la mariée, rue de Valenton. Puis le frère de Roberte se marie à son tour le samedi 5 avril. Soeur Marthe Juncker bénit le mariage  de Christian Vallet (26 ans) et de Louise Audinot (21 ans) qui s’installent aussi à Boissy, rue de Valenton.

Le 16 mars sous l'impulsion de Soeur Marthje Juncker le comité des Éclaireurs unionistes se réunit à Boissy-St-Léger et décide l'achat de matériel de camp financé par les cotisationq.

Le dimanche 18 mai ont été reçus dans l’Église sept catechumènes: Jeannine Beynon, 14 ans née à Paris, Yvonne Lemahieu, 14 ans née à Paris et son frère Robert Lemahieu 16 ans né à Paris, Jacques Bertrand, 17 ans  né à Villecresnes, Jean Bonnardet 17 ans né à Anthony et son frère Piere Bonnardet 19 ans  né à Bois-Colombes,  Armand Maïer 14 ans né à Boissy-St-Léger.

Les sept catechumènes prirent part pour la première fois à la Sainte-Cène le dimanche de Pentecôte 25 mai 1947.  Soeur Marthe Juncker présida seule les deux cultes.

La famille Beynon  habitait rue Massenet à Sucy, où elle se trouvait déjà en 1942. Le docteur Bertrand habitait Villecresnes où celui-ci avait une Clinique. Sa famille était également rattachée à la paroisse de Villeneuve. Madame Bonnardet habitait Boissy-St-Léger rue Georges Picot avec ses enfants, déjà en 1938. Les Lemahieu et les Maïer étaient dans la paroisse depuis peu de temps.

Soeur Marthe Juncker bénit le mariage le  samedi 7 juin  de Jean Mauromati (28 ans)  de Brévannes, rue de la Sablière et de Madeleine Guitton (27 ans)  de Boissy-St-Léger, route nationale.  Les époux élirent domicile dans la famille de la mariée.

Le Dimanche 20 juillet le comité des Éclaireurs de Boissy participe à la Campagne des amis des Éclareurs et réalise une quête en faveur du mouvement. En mars déjà une Bonnameaux avait été achetée pour permettre aux Éclaireurs de camper et de faire leur cuisine au feu de bois. C'est aussi ce jour là que fut versée une somme importante à la troupe du Parc de saint-Maur pour la participation au camp d'été d'un Éclaireur de Boissy. 

Le mercredi 10 septembre Soeur Marthe Juncker  bénit le mariage de Jean Frémy  (48 ans) avec  Marcelle Doutté,( 36 ans) domiciliés à l’hôpital de Brévannes.

Souvenirs du temple de Boissy en 1948

Quatre catechumènes furent reçus dans l’Église le dimanche 9 mai.: Micheline Vernier 18 ans née à Antalaha (Madagascar), Claude Baillard 14 ans, né à Saint-Maur des Fossés, Pierre Heine (14 ans) né à Paris, Philippe Piller 16 ans, né à Paris

Excepté Micheline Vernier, les trois garcons Claude, Pierre et Philippe prirent part pour la première fois à la Sainte Cène le dimanche 16 mai, jour de Pentecôte. Ces deux cultes furent conduits par Soeur Marthe Juncker de même que le culte de Noël

La famille Piller habitait Brévannes avenue Wilson depuis 1942; aucune indication sur les addresses des familles Baillard, Heine et Vernier

Lors du culte de Noël  Samedi 25 décembre ont été reçus dans l’Église et ont pris part à la Sainte Cène, Mr et Mme Noël Papillon.

Souvenirs du temple de Boissy en 1949, l'année de la fin de l'Indépendance de Boissy

Pour Soeur Marthe Juncker, après le culte dominical du 2 janvier l’année commence le jeudi 6 par la bénédiction d’un mariage peu banal.  Il s’agissait de René Baillez (76 ans) avec Félicité Sur (65 ans). Ils n'avaient pas de projet d'enfant, pourtant Soeur Marthe Juncker ne fit aucun obstacle à leur maruage. Ils habitèrent à Boissy rue Henri Legros. Il s’agit du dernier mariage bénit par Soeur Marthe Juncker, car elle n’était plus autorisée par le Pasteur de Villeneuve.

Le 24 avril Soeur Marthe Juncker préside le culte de Pâques à Boissy et baptise le jeune  Alain Terrioux, dont elle avait béni le mariage des parents en septembre 1946. Ils habitaient toujours rue de la Somme à Sucy.

Le dimanche 21 mai Soeur Marthe Juncker reçoit dans l’Église six catechumens qu’elle a préparé.  Paulette Bastide  14 ans née à Paris, Denise Maïer 14 ans née à Boissy-St-Léger, Jean Salagnac 14 ans né à Boissy-St-Léger,  Anik Dooking 19 ans né à Paris, Odette Métayer 16 ans née à Paris, Paulette Grandjean 16 ans né à Villeneuve St Georges.

De même le dimanche 29 mai Soeur Marthe Juncker baptise une catéchumène de 16 ans, Paulette Grandjean. Elle habitait chez ses parents rue Clémenceau à Limeil.

Le 2 juin le mariage  de Serge Hellet et de Christiane Loubat de Saint-Mandé fut béni par un ami de la famille l’aumônier des hopitaux Marcel Pfender (ERF)..

Le dimanche 5 juin, jour de Pentecôte, les catéchumènes reçus dans l'Église  participèrent tous les six pour la première fois à la Sainte-Cène au temple de Boissy. Ce fut la dernière fois que Soeur Marthe Juncker put  préparer des catchumènes et les accueillir dans l’Église car le Pasteur de Villeneuve, président du Conseil presbytéral commun à Villeneuve, Corbeil et Boissy lui retira le droit de le faire pour les années suivantes..

 La prise de pouvoir par le Pasteur de Villeneuve en été 1949 et la marginalisation de Soeur Marthe Juncker allait avoir un effet dévastateur sur la communauté de Boissy-Saint-Léger.Le pasteur Jean Bourguet me disait qu'il se conduisait comme un évêque qui décidait de tout.

Le samedi 22 juillet le pasteur André Fabre de Charenton bénit le marriage de Paul Piaud (25 ans)  et de Christiane Salagnac. (19 ans).  La famille Salagnac résidait à Boissy depuis 1942 et était très proche de Soeur Marthe Juncker, mais Boissy était devenue une annexe et avait perdu son indépendance.

L’année 1949 se poursuit par un premier mariage présidé par le Pasteur de Villeneuve St Georges (ERF). Il était entré dans le ministère en 1940.  Le samedi 8 octobre 1949,  il bénit le mariage de Lucien Rauzier (33 ans) et de Edmonde Chadebaud (26 ans) qui habitent  Brévannes, rue Émile Zola. Cependant il ne baptisera pas la fille de cinq ans de ce couple et demandera à un laic de Boissy,  le Dr Schlemmer de baptiser  Danielle Rauzier  au cours du culte du lendemain, dimanche 9 octobre aussi au temple de Boissy. 

Le Pasteur de Villeneuve, gendre du Pasteur Durrlemann de La Cause, n’avait pas manqué de remarquer que l’ancienne école normale d’institutrices créée en 1858 et fermée en juillet 1953 pouvait devenir une annexe du Cours Bernard Palissy  de Paris.  Il fallait obtenir de la famille Hottinguer que cette école soit cédée gratuitement à La Cause. Malgré sa persevérance La Cause n’obtint qu’une location de l’école et qu’une partie du terrain.  La SEIPP resta propriétaire et transmettra ses droits à la Fondation Pasteur Eugene Bercier. Le temple de Boissy et son parc arboré ne faisaient pas partie de la location.

Souvenirs du temple de Boissy en 1950:

C’est le Pasteur Pierre Bourguet, futur Président du Conseil national de l ’ERF qui baptise le 11 mars Jean-François Gimon  (23 mois)   dont les parents habitent rue Henri Legros à Boissy.

Cette année là les préparations de catechumènes ne furent pas confiées à Soeur Marthe Juncker et la catéchèse fut regroupée à Villeneuve. L’accueil dans l’Église et les premières communions furent maintenues aux dates habituelles. L’accueil dans l’Église se pratiqua le dimanche précédant Pentecôte et la première communion eut lieu le jour de Pentecôte. Pour des raisons personnelles l’une des catechumènes Henriette Henryon fut reçue dans l’Église et participa à la Sainte-Cène le 18 mai, Jeudi de l’Ascension et c’est le Pasteur Wallet qui fit le baptême.

Le samedi 22 juillet le Pasteur André Fabre Pasteur à Charenton bénit le mariage de Paul Piaud (25 ans) avec Christiane Salagnac (21 ans) qui s’installent rue Georges Picot à proximité du temple de Boissy.  Christiane Salagnac avait fait son catéchisme avec Soeur Marthe Juncker  et avait mal vécu qu’elle ne puisse bénir son mariage.

Le Pasteur Wallet baptisa aussi le dimanche 15 octobre 1950 Jean-Daniel Forest dont les parents habitaient Sucy en Brie, rue du Clos de Ville. 

Le samedi 21 octobre, le mariage de Robert Trubert (21 ans) et de Jeannine Salagnac, rue Georges Picot à Boissy fut béni par le Pasteur de Villeneuve.  Jeannine aurait souhaité que Soeur Marthe Juncker, sa catéchète, bénisse son mariage, mais cela lui fut refusé.

Souvenirs du temple de Boissy 1951:

Soeur Marthe Juncker n’a plus la charge des catechumens, ni des mariages.  Elle peut encore baptiser des enfants. Le dimanche 13 mai jour de Pentecôte elle baptise Jean-Luc Terrioux fils de Roland et de Lucienne Bieder, domiciliés rue de la Somme à Sucy. Elle signe: Le Pasteur (officiant), Soeur Marthe Juncker.  En effet elle n’est plus le Pasteur de Boissy. Le Pasteur Wallet signe “Pasteur de Corbeil-Villeneuve-Boissy”.

Le Pasteur de Villeneuve  bénit le mariage de Guy de Lanelon (24 ans) avec  avec Monique Hohl (22 ans). Les Hohl habitaient rue des Boulards à Sucy

Le 12 juillet Soeur Marthe Juncker baptise Alice Préault fille de Maurice Préault et de Odette Loubière domiciliés rue du Président Wilson à Brévannes.  Odette Loubière avait été élève de l’école normale d’institutrice. Les Loubière étaient une vieille famille de Brévannes d’avant 1935 et résidant rue des Chalets. Maurice Préault fut un conseiller municipal actif de Boissy St Léger, un complexe sportif porte son nom. Odette fut une paroissienne très fidèle de l'Église protestante de Boissy.

Le samedi 28 juillet  nouveau mariage par le jeune  assistant de paroisse Paul Bechdolff (ERF) qui bénit le couple de Pierre Jenny (26 ans)  et de Michèle Crouzet (19 ans) de Sucy.  Il entra dans le ministère l’année suivante.

Le 30 décembre c’est le Pasteur Maurice Voge (ERF-MP) qui baptise Marc-André Hadey dont les parents habitent rue de Paris à Boissy.

Le Pasteur de Villeneuve ne peut assurer seul les deux paroisses. Il fait venir d’autres pasteurs pour les mariages alors qu’il pourait demander à Soeur Marthe Juncker de s’en charger. Le nombre de catechumènes baisse.

Souvenirs du temple de Boissy en 1952           

Les baptèmes de Martine Aku (4ans) et Jean-Luc Aku (1 an) ont lieu le 13 janvier, le pasteur de Villeneuve officie ce dimanche-là à Boissy.

Le Pasteur Wallet prépare les catéchumènes, à Boissy avec l’aide de son beaufrère le Pasteur Christophe Durrlemann. La Cause et le Cours Bernard Palissy de Paris prenaient en charge les anciens locaux de l’école normale.  C’est maintenant à l’Ascension le jeudi 22 mai que les catéchumçnes de Boissy sont reçus dans l’Église: Ils sont deux: Christiane Guitton (15 ans) et Claude Motheron (15 ans). Pour le culte de Pentecôte le Pasteur Wallet reste à Villeneuve et c’est Soeur Marthe Juncker qui exceptionnellement préside le culte à Boissy où les deux catéchumènes ont pu prendre part à la Sainte-Cène pour la première fois.

Mais ce jour de Pentecôte trois baptèmes préparés par Soeur Marthe Juncker rassemblent les anciens de la paroisse de Boissy autour de la famille Guitton-Mauromati. Jeannine Mauromati (4 ans), Daniel Mauromati (3 ans) Jacky Mauromati (15 mois) tous trois nés à la Clinique du Dr Bertrand à Villecresnes sont baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit par la Diaconesse préférée des Boisséens.

Le décés le 26 mai de Monsieur Jules Pailler en son domicile rue Molière à Susy va être accompagné par Soeur Marthe Juncker qui préside le service funèbre le 29 mai au cimetière de Sucy.

Souvenirs du temple de Boissy en 1953

Pas de reception dans l’Église de catéchumènes à Boissy en 1953.  

Le Pasteur Wallet célèbre le service funebre le 19 février de Madame Barraud décédée le 16 à son domicile de la route Nationale (Marechal Leclerc) à Boissy. 

Le Pasteur de Villeneuve bénit le marriage le 17 avril 1953 de Jean-Pierre Bertrand (25 ans) de Villecresnes et de Micheline Borne (26 ans) qui s’installent à Epluches hors de la paroisse.

Le mariage de Pierre Pouget et de Claudine Guyon (23 ans) est béni par le Pasteur de Villeneuve le 22 mai 1953.  Ils s’établissent avenue de Verdun à Brévannes. Le Pasteur Wallet signe Pasteur de l’Église réformée de Corbeil-Villeneuve-Boissy, pour qu'il n'y ait aucune ambiguité sur son autorité.

Soeur Marthe Juncker continue à faire des baptèmes et persiste à signer le Pasteur sur le registre. C’est ainsi qu’elle baptise Christian Piaud (14 mois) le 7 juin, fils de Paul et de Christiane Salagnac qui résident rue Georges Picot à Boissy. Leur mariage avait été béni en juillet 1948. Le 9 aout Soeur Marthe Juncker baptise deux enfants du couple Lebeau/Vallet domicilié rue de Paris à Boissy. Solange Lebeau (5 ans) et Jacques Lebeau (13 mois) .  Le 15 aout Soeur Marthe Juncker baptise Michel Gaston fils de Claude Gaston et de Huguette Pesca, domiciliés  rue Jean Moulin à Sucy en Brie.

Si Soeur Marthe Juncker se trouvait en Alsace Lorraine rien ne pouvait l’empêcher de bénir des mariages ou de préparer les catéchumènes où des femmes étaient Pasteur depuis 1944, mais en France de l’intérieur le sexisme créait des souffrances à l’intérieur de l’Église. Soeur Marthe Juncker avait fêté ses 70 ans cette année là; elle méritait mieux pour arrêter son ministère, l’Église de Boissy méritait mieux aussi pour vivre une vie de paroisse.

Souvenirs du temple de Boissy en 1954

L’aumônier des hôpitaux Raymond Querouil est sollicité pour faire un culte à Boissy le 16 mai et par la même occasion baptiser deux enfants de M. Claude Schick et de madame née Jeanne Villard., domiciliés rue Conturaud à Sucy.: Françoise Schick (2 ans) et Jean-Claude Schick (1 an).

Le dimanche suivant 23 mai, trois jeunes filles sont confirmés dans l’Alliance de leur baptême à Boissy, pourtant ils ne sont pas de Boissy, car à Boissy il n’y a plus de catechumènes, mais il y a encore un beau temple et un beau parc. Les confirmands Claude Granay, Ghislaine et Josiane Bastet

Le Pasteur de Villeneuve baptise Philippe un enfant de 12 jours, fils du coupls Jean Laguien et Thérèse Hotz.résidant ponctuellement à Villeneuve St-Georges et habituellement en côte d’Ivoire à Divo.

Soeur Marthe Juncker n’est plus sollicitée, même pas pour les baptêmes.

Souvenirs du temple de Boissy en 1955

Le Pasteur de Villeneuve bénit le marriage de M Pierre Henri  et de Mme Yvonne Henri (née Debrure)  le samedi 28 mai.  Ils sont tous les deux de Sucy-en-Brie.

Le 29 mai, le Pasteur Jean Bosc, docteur en théologie sollicité pour présider un culte, baptise un petit fils du docteur Bertrand de Villecresnes. Il s’agit de Hugues Bertrand (20 mois) fils de Jean-Pierre et de Micheline Bertrand (née Borne).

Pas de catechumènes cette année là. Certaines familles, notamment de Sucy-en-Brie sont attirées par le pasteur et la paroisse de Saint-Maur, alors que celles de Villecresnes et de Lésigny vont plus volontiers à Villeneuve. Il est urgent de réagir en permettant à la paroisse de Boissy d'avoir plus d'indépendance, comme du temps du pasteur Paul Schmidt ou des cinq premières années du ministère de Soeur Marthe Juncker. 

Le Pasteur Pierre Wallet a célébré le 14 juin le service funèbre de Madame Delfieu au cimetière de Limeil, après la levée de corps à son domicile rue des Chalets à Brévannes. Les Delfieu étaient une vieille famille de la paroisse dont on trouve des signes de sa presence avant 1935.

Il reste à Soeur Marthe Juncker quelques uns de ses fidèles, le 26 juin elle baptise Marc Ali Trubert (3 ans) fils de Maurice Trubert  et de Renée (née Chavenon). Ils habitent rue Louis Boon à Sucy. Vingt années plus tard ils avaient toujours le souvenir ému d'avoir connu et souvent reçu chez eux la diaconesse de Boissy. 

Le Pasteur de Montreuil Fernand Rodet a été sollicité pour bénir un mariage au Temple de Boissy. Il s’agit du fils Raymond Kuntz dont les parents Charles et Caroline  habitent rue Chevreul à Sucy. La mariée est Jacqueline née Majault d’Ormesson.

Le dimanche 24 juillet Soeur Marthe Juncker baptise deux enfants de Gabriel Domokos et de sa femme Rose, née Panozel. Ils habitent rue de la Lune à Boissy.  Les jeunes baptisés sont Gabriel (10 ans) et Gérard (4 ans). Ce seront ses deux derniers baptêrmes, avant son accident mortel sur la route Nationale quelques mois plus tard.

Le dimanche 7 aout 1955, le vieux pasteur Alfred Escande a été sollicité pour faire le culte à Boissy. À cette occasion il baptise Laurent Chapaton (8 mois).  Ses parents Laurent Chapaton et Jacqueline (née Speck) habitent  avenue de Mandres à Brunoy, tout près de Villecresnes.

Le Pasteur de Villeneuve bénit un mariage, mais oublie d’en indiquer la date sur le registre. Georges Charles (29 ans) et Yvonne Lemahieu (22 ans) se marièrent probablement à la fin de l'été ou en automne 1955. On pourrait retrouver la date du mariage civil à Brévannes puisque c'est dans cette commune qu'ils avaient leur domicile,  rue Jean-Marie Prugnot, 

 

Souvenirs du temple de Boissy en 1956

L'année 1956 est la plus catastrophique pour Boissy. Entre aout 1955 et mars 1957, un seul baptême à Boissy

C’est le Pasteur à la retraite André Fabre qui venu de Paris le 16 décembre 1956, a baptisé Dominique, Daniel Besse (6 mois).  Il est intéressant de voir que ses parents Daniel et Claude Besse habitaient sur les Hauts de Brunoy du côté de Villecresnes.  Une nouvelle frontière se dessinerait-elle entre les paroisses de Villeneuve et de Boissy ?

Pas de mariage  non plus en 1956. Pas de confirmation cette année là. 

C'est donc en 1956 que se termine le ministère de Soeur Marthe Juncker à Boissy, un ministère de plein exercice jusqu'en 1949 où la parosse et sa jeunesse se développent, un ministère sous tutelle après cette date.où l'on voit apparaitre des déceptions et des désaffections.  

Une nouvelle période, qui va durer jusqu'en 1963, va prolonger la situation difficile de Boissy, puisque le pasteur de Villeneuve va organiser son temps entre les deux paroisses en habitant Villeneuve et en confortant un rôle d'annexe à Boissy.

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13 décembre 2014

QUELQUES PSAUMES ET CANTIQUES POUR LE CULTE À BRIE

 CANTIQUE 41/28 : À DIEU SOIT LA GLOIRE

Parole d'Elizabeth Schurer-Curie, ARC 1988, William Howard Doane, 1832-1916.

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 CANTIQUE 12/01: JE LOUERAI L'ÉTERNEL (Psaume 9) - Mélodie Claude Fraysse

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CANTIQUE  14/03 : MAGNIFICAT, Magnifique est le Seigneur, Paroles Philippe Béguerie, Musique Soeur Thérèse Donnet.

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 CANTIQUE 41/35 : NOUS T'ADORONS, NOUS T'AIMONS..Paroles Heinz Suder 1981, mélodie Donna Atkins 1976

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PSAUME 92: OH !QUE C'EST CHOSE BELLE- Paroles Théodore de Bèze, Mélodie Genève 1562 - 

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PSAUME 8, TON NOM SEIGNEUR EST UN NOM MAGNIFIQUE, Paroles Clément MAROT, Mélodie Genève 1551.

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CANTIQUE 13/03 : QUAND LES MONTAGNES S'ÉLOIGNERAIENT, Texte Esaïe 54, 10ss, Mélodie John van den Hagen

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Les cantiques et les psaumes avec leurs musiques pour la louange.

On remarquera que le Psaume 92 a été mis en paroles par Théodore de Bèze que Jean Caraccioli pasteur à Brie-Comte-Robert avait rencontré à Genève avec Jean Calvin, au colloque de Poissy avec Pierre-Martyr Vermigli, ainsi qu'à Orléans. On remarquera aussi que les paroles du Psaume 8 ont été mises en français par Glément Marot en 1551,

 

 

29 novembre 2014

DÉBUTS DU PROTESTANTISME À BRIE-COMTE-ROBERT

LA RÉFORME ACCUEILLIE PAR LES BRIARDS

Le début de la Réforme de Luther en Allemagne est souvent daté du 31 octobre 1517, jour de l'affichage public de 95 thèses conçues  principalement contre les indulgences et leur trafic.

Fabri-Lefevre-d-Estaples

En France, Lefèvre d'Estaples, spécialiste des saintes écritures, auteur en 1509 d'un commentaire sur les Psaumes et en 1512 d'un autre commentaire sur les épitres de Paul va avec l'appui de l'évêque de Meaux, Guillaume Briçonnet, traduire le Nouveau et l'Ancien testament en français, non pas seulement à partir de la Vulgate qui est déja une traduction en latin, mais directement à partir du grec et de l'hébreu, langues dans lesquelles la Bible a été écrite. Ils constituent en 1521 le Cénacle de Meaux avec des amis et des anciens élèves du traducteur. Ils forment les prêtres du diocèse à la lecture de la Bible et à la prédication afin de pouvoir se dispenser des moines capucins qui ne savaient que prêcher la peur de l'enfer et les tourments du purgatoire lors des conférences de l'Avent et de Carème. Ils n'ont pas le même projet que les luthériens allemands car ils restent au sein de l'Église catholique. Cependant la persécution atteint aussi les "Bibliens de Meaux"; la défaite de François 1er à Pavie et sa captivité jusqu'en en 1525 permet à la Sorbonne de pourchasser les prédicateurs de l'Évangile et même de les lapider ou de les faire périr sur un bucher, ce qui conduit ceux-ci à la clandestinité. Les évangiles et les bibles en français sont saisis et brûlés. L'école biblique du Cénacle de Meaux est fermée en 1524. Les professeurs se dispersent. Pour continuer à lire les Évangiles en français les Briards constituèrent des petits groupes dispersés dans le diocèse et aux abords de Meaux une communauté nouvelle, germe en 1530 d'une première Église protestante en France (celle de Paris est de 1543). L'Église réformée (protestante) de Meaux sera officiellement reconnue par Genève en 1546, mais ce fut aussi l'année où 14 membres de cette nouvelle Église furent brûlés vifs sur la Grande place du Marché de Meaux. D'autres communautés protestantes commencèrent à se former par toute la Brie qui ne pouvait plus se passer de la lecture de la Bible en français.

L'influence de Jean Calvin en France (depuis Genève) peut être datée de la publication de son oeuvre "L'institution de la religion chrétienne" en 1536, donc après le Cénacle de Meaux.

LA FONDATION DE L'ÉGLISE PROTESTANTE DE BRIE-COMTE-ROBERT 1560-1564.

Les années 1560-1561 peuvent être considérées comme celles de la fondation des Églises protestantes de Melun et de Brie-Comte-Robert. On note déja dès 1551-1555 la présence de plusieurs protestants à Brie-Comte-Robert, mais persécutés certains quittent la ville pour des lieux réputés plus hospitaliers. Il s'agit par exemple de Zacharie Durand qui était libraire, Michel Pilloust qui par sa profession de fontainier assurait l'acheminement de l'eau potable, Mathieu Sebise en qualité d'armurier fourbissait les armes, Loys de Vallois était peintre et verrier. Cet artiste, parti ensuite exercer son art à Lyon, aurait réalisé plusieurs vitraux de l'église Saint-Etienne sur des thèmes familiers aux protestants:  d'une part l'échelle de Jacob et sa lutte avec l'ange et d'autre part, la prédication du Baptiste dans le désert et le baptême de Jésus dans l'eau du Jourdain. Ces vitraux décorent toujours l'église de Brie.

Les protestants tinrent quelques assemblées publiques à Brie-Comte-Robert, entre autres le 21 avril 1561 où ils furent molestés selon les Mémoires de Madame Duplessis-Mornay. Ces incidents n'empéchèrent pas leur développement. Un grand nombre d'habitants de cette ville embrassèrent au XVIe siècle les opinions religieuses du protestantisme. C'est pourquoi en 1562 , Brie-Comte-Robert fut par ordonnance du Roi, placée au rang des villes où l'exercice de cette religion nouvelle était permis. Cette permission fut retirée en 1564 d'après les Mémoires du Prince de Condé. il y avait ausi à la même époque des cultes protestants à Coulommiers, Chalendos, Touquins, Lumigny, Meaux, Claye, Lizy,.. 

À Brie-Comte-Robert le 26 février 1563, Anthoine Caraccioli, Prince de Melphes, qui fut évêque de Troyes de 1551 à 1561, écrivit aux ministres et pasteurs de l'Église d'Orléans pour les éclairer de sa conduite et les assurer de son adhésion aux principes de la Réformation religieuse. Devenu ministre protestant en 1561 à Troyes, peu avant son départ de cette ville, il séjournait au château de Brie-Comte-Robert  parce qu'une de ses soeurs, épouse de Jean-François d'Acquaviva, duc d'Atry, en avait la jouissance et parce qu'il était venu prêcher pour les chrétiens de Brie.

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Le château de Forcilles entre Chevry et Servon servait aussi de lieu de culte moins exposé que celui de Brie-Comte-Robert. On note à l'époque les familles de Feuquières, Guy Arbaleste, seigneur de la Borde, président de la Chambre des comptes, Duplessis-Mornay, François de La Noue dit Bras de Fer, Jehan Chabouillé, procureur du Roi et avocat au Chatelet de Melun. Jacques du Moulin, siegneur de Servon... Antoine Caracciolli écrivait et publiait; on a de lui un livre Mirouer de la vraye religion, ainsi que des poèmes et des épitres.

Chateau_brie Château de Brie où résidait Antoine Caraccioli, Prince de Melphes, qui aurait voulu rester évêque catholique de Troyes tout en étant reconnu comme ministre du Saint-Évangile par les protestants.

Les villes aux faubourgs desquelles l'exercice de la nouvelle religion a été ordonné en 1562 "pour contenir le peuple en repos et tranquilité, faire librement leurs presches sans aucun empêchement et prier" étaient d'après les Mémoires de Condé : "Quincy-Meaux, Vitry, Provins, Nogent et Brie-Comte-Robert." 

LE PREMIER TEMPLE DE BRIE-COMTE-ROBERT

L'Édit de 1562 autorisait les prêches à l'extérieur des remparts de ces villes, dans les faubourgs. La tradition orale indique que les protestants se rassemblaient dans une maison (appelée prêche) sise probablement vers le 5 rue des Tanneries. Cette rue était bien en dehors des remparts, ceux-ci suivaient la rue Grenouillère actuelle. Nous n'avons pas d'indication précise sur le lieu exact où les premiers protestants de Brie lisaient la Bible en français, priaient et chantaient des Psaumes dont plusieurs avaient été mis en vers en français par Clément Marot (1496-1544).

Clement_Marot-Psaumes 

Suit ici un extrait de la traduction du Psaume 9 par Clément Marot :  

De tout mon cœur t’exalteray

Seigneur, et si raconteray

Toutes tes œuvres nompareilles,

Qui sont dignes de grans merveilles.

 

Page réalisée par l'Église protestante unie de Brie-Comte-Robert  tel: 06 20 06 19 32.