LA RÉVOCATION DE L'ÉDIT DE NANTES (en 1685) AVAIT FAIT DISPARAITRE PRESQUE TOUS LES PROTESTANTS ENTRE LA-QUEUE-EN-BRIE ET BRIE-COMTE-ROBERT  

Les Protestants, grâce aux lois napoléoniennes (18 germinal An X) purent se regrouper en Consistoires et rebâtir des assemblées et des temples là où ils se réunirent en nombre suffisant. Mais de vastes zones avaient subi des persécutions tellement sévères qu'ils avaient émigré ailleurs dans des pays plus hospitaliers. L'une de ces zones dépourvues de protestants se trouvait au sud-est de Paris, dans cette partie de la Brie qui va de la rive gauche de la Marne jusqu'à Brie Comte Robert et au delà.  Pourtant; avant la destruction du temple historique de Charenton, de nombreux protestants habitaient cette région.

Une renaissance du protestantisme put s'effectuer deux siècles plus tard en raison de la proximité de la capitale et de l'engagement d'une famille. Les Hottinguer (aliés aux Delessert) propriétaires du chateau du Piple à Boissy-Saint-Léger furent les soutiens d'une résurrection de la présence protestante dans cette partie de la Brie.

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Le protestantisme à Boissy-St-Léger était probablement peu représenté dans la commune et dans les environs quand Jean-Conrad Hottinguer, banquier d'origine suisse, acheta en 1819 le chateau du Piple situé entre Boissy-St-Léger et Sucy en Brie.

La famille Hottinguer occupa peu ce château dans les premieres années; Jean-Conrad est décédé le 11 septembre, 1841 à 77 ans et fut enterré au cimetière du Père Lachaise à Pais car  les Hottinguer n’avaient pas encore de tombe familiale à Boissy-St-Léger.

Jean-Henri Hottinguer,

Son fils Jean-Henri Hottinguer assurait déjà sa succession à la banque familiale en 1833. Il fut un banquier reconnu par les services de l'État et par ses pairs, comme l’atteste sa nomination la même année de Régent de la Banque de France. Deux ans plus tard il était aussi Directeur de la Caisse d’Epargne et de Prévoyance de Paris. Cela ne l’empêchait pas d’affirmer son protestantisme avec conviction.

Baronne_Hottinguer,_née_Caroline_Delessert_par_FX_WinterhalterIl avait épousé Caroline Delessert en 1832, fille de banquier qui au fil du temps et avec la disparition de son oncle Gabriel en 1858, puis de son frère Benjamin en 1868 devint la principale héritière de la famille Delessert. Caroline soutenait des oeuvres caritatives nombreuses et en créa d'autres avec ses ressources propres. Par exemple un dortoir avec six lits et six berceaux pour des femmes récemment accouchées et sans ressources. C'était une innovation à l'aube de ce qui sera plus tard l'Asile maternel. Jean-Henri et Caroline voulurent restaurer et rénover le château du Piple, mais n’en firent pas une de leurs priorités même s’ils  transformèrent  ce château en une résidence princière 25 ans après leur mariage. Leur deuxieme fils Henri-François naquit le 8 septembre 1846 au chateau du Piple et leur enracinement à Boissy-St-Léger amena Jean-Henri à devenir maire de la commune de 1844 à 1852.

Caroline Delessert/Hottinguer

Leurs convictions protestantes les poussèrent à adhérer au projet de la SEIPP, "Société pour l’encouragement de l’instruction primaire parmi les protestants de France"  une association  qui oeuvrait depuis 1828 pour le développement des écoles et la formation des instituteurs protestants. Il existait alors une école normale protestante d’instituteurs à Courbevoie dirigée par le Pasteur Gauthey, mais preque rien pour la formation des institutrices. Or les écoles de filles faisaient cruellement défaut en France aux familles protestantes de cette époque dont le choix se limitait souvent aux écoles catholiques tenues par des congrépations religieuses anti-protestantes,  ou aux écoles laïques, à l'athéisme militant et aux positions anti-religieuses.

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Jean-Henri  proposa alors à cette association dont il fut le vice-président, de lui céder des terrains et une grande et belle maison pour la transformer en École normale d’institutrices. Non seulement il finançait la transformation de la maison en École normale équipée d’un pensionnat de jeunes filles, mais en plus il fit don d’une rente annuelle importante pour son entretien.

Le Journal des débats politiques et littéraires du 1er mai 1854 exposait:

Une École Normale primaire pour former des institutrices , a été fondée cette année par la charité généreuse et éclairée d’un de nos frères. Nous en sentions tous depuis longtemps le besoin et le désir; M. Henri Hottinguer y a pourvu d’un seul coup. Il a offert et donné à la SEIPP, d’abord une excellente maison avec un grand jardin, situé à Boissy-Saint-Léger près de Paris, et très propre à recevoir une École Normale, puis il a doté cette maison d’une rente annuelle et perpétuelle de 5200 fr. Ce qui assure à jamais son avenir.(…) Les protestants de France devront ainsi à M. Hottinguer une pépinière incessament renouvelée d’institutrices capables d’élever chrétiennement leurs filles, comme l’École Normale de Courbevoie leur fournit, pour leurs fils, des instituteurs chrétiens.

L’École Normale de Boissy put réellement ouvrir et accueillir ses neuf premières élèves le 28 janvier 1858, quatre ans après le début des démarches. Ces élèves venaient de l'établissement situé à Paris rue Neuve-Ste-Geneviève. Pour ceux qui aiment les dates précises, la donation fut annoncée par Jean-Henri Hottinguer le 5 janvier 1854, elle  put être actée devant notaire le 9 mars 1857 et l’Etat autorisa le président de la SEIPP à accepter cette donation le 20 juillet 1857. La première directrice fut madame GIROUD-FERROER, secondée par Mlle de Coubeyre. Mais cette adjointe démissionnant, elle futt remplacée par Mlle Banzet dès 1859. Elles assuraient tous les cours à elles deux, excepté les cours de musique. Par ailleurs le pasteur Elie CASTEL dispensait chaque semaine un cours d'instruction religieuse et présidait le culte dominical dans les locaux de l'École normale. La famille Hottinguer et Mme François Delessert, mère de Caroline Delessert s'y joignaient souvent.

En 1859 aussi il est réalisé un petit pensionnat, pour élèves de 7 à 15 ans constituant une "petite école" d'application pour les élèves institutrices. 

casalis-1833

À la même époque, Caroline Delessert, qui avait passé sa jeunesse au village de Passy (rattaché à la commune de Paris en janvier 1860) où elle disposait  de plusieurs biens immobiliers encouragea le pasteur-missionnaire Eugène Casalis (portrait ci-contre) à développer une école du dimanche dans la propriété de son enfance et à y présider le premier culte de la future Église protestante de Passy-Annonciation (1856). Elle se joignait ainsi à sa mère, veuve de François Delessert, qui s'occupa des enfants  du pasteur Eugène Casalis, orphelins de mère.

Les années qui suivirent firent prendre conscience au couple Hottinguer de l’importance que constituerait un temple protestant, qu’on pourrait appeler "chapelle évangélique" et qui serait à la fois la chapelle du chateau du Piple, le rendez-vous des prières et des chants de l’École Normale et le temple des protestants des environs. En sa qualité de banquier il avait contribué à réaliser la ligne de chemin de fer de Paris-Bastille à Boissy-Saint-Léger, et l'avait faite prolonger jusqu'à Brie-Comte-Robert. La Compagnie de l'Est dont il était l'un des principaux administrateur en avait la concession.  Le 22 septembre 1859, elle est ouverte jusqu'à Saint-Maur. Ce n'est que le 5 septembre 1872, après la guerre, que la ligne atteint Sucy et Bonneuil. Les élèves de l'École normale passaient par le château du Piple pour rejoindre la gare la plus proche. 

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Henri Hottinguer et sa femme Caroline avaient réfléchi à la construction de ce temple-chapelle, prié ensemble pour sa réalisation. Ils s’étaient promenés dans le parc pour choisir le futur emplacemernt, c’était vers 1865. Mais voilà que différentes épreuves survinrent. La mort de son mari Jean-Henri en 1866 affecte profondément Caroline, ainsi que les décès de son père François Delessert et de son frère Benjamin en 1868, puis avec la guerre de 1870, la mort de son gendre, mari de sa fille Amélie, le colonel Philippe Conquéré de Montbrison, Colonel de la Garde Nationale. dont la mort au champ d'honneur survient en janvier 1871. Énormes épreuves pour Caroline et ses trois enfants Amélie, Rodolphe et Henri-François.

chaire-boissy-dec2009

Mais Caroline ne se laissera pas abattre par le chagrin et décide de bâtir quand même ce temple de Boissy qu’elle avait promis à son mari pour les habitants de Boissy-Saint-Léger et ses environs afin qu'ils puissent  « être sanctifiés par les saintes prédications de ceux qui viendront bénir Dieu dans ce temple »  

Elle demande l’aide du Pasteur Eugène Casalis, ancien missionnaire au Basutoland ( Lesotho )  devenu en 1855 Directeur de la Société des Missions de Paris et Pasteur au village voisin de Passy. Elle choisit l’architecte H. Le Clerc et fait appel à un cousin par alliance, le sculpteur Auguste Bartholdi, pour décorer l’entrée du temple de Boissy d’un haut relief avec deux anges représentant la Foi et l’Espérance. Elle demanda à son fils Rodolphe  d’organiser le plan financier de la construction  du temple. 

La-Foi-et-lEsperance

Le temple, prêt à accueillir des fidèles, ouvrit en avril 1874 et la dédicace du temple, inauguration officielle, eut lieu le jeudi 29 avril 1875 à 15 heures., Le pasteur Eugène CASALIS avait été prévu pour présider le culte d'inauguration, mais malade il fut contraint de demander au pasteur DHOMBRES de le remplacer. Beaucoup vinrent de Passy et de Paris pour y assister, de même que les écoles et les enseignants qui disposaient alors de leur jeudi après-midi. Deux autres pasteurs prirent aussi la parole, les pasteurs KUHN et Eugène BERSIER. Le choeur de l'Église des Billettes s'était déplacé spécialement.

Le temple-chapelle de style roman fut conçu par l'architecte H. Le Clerc pour environ 120 personnes, avec la possibilité de doubler sa capacité grâce à d'immenses portes latérales formant cloison et s'ouvrant sur trois salles annexes.. Au dessus de la porte d'entrée on peut lire, gravé dans la pierre: DIEU EST AMOUR et sur un haut-relief on observera deux anges battant une cloche et  invitant à passer le seuil. L'ange représentant l'Espérance porte une ancre marine sur un bras, il a le visage triste et les yeux tournés vers le monde en proie aux tempêtes; l'ange représentant la Foi porte sur le bras la croix nue du Ressuscité et implore la présence divine, le visage rayonant tourné vers le ciel. Cette œuvre artistique, que la famille Hottinguer conservait avec soins, est restée longtemps inconnue des historiens de l'art. Les cartes postales su début du XXe siècle évitent soigneusement de la représenter afin de conserver cet anonymat. Elle tut réalisée par le célèbre sculpteur protestant Auguste Bartholdi, l'auteur de la Statue de la Liberté, plantée à l'entrée du port de New-York.

hottinger-Delessert

 A l'intérieur du Temple on trouve les noms des trois hommes de la famille de Caroline récemment disparus: Jean-Henri Hottinguer son mari, François Delessert son père et Philippe de Monbrison son gendre.

Dans la plus pure tradition protestante six versets bibliques sont tracés sur les murs de la nef. Ils sont tirés des événgiles, des Actes et d'un psaume.  La chaire, la table sainte portant la Bible sont dans le même axe, face aux fidèles. Un baptistère est situé sur le côté du choeur comme pour lier le baptême à la Parole de Dieu. Le temple fut, dès l'origine, mis à la disposition de l'Église Réformée de France.

Ce lieu de culte fut une bénédiction pour l’École normale et les protestants de la région.  Le Pasteur Eugène Casalis continua à venir à Boissy, notamment après la mort de Philippe de Montbrison, pour présider les cultes, tout en rendant visite à sa paroissienne de Passy. Il était également pendant cette période l'aumônier de l'École normale. Mais, déjà âgé, il devait être remplacé quand il tombait malade . Il pouvait cependant venir de Paris par le train et descendre à la gare de Boissy-St-Léger et même à celle de Brie-Comte-Robert car la ligne était ouverte depuis le 5 aout 1875.

LES PASTEURS AGENTS GÉNÉRAUX DE LA SEIPP ( association propriétaire de l'École normale protestante de Boissy ) contribuent à l'édification de l'Église de Boissy.

L’aumônerie de l’École Normale fonctionnait déjà depuis 1858 pour les élèves et les professeurs dont la plupart restaient le  week-end à Boissy et ne revenaient pas dans leurs familles respectives chaque dimanche. En 1870 la directrice est madame LACLAU, qui est assistée de son mari jusqu'à ce qu'il tombe gravement malade. Il y a 25 élèves institutrices, dont 10 présentent les examens et 12 élèves au petit pensionnat servant d'école d'application. Le pasteur Eugène CAZALIS assure l'instruction religieuse, l'aumonerie et les cultes. Cependant le pasteur LABEILLE est l'agent général de la SEIPP et gère les inscriptions des élèves.

Piple-couleurLes protestants des environs dont certains travaillaient pour le nouveau chemin de fer de Paris-Bastille à Boissy-St-Léger et d'autres pour l’hospice de Brévannes s’agrégèrent à la petite assemblée qui célébrait le culte dominical soit à l’École normale, soit au chateau du Piple.

Précisément en 1858 la SEIPP qui jusque là disposait à son siège social d’un secrétariat à plein temps, confié à un pasteur sédentaire, change de méthode ( les noms des premiers secretaires de la SEIPP furent Laffon de Ladébat, Meyer, Montandon, d’Aldebert )  Le comité directeur de la SEIPP décide de créer un poste d’Agent général et de le confier à un Pasteur itinérant qui irait sensibiliser les paroisses par toute la France à la nécessité de soutenir cette association essentielle pour l’enseignement des jeunes protestants et protestantes de France. Ses tournées valoriseraient la formation des institutrices sortant de l'École de Boissy et dans les écoles normales de garçons et il y recueillerait des fonds

1 - Entre 1858 et 1870 le Pasteur RENOUS travaille pour la SEIPP

Le Pasteur RENOUS fut d’abord choisi. Il a très certainement été associé à la vie cultuelle de la paroisse naissante de Boissy-Saint-Léger et environs, faisant en sorte qu'un même culte réunisse les jeunes filles de l'École normale, leurs enseignantes, la famille Hottinguer et les protestants des communes proches. Son ministère à la SEIPP a pu se dérouler de l’année 1858 à la guerre de 1870 après laquelle on le retrouve au consistoire de Bordeaux. Il semble que le Pasteur Elie CASTEL, aumonier des Diaconesses de Reuilly de 1859 à 1861 fut aussi prédicateur à Boissy, probablement aussi le Pasteur Gaubert et Franck Vermeil. 

Eugène_Casalis-1880

 À leur époque le train de la gare de la Bastille ne va pas plus loin que Saint-Maur.

2 - Entre 1870 et 1882 l’activité de la SEIPP baisse car plusieurs parmi les écoles primaires qu'elle soutient sont fermées pour favoriser les inscriptions des jeunes protestants  dans les écoles laïques de leur quartier. Par ailleurs la guerre a interrompu les cours en aout 1870 et la directrice Mme LACLAU et la sous-directrice Mlle LACLAU sa fille, prit avec elle sept élèves originaires de l'Alsace occupée et les conduisit d'abord près d'Orléans, puis jusqu'à Nérac en Lot et Garonne, tout en assurant leur formation. L'école dévastée ne put rouvrir qu'en novembre 1872. Nous ne connaissons-pas de pasteur de la SEIPP ces années-là. Durant la période 1873-1875 le pasteur Eugène CASALIS (portrait ci-contre en 1880) est plus présent à Boissy-Saint-Léger, répondant volontiers aux invitations de Madame Caroline Hottinguer-Delessert. Il fut pour elle un appui spirituel, et elle fut pour la paroisse de Passy un soutien considérable grâce à l'importance de ses propriétés dans cet ancien village et à sa générosité. En 1872, avec la baronne Madeleine Bartholdi sa soeur elle cède des terrains 3 et 5 rue Lekain à l'Église de Passy dans le but d'y consturire une chapelle et des salles pour servir de dispensaire à des diaconesses. C'est elle qui finance aussi les travaux de réhabilitation de l'école normale dont les Prussiens n'avaient laissé que les murs. Pendant la durée de la maladie du pasteur CASALIS à partir de 1875, le pasteur PELISSIER vint à peu près tous les dimanches pour célébrer le culte. Quand le pasteur CASALIS fut guéri et put revenir ce fut une grande joie pour l'équipe enseignante de l'École et pour la famille Hottinguer.

Rodolphe_Hottinguer_1835-1920

Caroline HOTTINGUER laissa aussi à Rodolphe, son fils aîné et exécuteur testamentaire, (portrait ci-contre) le soin de ne pas oublier la paroisse de Passy dans sa succession. Elle est décédée en 1880 et l'achat du terrain rue Cortambert où le temple de Passy s'éleva plus tard fut signé en 1881. Le pasteur Casalis est décédé en 1891 à 79 ans. Il fut le seul pasteur à Passy jusqu’en 1878, puis secondé jusqu”à sa retraite en 1882.

Caroline Delessert, baronne Hottinguer repose dans le tombeau de la famille Hottinguer à Boissy-Saint-Léger, contrairement à la plupart des membres de la famille Délessert qui avaient leurs tombes à Passy. Le Baron Rodolphe Hottinguer, comme représentant des héritiers de la famille Delessert, autorisa en 1959 le transfert de leurs tombes dans le nouveau cimetière de Passy.

Tombeau-Hottinguer-Boissy-dec-2015 Le tombeau de la famille Hottinguer à Boissy-Saint-Léger (photo MM 2016, DR)

 

3- Entre 1886 et 1908 le Pasteur Paul LABEILLE

Le Pasteur Paul Labeille fut Agent général de la SEIPP à l’époque où Rodolphe Hottinguer en était le trésorier. Rodolphe montrait ainsi l'attachement qu'il avait pour une oeuvre chère à ses parents et à sa famille. Outre ses responsabilités d’Agent général (bureaux au 4 rue de l'Oratoire du Louvre) le pasteur Labeille avait la charge de l’aumônerie de l’École Normale de jeunes filles de Boissy et a pu aussi présider des cultes à Boissy vers les années 1886 à 1912. Il habitait le quartier latin à Paris, d’abord Bd Saint-Germain, puis rue de Solférino. Il est intéressant de lire ses rapports annuels et notamment celui de 1888. Pour diriger l'École normale, il y avait une directrice. En 1887 celle-ci s'appelait madame JUHLIN, elle est nommée Officier d'académie par le ministre en 1895. Mademoiselle Élise Burckhardt enseigne les langues étrangères aux futures institutrices..

À cette époque le chemin de fer de l'Est permettait aux habitants de Brie-Comte-Robert de s'arrêter à Boissy. Ce moyen de communication devint particulièrement bénéfique à la paroisse de Boissy étendue jusqu'à Brie Comte Robert.

Les membres de l'Église protestante unie de Boissy-Saint-Léger resteront infiniment reconnaissants au couple Jean-Henri Hottinguer - Caroline Delessert et à leurs descendants.

Michel M.

(à suivre)

Au vingtième siècle la communauté protestante de Boissy-Saint-Léger va connaître de 1912 à 1935 le pasteur Albert Valez, dernier agent général de la SEIPP., puis de 1935 à 1944, le pasteur Paul Schmidt Directeur de l'enseignement libre protestant. Celui-ci est en même temps le pasteur du Groupement protestant Boissy-Brévannes-Sucy et l'aumônier de l'École normale de Boissy. En 1944, la diaconesse Soeur Marthe Juncker poursuit ce ministère pastoral, mais en 1949 Boissy est rattaché à l'Église réformée de Villeneuve et perd son autonomie.

Suit une période où le secteur paroissial de Boissy se trouve détaché de sa jeunesse regroupée dans la paroisse voisine. Le pasteur de Villeneuve ne peut suffire aux deux paroisses, il obtient l'aide de jeunes pasteurs proposants pour de trop courtes périodes d'un an jusqu'en 1963. Enfin en 1964, la paroisse de Boissy jouit d'une certaine autonomie grâce au pasteur Jean Bourguet, qui pendant dix années va consolider la présence de la paroisse dans une vingtaine de communes sur l'axe de Boissy à Brie-Comte-Robert représenté par la Route Nationale 19 - Paris-Troyes. Cette autonomie se transforme en indépendance en 1976 avec la création d'une association cultuelle distincte, loi 1905, déclarée à la Préfecture de Créteil par son premier président Bernard Monod.

La paroisse fonctionne déja sans pasteur titulaire depuis 1974 grâce à quelques laïcs bénévoles et formés en théologie. Elle accueille l'animateur biblique régional le pasteur Philippe de Robert, puis le pasteur Charles L'Éplattenier qui assurent un appui à quart de temps. À l'époque où le pasteur Roland Rigoulot, est président de région la situation se dégrade car des paroisses voisines tentent d'annexer plusieurs communes: Limeil-Brévannes, Varennes-Jarcy, Périgny et Boussy-St-Antoine d'un côté; Villecresnes-Lésigny-Santeny-Marolles d'un autre, Combs-la Ville et Brie--Comte-Robert sous le prétexte de la ville nouvelle de Melun. Tout le travail du pasteur Jean Bourguet pour assurer la pérennité de la paroisse est mis en brèche. L'animateur biblique de l'époque constate que la paroisse est désormais trop petite et qu'il faut la rattacher à une autre. Il est vrai que le temple se dégrade, que son chauffage ne fonctionne plus et que les cultes se réfugient dans les salles de classe du collège.

Mais en 1997 le conseil presbytéral redresse la situation en donnant de la visibilité à la paroisse dans les communes, à la Préfecture de Créteil, ainsi qu'au Synode régional et au Conseil régional de l'Église réformée région parisienne.  L'arrêt d'un projet d'expropriation de la partie centrale du parc du temple est obtenu grâce à une pétition bien orchestrée.. La donation du temple par le Baron Henri Hottinguer à l'Église en 2001, permet aussi de construire un nouveau presbytère flambant neuf en 2007 pour un pasteur et sa famille.

La description de ces étapes de l'histoire de la paroisse au XXe siècle nécessite un approfondissement historique. qui  sera développé dans de prochains chapitres.